Une nouvelle espèce de tique géante, l’Hyalomma marginatum, progresse de façon préoccupante dans le sud de la France. Cette tique, deux fois plus grosse que les espèces habituelles, a été repérée dans 11 départements du pourtour méditerranéen. Au-delà de transmettre la maladie de Lyme comme les autres tiques, elle peut aussi être porteuse du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC), potentiellement mortel pour l’homme. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance.
L’Hyalomma marginatum gagne rapidement du terrain
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Originaire d’Afrique du Nord, de Turquie et du sud de l’Europe, l’Hyalomma marginatum était jusqu’à récemment cantonnée à la Corse.
Mais depuis une dizaine d’années, elle a commencé à s’installer sur le continent, dans le sud de la France. Aujourd’hui, sa présence est avérée dans 11 départements :
- Alpes-Maritimes,
- Ardèche,
- Aude,
- Bouches-du-Rhône,
- Corse-du-Sud,
- Drôme,
- Gard,
- Haute-Corse,
- Hérault,
- Pyrénées-Orientales,
- et Var.
Et sa progression ne semble pas s’arrêter là. En août 2023, elle avait aussi été identifiée plus au nord, notamment dans les Landes, en Charente, en Indre-et-Loire et dans le Loiret, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM).
Avec le réchauffement climatique, les experts s’attendent à ce que son aire de répartition continue de s’étendre, en particulier dans la vallée du Rhône et sur la côte atlantique.
Un insecte très actif et potentiellement porteur d’un virus mortel
L’Hyalomma marginatum se distingue des autres tiques par sa taille imposante, jusqu’à 8 mm, soit le double des espèces classiques. Mais aussi par son comportement très actif. Alors que les autres tiques attendent patiemment le passage d’une victime, elle peut courir jusqu’à 100 mètres pour atteindre sa proie. Une fois accrochée, elle peut se nourrir pendant 30 jours.
En plus de transmettre la maladie de Lyme comme les autres tiques, elle peut aussi véhiculer le redoutable virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC). En octobre 2023, ce virus a été détecté pour la première fois en France dans des tiques prélevées sur des bovins.
Pour l’instant, aucun cas humain n’a été diagnostiqué, mais le risque de contamination est désormais avéré.
Chez l’homme, la fièvre de Crimée-Congo provoque généralement un syndrome grippal avec troubles digestifs. Mais dans certains cas, elle peut s’aggraver en syndrome hémorragique pouvant entraîner la mort, avec un taux de létalité de 30 %. Et il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cette maladie.
Comment se protéger des piqûres de tiques ?
Face à cette menace, les autorités sanitaires rappellent les mesures de protection individuelle à adopter lors des promenades en milieux à risque (garrigues, maquis, chemins de randonnée…) :
- Porter des vêtements couvrants clairs ainsi que des chaussures fermées.
- Inspecter régulièrement son corps et celui des enfants.
- Avoir toujours un tire-tique ou une pince fine pour retirer rapidement les tiques.
- Photographier la tique retirée et désinfecter la piqûre.
- Consulter un médecin en cas de symptômes dans les 14 jours.
L’arrivée de cette nouvelle espèce de tique géante et potentiellement porteuse d’un virus mortel est un signal préoccupant. Elle illustre les risques sanitaires liés au réchauffement climatique et à la mondialisation des échanges. Plus que jamais, la prévention et la vigilance s’imposent.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.