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Introduction en bourse d’Anthropic : la startup IA pourrait devancer OpenAI

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Anthropic, le créateur de Claude, se prépare à entrer en Bourse en 2026, potentiellement avant son rival OpenAI. La startup californienne, fondée il y a à peine quatre ans, vient de signer un term sheet pour lever 25 milliards de dollars à une valorisation de 350 milliards. Une trajectoire fulgurante qui pourrait déboucher sur l’une des plus importantes introductions en bourse de l’histoire de la tech.

Wilson Sonsini aux commandes : le signal fort

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Selon le Financial Times, Anthropic a mandaté le cabinet d’avocats Wilson Sonsini pour préparer son entrée en Bourse. Ce n’est pas un détail anodin : Wilson Sonsini est la référence absolue pour les IPO tech de premier plan. Le cabinet a accompagné Google, Tesla, Airbnb et des dizaines d’autres géants vers Wall Street. Sa présence au dossier depuis 2022 indique que l’idée d’une sortie boursière était dans les cartons d’Anthropic depuis longtemps.

L’entreprise discute également avec de grandes banques d’investissement au sujet d’une éventuelle introduction en bourse. Les discussions en sont encore à leurs débuts et restent informelles, ce qui signifie qu’Anthropic n’a pas encore choisi ses souscripteurs. Mais la direction est claire.

Sur la plateforme de paris Kalshi, Anthropic affiche 72 % de chances d’entrer en Bourse avant OpenAI. Les cotes peuvent évoluer, mais le signal est révélateur : le marché pense que Claude pourrait devancer ChatGPT sur les marchés publics.

Une valorisation qui a explosé en deux ans

La trajectoire financière d’Anthropic donne le vertige. En mars 2024, l’entreprise était valorisée 18,4 milliards de dollars lors d’un investissement d’Amazon. En mars 2025, un tour de financement de 4,5 milliards de dollars portait cette valorisation à 61,5 milliards. En septembre 2025, la Series F de 13 milliards la propulsait à 183 milliards.

Aujourd’hui, le nouveau tour de financement vise 350 milliards de dollars, soit un quasi-doublement en quatre mois. En moins de deux ans, la valorisation d’Anthropic a été multipliée par près de vingt.

Cette envolée s’appuie sur une croissance des revenus tout aussi spectaculaire. Le run-rate (revenu annualisé) est passé d’environ 1 milliard de dollars début 2025 à plus de 5 milliards en août. Les projections internes tablent sur 9 milliards fin 2025, 26 milliards en 2026, et jusqu’à 70 milliards en 2028 avec un free cash flow de 17 milliards.

L’architecture du méga-tour de financement

Le tour de 25 milliards de dollars rassemble un casting impressionnant d’investisseurs. GIC, le fonds souverain de Singapour, et Coatue Management mènent la danse avec 1,5 milliard de dollars chacun. Sequoia Capital rejoint le tour, brisant au passage le tabou traditionnel du capital-risque qui consiste à ne pas financer de concurrents directs — Sequoia est déjà actionnaire d’OpenAI et de xAI.

En parallèle, Microsoft et Nvidia ont engagé jusqu’à 15 milliards de dollars combinés dans un accord séparé. Cet investissement prend la forme d’un arrangement circulaire : Anthropic s’engage à dépenser 30 milliards de dollars sur les services cloud de Microsoft Azure, fonctionnant sur des puces Nvidia. En échange, Claude s’intègre à l’écosystème Azure, élargissant sa portée auprès des développeurs et entreprises.

Les investisseurs historiques — Lightspeed Venture Partners, Fidelity, ICONIQ Capital, BlackRock, Blackstone, Bessemer Venture Partners — observent une valorisation qui a été multipliée par près de vingt depuis leurs premiers investissements.

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Anthropic vs OpenAI : la course à l’IPO

OpenAI se prépare également à ce qui pourrait être l’une des plus importantes introductions en bourse jamais réalisées, avec une valorisation potentielle de 1 000 milliards de dollars selon Reuters. L’entreprise pourrait déposer un dossier auprès des autorités de régulation des marchés financiers dès le second semestre 2026.

Toutefois, la directrice financière d’OpenAI, Sarah Friar, a déclaré fin novembre qu’une cotation en bourse n’était pas dans les plans à court terme de la startup, arguant qu’une IPO pourrait distraire l’entreprise de son focus sur le scaling.

Anthropic pourrait donc prendre de vitesse son rival historique. Les deux entreprises, fondées par d’anciens collègues — Dario Amodei était VP of Research chez OpenAI avant de partir créer Anthropic en 2021 avec sa sœur Daniela — se retrouveraient alors en concurrence frontale sur les marchés publics.

Ce scénario est absolument inédit : deux entreprises nées de la même révolution technologique, avec des valorisations combinées dépassant 1 100 milliards de dollars, pourraient entrer en bourse à quelques mois d’intervalle.

