Le 15 avril 2024 marque l’entrée en vigueur du contrôle technique obligatoire pour les motos, scooters et autres véhicules de catégorie L en France. Cette mesure, plusieurs fois repoussée par le gouvernement, suscite une vive contestation chez les usagers et associations comme la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC). Près d’un million de véhicules supplémentaires seront concernés par ce nouveau contrôle dès cette année, selon le groupe Autovision. Zoom sur les modalités pratiques et les réactions à cette révolution dans le monde des deux-roues.
Une visite technique complète d’une trentaine de minutes
À partir du 15 avril, les scooters, motos, tricycles à moteur, quads et voitures sans permis devront progressivement passer un contrôle technique périodique, comme c’est déjà le cas pour les voitures.
Dans un premier temps, seuls les véhicules immatriculés avant 2017 sont concernés et devront réaliser leur visite d’ici la fin de l’année.
Le contrôle, d’une durée d’environ 30 minutes pour un deux-roues et 40 minutes pour une voiturette, passera en revue 78 points relatifs aux organes de sécurité et aux émissions polluantes. Le technicien vérifiera notamment :
- Le système de freinage
- La direction (guidon, volant)
- L’éclairage et la signalisation
- Les pneus et suspensions
- Les niveaux de pollution
Au total, 87 défaillances majeures pourront envoyer l’engin en contre-visite sous deux mois. Sept défauts critiques imposeront même un retrait immédiat de la circulation. Le propriétaire pourra assister aux opérations et devra manipuler son véhicule si besoin.
Un tarif qui fait polémique
Si l’ancien ministre des Transports Clément Beaune avait évoqué un tarif plafonné à 50€, le prix de ce contrôle technique s’annonce en réalité plus élevé. Librement fixé par les 6700 centres agréés, il devrait se situer entre 60 € et 80 € selon l’association UFC-Que Choisir.
Un montant jugé prohibitif par de nombreux motards et qui attise la fronde contre cette nouvelle obligation réglementaire. La FFMC appelle ainsi au boycott d’une mesure considérée comme “inutile” et “injuste“. Elle a même mis en place une plateforme pour dénoncer les centres qui pratiqueront ces contrôles.
Des manifestations prévues mi-avril
Pour marquer leur opposition, les motards entendent se faire entendre dans la rue. Une grande manifestation nationale est programmée par la FFMC les 13 et 14 avril, à la veille de l’entrée en vigueur du contrôle technique des deux-roues.
Outre le coût, les détracteurs pointent l’inefficacité de ce dispositif pour améliorer la sécurité routière. Selon eux, les accidents impliquant des motos ou scooters sont rarement dus à des défaillances techniques mais plutôt à des infrastructures inadaptées ou au comportement des usagers.
Il reste à voir si ce mouvement de protestation fera plier le gouvernement, qui a déjà accordé plusieurs délais sous la pression par le passé. Une chose est sûre : le contrôle technique des deux-roues ne fait pas l’unanimité chez les principaux intéressés.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.