Le dispositif phare de la rénovation énergétique en France traverse une période d’incertitude. Le guichet MaPrimeRénov est temporairement fermé depuis le 1er janvier 2026, faute de budget adopté. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le maintien de l’enveloppe à 3,5 milliards d’euros pour 2026. Parallèlement, les règles du jeu changent profondément : certains travaux sont exclus, les plafonds sont revus, et le nouveau calcul du DPE rebat les cartes pour 850 000 logements.
Guichet fermé : que se passe-t-il pour les demandes en cours ?
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Depuis le 1er janvier 2026, il n’est plus possible de déposer de nouvelles demandes d’aide MaPrimeRénov. Cette suspension temporaire est liée à l’absence de loi de finances votée. Sans budget adopté, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) n’a pas le droit de prendre de nouveaux engagements financiers.
Les dossiers déjà validés ne sont pas concernés. Les propriétaires dont la demande a été acceptée peuvent continuer à suivre leur dossier et demander le versement des aides attribuées via leur espace personnel sur le site MaPrimeRénov.
Le Premier ministre a déclenché l’article 49.3 le 20 janvier pour faire adopter le budget 2026. Si aucune motion de censure n’aboutit, le texte sera promulgué autour de la mi-février, permettant la réouverture du guichet. L’Anah prévoit un budget global de 4,6 milliards d’euros pour 2026, dont 4,4 milliards d’aides aux ménages. Le budget spécifique de MaPrimeRénov sera maintenu à 3,5 milliards d’euros, a confirmé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Les travaux exclus du Parcours par geste en 2026
Le changement le plus significatif concerne les travaux éligibles au Parcours par geste, la formule simplifiée de MaPrimeRénov pour des rénovations ciblées. À partir de 2026, deux catégories de travaux ne seront plus financées dans ce cadre.
L’isolation thermique des murs, qu’elle soit réalisée par l’intérieur (ITI) ou par l’extérieur (ITE), sort du dispositif. Cette décision est controversée car l’isolation des murs constitue l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer la performance énergétique d’un logement et réduire les factures de chauffage.
Les chaudières biomasse, qu’elles fonctionnent aux granulés, aux plaquettes ou aux bûches, ne sont plus éligibles non plus. Cette exclusion fait suite à une première réduction de 30% des aides sur le chauffage au bois décidée en 2025. Les poêles à bois et les inserts de cheminée restent toutefois aidés.
Ces travaux pourront toujours être financés, mais uniquement dans le cadre d’un Parcours accompagné, c’est-à-dire lors d’une rénovation d’ampleur sur un logement classé E, F ou G au DPE.
Ce qui reste éligible au Parcours par geste
Malgré ces restrictions, de nombreux travaux continuent de bénéficier des aides MaPrimeRénov dans le cadre du Parcours par geste. L’isolation des combles, des planchers bas et des toitures reste financée. Le remplacement des fenêtres simple vitrage par des modèles plus performants demeure éligible, y compris pour les fenêtres de toit.
Côté chauffage, les pompes à chaleur air-eau et géothermiques sont maintenues, de même que les chauffe-eau thermodynamiques. Ces équipements sont même encouragés par le gouvernement qui souhaite accélérer le remplacement des chaudières fossiles par des solutions décarbonées.
L’installation d’une VMC double flux reste également éligible, à condition d’être combinée avec au moins un geste d’isolation. Les systèmes solaires combinés et les équipements de production d’eau chaude solaire font toujours partie du dispositif.
Parcours accompagné : les nouveaux plafonds
Le Parcours accompagné, destiné aux rénovations d’ampleur, connaît également des évolutions. Les plafonds de travaux subventionnables ont été revus à la baisse par rapport aux années précédentes.
Pour un gain de deux classes énergétiques au DPE, le plafond est fixé à 30 000 euros hors taxes, contre 40 000 euros auparavant. Pour un gain de trois classes ou plus, le plafond atteint 40 000 euros hors taxes, contre 55 000 euros précédemment. Le plafond de 70 000 euros pour un saut de quatre classes a été supprimé.
