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OpenAI signe un contrat de 10 milliards avec Cerebras dont Altman est actionnaire

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OpenAI vient de passer commande pour 750 mégawatts de puissance de calcul auprès de Cerebras Systems. Le montant du contrat dépasse les 10 milliards de dollars selon plusieurs sources concordantes. Les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2028.

Ce qui attire l’attention, c’est le lien entre les deux entreprises. Sam Altman, le patron d’OpenAI, figure parmi les premiers investisseurs de Cerebras. Greg Brockman, président d’OpenAI, détient également des parts dans la start-up californienne. Une situation qui soulève des questions sur les conflits d’intérêts potentiels au sein de l’écosystème IA.

Une alternative architecturale à Nvidia

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Cerebras ne construit pas ses puces comme les autres. Là où Nvidia assemble des GPU traditionnels qui doivent constamment transférer des données entre eux, la start-up de Sunnyvale conçoit des processeurs géants sur wafer entier. Une seule puce Cerebras équivaut à une dizaine de Blackwell de Nvidia en surface.

Cette architecture élimine les goulots d’étranglement qui ralentissent l’inférence sur les systèmes conventionnels. Résultat : les puces Cerebras traitent plus de 3 000 tokens par seconde contre 650 pour Nvidia. Pour certaines tâches, elles atteignent même 20 fois la vitesse des GPU traditionnels.

Andrew Feldman, cofondateur et PDG de Cerebras, ne cache pas son enthousiasme : « De même que le haut débit a transformé Internet, l’inférence en temps réel transformera l’IA, permettant des façons entièrement nouvelles de construire et d’interagir avec les modèles. »

Une stratégie de diversification tous azimuts

OpenAI ne met plus tous ses œufs dans le même panier. L’entreprise accumule les partenariats depuis un an avec un objectif clair : réduire sa dépendance à Nvidia dont les GPU dominent très largement le marché.

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En octobre 2025, OpenAI avait déjà signé un accord massif avec AMD pour 6 gigawatts de puissance de calcul. Le premier déploiement d’un gigawatt de GPU Instinct MI450 est prévu pour le second semestre 2026. Parallèlement, l’entreprise développe ses propres puces en interne avec l’aide de Broadcom.

Mais diversifier ne signifie pas abandonner Nvidia. En septembre 2025, les deux entreprises ont convenu de déployer au moins 10 gigawatts de systèmes Nvidia, soit environ 4 à 5 millions de GPU selon certaines estimations. Au total, OpenAI a pris pour plus de 1 400 milliards de dollars d’engagements auprès de fabricants de puces et bâtisseurs de centres de données.

Une pénurie qui pousse à l’action

Ces investissements colossaux répondent à une réalité opérationnelle : OpenAI fait face à une grave pénurie de puissance de calcul. ChatGPT compte désormais 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Chaque requête consomme des ressources. Chaque nouveau modèle en demande davantage.

Le contrat avec Cerebras cible spécifiquement l’inférence, c’est-à-dire l’exécution des modèles pour répondre aux utilisateurs. « Cerebras ajoute à notre plateforme une solution d’inférence dédiée à faible latence », explique Sachin Katti, responsable de l’infrastructure de calcul chez OpenAI. « Cela se traduit par des réponses plus rapides, des interactions plus naturelles et une base plus solide pour étendre l’IA en temps réel à un plus grand nombre de personnes. »

Des valorisations en pleine ascension

Ce partenariat arrive au moment où les deux entreprises préparent des levées de fonds majeures. Cerebras, fondée en 2016, serait en discussion pour lever un milliard de dollars supplémentaire à une valorisation de 22 milliards. Un quasi-triplement par rapport aux 8,1 milliards de son dernier tour de table en septembre 2025.

De son côté, OpenAI prépare le terrain pour une introduction en bourse qui pourrait valoriser l’entreprise jusqu’à 1 000 milliards de dollars selon Reuters. Une autre levée de fonds en cours pourrait déjà atteindre une valorisation de 830 milliards.

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Ces montants donnent le vertige. Certains investisseurs s’inquiètent d’une bulle rappelant le boom et l’effondrement des dotcoms. Sam Altman a le pouvoir d’engager des centaines de milliards de dollars d’achats de puces, des sommes déconnectées des revenus actuels d’OpenAI. Un pari sur l’avenir qui suppose une croissance exponentielle de la demande en IA.

Une année charnière pour Cerebras

Pour la start-up californienne, ce contrat représente une validation majeure de sa technologie. « Pour Cerebras, 2026 sera une année charnière », annonce Andrew Feldman. Grâce à cet accord, l’entreprise va déployer ses puces d’inférence auprès de centaines de millions, voire des milliards d’utilisateurs.

Cerebras travaille déjà avec Meta sur certains modèles Llama. Mais un partenariat avec OpenAI, c’est une autre dimension. La start-up avait tenté une introduction en bourse en 2024 avant de la reporter puis de la retirer en octobre. Cette nouvelle tentative en 2026 bénéficiera d’un argument de poids : un client qui s’appelle ChatGPT.


Sources : Wall Street Journal, Reuters, TechCrunch

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.