Les fondamentaux qui soutiennent la valorisation

Derrière les chiffres astronomiques, Anthropic affiche des fondamentaux solides pour une entreprise de son âge. L’entreprise compte plus de 300 000 clients professionnels et entreprises. Sa base de grands comptes a été multipliée par près de sept en un an.

Les revenus entreprise représentent 80 % du chiffre d’affaires total. Cette composition est favorable car les revenus enterprise sont généralement plus stables que les abonnements grand public, et les marchés publics préfèrent la prévisibilité.

Sur le marché des outils d’IA pour entreprises, Anthropic a triplé sa part de marché pour atteindre 40 %, tandis que celle d’OpenAI est passée de 50 % à 27 %. Claude Code, l’agent de codage d’Anthropic, est devenu la porte d’entrée vers les workflows de tous les départements, créant un puissant effet de volant d’inertie.

Une gestion financière plus frugale qu’OpenAI

Anthropic vise la rentabilité en 2028, grâce à une gestion relativement frugale comparée à son rival. L’entreprise a largement évité les incursions coûteuses dans la génération d’images et de vidéos qui nécessitent davantage de puissance de calcul.

Selon The Information, OpenAI a généré 13 milliards de dollars de revenus en 2025 pour une consommation de trésorerie de 9 milliards. De son côté, Anthropic aurait réalisé 4,2 milliards de revenus pour une consommation de trésorerie de 3 milliards — un ratio bien plus favorable.

OpenAI s’est engagé à dépenser plus de 1 400 milliards de dollars en centres de données, avec des accords massifs auprès d’Oracle, Broadcom et CoreWeave. Anthropic adopte une approche plus mesurée, même si la course aux GPU reste le nerf de la guerre.

2026 : l’année des IPO historiques

Si les plans se concrétisent, 2026 pourrait être une année record pour les introductions en bourse tech. SpaceX, valorisé 800 milliards de dollars sur le marché secondaire, prépare également son entrée en Bourse. À elles trois, SpaceX, OpenAI et Anthropic pourraient lever collectivement plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Ces IPO pourraient dépasser la taille totale de toutes les introductions en bourse américaines de 2025, offrant des rendements significatifs pour les banques d’investissement et les capital-risqueurs.

Les implications pour le marché

Une IPO réussie d’Anthropic aurait des répercussions majeures sur l’écosystème tech. Premièrement, elle libérerait des liquidités massives pour les employés et les investisseurs early-stage. Une partie de cet argent se réinvestirait immédiatement dans la nouvelle génération de startups IA.

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Deuxièmement, si une entreprise de cinq ans peut viser plus de 300 milliards de dollars, les barèmes de valorisation des startups IA seraient complètement redéfinis. Les valorisations « folles » pourraient devenir la norme en 2026-2027.

Troisièmement, le marché passerait de l’ère des « licornes » (startups à 1 milliard) à celle des « dragons » (startups à 100+ milliards). Meta (Facebook) était valorisé 104 milliards lors de son IPO en 2012. Anthropic vise trois fois plus, en seulement cinq ans d’existence.

Comment investir dans Anthropic avant l’IPO ?

Anthropic reste une société privée, et l’accès direct à ses actions est généralement réservé aux investisseurs accrédités. Cependant, le KraneShares Artificial Intelligence & Technology ETF (ticker : AGIX) est actuellement le seul ETF coté en bourse offrant une exposition directe à Anthropic.

AGIX a établi sa position Anthropic début 2025. À la fin de l’année, la position avait quadruplé par rapport à son coût initial. Au 31 décembre 2025, Anthropic représentait 4,21 % du portefeuille AGIX.

Pour les investisseurs particuliers, une IPO d’Anthropic offrirait enfin la possibilité d’investir directement dans l’entreprise via un compte-titres standard.

Les risques à surveiller

La valorisation de 350 milliards de dollars présuppose qu’Anthropic atteigne ses objectifs de croissance 2026 et les maintienne. Si la croissance ralentit ou si la concurrence s’intensifie, la prime de valorisation pourrait se dégonfler.

Le marché de l’IA générative reste jeune et volatile. Les inquiétudes autour d’une « bulle IA » persistent, avec des valorisations déconnectées des revenus actuels. Anthropic devra démontrer sa capacité à transformer une croissance rapide en marges durables et en revenus enterprise prévisibles.

Enfin, la régulation reste une inconnue. L’AI Act européen entre pleinement en vigueur en août 2026, et les autorités américaines scrutent de près les pratiques des grands modèles de langage.

Un test pour les marchés publics

Une IPO d’Anthropic en 2026 testerait la volonté des marchés publics de financer l’IA de pointe aux valorisations actuelles du marché privé, tout en exigeant la discipline qui accompagne les rapports trimestriels.

La question clé pour les traders et investisseurs : s’agit-il fondamentalement d’un narratif d’IPO, ou reste-t-on principalement dans un narratif de financement privé ? La réponse déterminera si Anthropic devient le prochain mastodonte de l’intelligence artificielle cotée en Bourse, ou si les valorisations stratosphériques du privé se heurtent à la réalité des marchés publics.


Sources : Financial Times, Wall Street Journal, Bloomberg

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.