Le bonus de 10% accordé en cas de sortie du statut de passoire thermique disparaît également. Ces ajustements visent à financer davantage de projets avec une enveloppe budgétaire contrainte.
Qui peut encore bénéficier des aides ?
À partir de janvier 2026, le Parcours accompagné s’élargit à nouveau. Les logements classés C et D au DPE, qui avaient été exclus fin 2025, redeviennent éligibles. Tous les niveaux de revenus peuvent à nouveau prétendre aux aides, mettant fin aux restrictions imposées aux ménages aisés.
En revanche, une règle importante s’applique désormais aux passoires thermiques. Les logements classés F ou G au DPE ne peuvent plus accéder au Parcours par geste. Leurs propriétaires doivent obligatoirement opter pour le Parcours accompagné, un projet de rénovation global encadré par un Accompagnateur Rénov.
Cette obligation vise à garantir des rénovations de meilleure qualité après les nombreux cas de fraude constatés ces dernières années. L’accompagnement permet de sécuriser le montage technique et financier du projet.
Nouveau DPE : 850 000 logements reclassés
Une révolution silencieuse accompagne ces changements. Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du Diagnostic de Performance Énergétique a été modifié. Le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, alignant la France sur les standards européens.
Cette évolution technique a des conséquences majeures. Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité sortent automatiquement du statut de passoire thermique, sans réaliser le moindre travaux. Le gouvernement justifie ce changement par la volonté de corriger une inégalité qui pénalisait l’électricité, pourtant largement décarbonée en France grâce au nucléaire.
Les propriétaires concernés n’ont pas besoin de refaire leur diagnostic. Une actualisation gratuite est possible sur le site de l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Il suffit de renseigner le numéro à 13 chiffres figurant sur le DPE existant pour obtenir une attestation officielle intégrant le nouveau coefficient.
Ce que cela change pour les bailleurs
Pour les propriétaires bailleurs, cette réforme du DPE peut être salvatrice. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location. Cette interdiction s’étendra aux logements F en 2028, puis aux logements E en 2034.
Un logement qui passe mécaniquement de G à F, ou de F à E, grâce au nouveau calcul peut donc continuer à être loué. Cette mesure soulage un marché locatif extrêmement tendu, même si certaines associations de consommateurs critiquent un assouplissement qui pourrait freiner les efforts de rénovation.
Les petites surfaces sont les principales bénéficiaires. Les studios et appartements de moins de 40 m² étaient particulièrement pénalisés par l’ancien mode de calcul. Environ 41% d’entre eux vont gagner une classe énergétique grâce à la réforme.
Les autres aides disponibles
MaPrimeRénov n’est pas le seul dispositif d’aide à la rénovation énergétique. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et les primes Coup de pouce restent accessibles à tous les ménages, sans condition de ressources.
Ces aides, versées par les fournisseurs d’énergie, permettent d’obtenir entre 2 500 et 5 000 euros pour remplacer une chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur ou un poêle performant. Une prime est également disponible pour l’installation de thermostats ou de robinets thermostatiques.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet de financer le reste à charge sans intérêts, jusqu’à 50 000 euros pour une rénovation globale. La TVA réduite à 5,5% s’applique sur les travaux de rénovation énergétique réalisés par des professionnels RGE.
Comment préparer son projet ?
En attendant la réouverture du guichet MaPrimeRénov, les propriétaires peuvent préparer leur dossier. La première étape consiste à contacter un conseiller France Rénov, service public gratuit qui aide à élaborer un projet de rénovation et à identifier les aides mobilisables.
Pour bénéficier des aides, les travaux doivent être réalisés par des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Il est recommandé de demander plusieurs devis pour comparer les offres et d’attendre la validation de la demande d’aide avant de signer les devis.
Les plafonds de ressources qui déterminent la catégorie de chaque ménage (bleu, jaune, violet ou rose) ont été revalorisés d’environ 1% pour tenir compte de l’inflation. Ces catégories conditionnent les montants d’aide auxquels chaque foyer peut prétendre.
Sources
- France Rénov (site officiel)
- Service-public.fr
- Anah

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.