Mark Zuckerberg s’offre la startup d’IA la plus virale de 2025. Manus, l’agent autonome qui prétend surpasser OpenAI, rejoint Meta pour sa troisième plus grosse acquisition de l’histoire. Deal bouclé en 10 jours, 100 millions de revenus en 8 mois, et un fondateur chinois qui devient VP chez Meta.
Un deal à 2 milliards conclu en 10 jours
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Meta vient d’annoncer l’acquisition de Manus, la startup d’intelligence artificielle basée à Singapour qui a fait sensation cette année avec son agent IA autonome. Selon Bloomberg, l’opération valorise Manus entre 2 et 3 milliards de dollars, ce qui en fait la troisième plus grosse acquisition de l’histoire de Meta — après WhatsApp (19 milliards en 2014) et Scale AI (14 milliards pour 49 % cette année).
Le plus stupéfiant ? Le deal a été bouclé en environ 10 jours. Une rapidité qui témoigne de l’urgence de Meta à rattraper son retard dans la course à l’IA agentique.
Xiao Hong, le fondateur et CEO de Manus, devient Vice President chez Meta. Son équipe rejoint le géant américain comme employés, tandis que la plateforme continuera d’opérer depuis Singapour de manière indépendante.
L’agent IA qui a affolé la Silicon Valley
Manus — « main » en latin — a explosé en mars 2025 avec une vidéo de démonstration si impressionnante qu’elle est devenue instantanément virale sur X. L’agent IA y effectuait des tâches complexes de manière totalement autonome : filtrer des candidatures, planifier des vacances, analyser des portefeuilles boursiers, conduire des recherches approfondies.
La startup revendique des performances supérieures à Deep Research d’OpenAI sur le benchmark GAIA, développé par Meta AI et Hugging Face pour évaluer les agents IA. Une affirmation audacieuse qui a attiré l’attention de toute l’industrie.
Depuis son lancement, Manus a traité plus de 147 trillions de tokens et créé plus de 80 millions d’ordinateurs virtuels pour ses utilisateurs. Son architecture multi-agents repose sur des modèles d’Anthropic (Claude 3.5 puis 3.7 Sonnet) et d’Alibaba (Qwen), combinés selon les besoins de chaque tâche.
100 millions de revenus en 8 mois : un record mondial
Les chiffres de croissance de Manus donnent le vertige. La startup affirme avoir atteint 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents (ARR) seulement huit mois après son lancement — un record absolu pour une startup IA, tous secteurs confondus. Le run rate total dépasse désormais 125 millions de dollars.
La majorité de ces revenus provient d’abonnements payants : 39 dollars par mois pour le plan standard, 199 dollars pour le plan premium. Un modèle qui a fait tiquer certains observateurs — Bloomberg jugeait le pricing « quelque peu agressif » — mais qui a manifestement trouvé son marché.
En avril, le fonds américain Benchmark avait mené une levée de 75 millions de dollars valorisant Manus à 500 millions de dollars post-money. Parmi les autres investisseurs : Tencent, ZhenFund, et HSG (anciennement Sequoia China).
De Wuhan à Singapour : une migration stratégique
L’histoire de Manus est inséparable de celle de son fondateur, Xiao Hong. Entrepreneur chinois, il a d’abord créé Nightingale Technology en 2015, développant des outils de productivité pour WeChat qui ont attiré plus de 2 millions d’utilisateurs professionnels et des investissements de Tencent.
En 2022, anticipant le potentiel des grands modèles de langage, il fonde Butterfly Effect à Wuhan. L’entreprise lance d’abord Monica, une extension navigateur intégrant plusieurs modèles IA, avant de développer Manus comme produit phare.
Mi-2025, Butterfly Effect déménage son siège à Singapour, une migration stratégique visant à réduire les risques liés aux tensions géopolitiques sino-américaines. La startup licencie la majeure partie de son équipe à Pékin en juillet pour se recentrer sur l’expansion internationale.
Meta coupe les ponts avec la Chine
L’acquisition d’une startup aux racines chinoises par un géant américain ne passe pas inaperçue à Washington. Le sénateur républicain John Cornyn, membre éminent du Comité du renseignement du Sénat, avait déjà interpellé Benchmark en mai sur X : « Qui pense que c’est une bonne idée pour des investisseurs américains de subventionner notre plus grand adversaire en IA ? »
Meta a anticipé ces préoccupations. Selon Nikkei Asia, l’entreprise a confirmé que Manus n’aurait plus aucun lien avec des investisseurs chinois après l’acquisition et cesserait toutes ses opérations en Chine. Une condition sine qua non pour éviter les blocages réglementaires.
L’investissement de Benchmark dans Manus était d’ailleurs déjà sous examen du Département du Trésor américain depuis mai 2025, dans le cadre des restrictions de 2023 sur les investissements US dans les technologies chinoises.
La stratégie IA de Zuckerberg en accéléré
Cette acquisition s’inscrit dans une année 2025 intense pour Meta en matière d’IA. L’entreprise a créé Meta Superintelligence Labs (MSL), une division dédiée à Menlo Park dirigée par Alexandr Wang, fondateur de Scale AI — startup dans laquelle Meta a investi 14 milliards de dollars pour 49 % du capital.
L’objectif affiché : rattraper le retard sur OpenAI et Google. Les modèles Llama de Meta sont perçus comme ayant perdu du terrain face à GPT-5 et Gemini 3. En interne, l’entreprise travaille sur de nouveaux modèles baptisés Mango et Avocado pour 2026.
Manus apporte à Meta ce qui lui manquait : un agent IA général capable d’exécuter des tâches complexes de bout en bout. La technologie sera intégrée à Meta AI, WhatsApp, Facebook et Instagram, touchant potentiellement des milliards d’utilisateurs.
Microsoft aussi sur le coup
Meta n’était pas le seul géant tech à s’intéresser à Manus. En octobre, Microsoft avait commencé à tester l’agent IA dans Windows 11, permettant aux utilisateurs de créer des sites web à partir de fichiers locaux.
Pékin avait également manifesté son intérêt pour soutenir la startup, vue comme le « prochain DeepSeek » de l’IA chinoise. Alibaba avait noué un partenariat stratégique pour collaborer sur les modèles d’IA. ByteDance aurait même proposé 30 millions de dollars pour acquérir l’équipe début 2024 — une offre refusée.
Le pari de l’IA agentique
L’acquisition de Manus marque un tournant stratégique pour l’industrie. Les géants tech passent des chatbots conversationnels aux agents autonomes capables d’automatiser des workflows complets avec un minimum de supervision humaine.
« Rejoindre Meta nous permet de construire sur une base plus solide et durable, sans changer le fonctionnement de Manus ni la façon dont les décisions sont prises », a déclaré Xiao Hong dans le communiqué d’annonce.
Pour Meta, c’est un pari à plusieurs milliards sur l’avenir de l’interaction homme-machine. Un agent IA capable de réserver des vols, analyser des données financières, coder des applications et conduire des recherches — le tout de manière autonome — pourrait transformer radicalement l’usage de Facebook, Instagram et WhatsApp.
Reste à savoir si les performances revendiquées par Manus résisteront à l’épreuve de l’échelle Meta.
Sources : Bloomberg, TechCrunch, CNBC

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.