Alors qu’on l’imaginait encore réservé aux zones tropicales, le chikungunya s’installe durablement en France métropolitaine. En plein mois de juillet, les autorités font face à une multiplication inédite de cas autochtones, avec déjà une trentaine d’infections locales confirmées. Et ça ne fait que commencer.
Trois cas à Castries, la démoustication lancée en urgence
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C’est à Castries, dans l’Hérault, que les autorités ont tiré la sonnette d’alarme. Le 17 juillet, la commune a confirmé trois cas autochtones, c’est-à-dire sans aucun lien avec un voyage à l’étranger. Le virus circule donc localement, porté par le moustique tigre, désormais bien implanté dans la région.
Résultat : une opération de démoustication ciblée a été déclenchée dès le lendemain dans les zones fréquentées par les personnes infectées. L’intervention, menée par l’ARS et la société Altopictus, s’est concentrée sur les jardins privés et rues concernées, pas l’ensemble de la commune.
Avec ces trois nouveaux cas, l’Hérault passe à cinq cas autochtones depuis le début de la saison, les deux premiers ayant été détectés à Prades-le-Lez et entre Saint-Brès et Castries.
À Toulon, un cas dès juin et une mobilisation express
Autre point chaud : Toulon, où une femme a été contaminée mi-juin dans le quartier de Valbourdin. Là aussi, l’origine est locale. Pas de voyage, mais un moustique infecté sur place. L’info a été rendue publique à l’occasion de la visite du ministre de la Santé Yannick Neuder, venu inspecter les dispositifs de lutte.
Une démoustication immédiate a eu lieu dans un rayon de 150 mètres autour du domicile, avec des actions de porte-à-porte programmées dans les jours suivants. Le ministre a appelé à « frapper vite et fort » pour contenir la propagation, une méthode habituellement réservée… aux incendies dans le Var.
Ce qui inquiète surtout, c’est la précocité du cas. Jusqu’ici, les transmissions locales débutaient en août ou septembre. En 2025, le premier cas tombe dès juin. En cause : un virus plus adapté au moustique tigre européen et un climat estival plus chaud, plus tôt.
Douze foyers, plus de trente cas : une carte de France qui vire au rouge
Selon Santé publique France, douze foyers de transmission sont confirmés à la mi-juillet, répartis entre la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, la Corse, l’Auvergne-Rhône-Alpes et désormais même le Grand Est.
Le cas le plus massif se trouve à Salon-de-Provence, avec 13 personnes contaminées, dont certaines dans les communes voisines comme Grans et Lambesc. S’ajoutent plusieurs cas à Fréjus, La Crau, Toulon… Et le chiffre grimpe semaine après semaine.
Ce scénario est lié à l’arrivée de cas importés (notamment de La Réunion, où l’épidémie explose), mais surtout à la prolifération du moustique tigre, désormais présent dans 81 départements sur 96. Le terrain est parfait : humidité, chaleur, densité urbaine… Il ne manque plus que le virus pour que l’épidémie démarre.
Des symptômes bien plus violents qu’une grippe
Le chikungunya ne se contente pas d’un coup de fatigue. Il déclenche souvent :
- Une fièvre brutale,
- De fortes douleurs articulaires,
- Des maux de tête,
- Une grande fatigue,
- Parfois des éruptions cutanées.
Les symptômes peuvent durer plusieurs semaines, voire des mois dans les formes persistantes. Et comme ils ressemblent à une grippe costaude, le diagnostic peut traîner… ce qui complique la traque du virus et retarde les mesures de terrain.
Répulsifs, eau stagnante et moustiquaires : les réflexes à adopter maintenant
Face à cette montée en flèche, les autorités misent sur un triptyque simple mais pas toujours appliqué :
- Éliminer toutes les eaux stagnantes, même minimes (soucoupes de pots de fleurs, jouets d’enfants, gouttières…) ;
- Se protéger individuellement : répulsifs, vêtements couvrants, moustiquaires ;
- Agir collectivement : prévenir les voisins, les syndics, les copropriétés.
Le moustique tigre ne se déplace pas loin de son lieu de naissance (environ 150 mètres), ce qui rend l’action locale hyper efficace. Une seule flaque oubliée suffit à relancer une colonie.
Le chikungunya s’installe et pourrait ne plus repartir
Le virus circule désormais sans avoir besoin de voyageurs infectés. C’est ça le vrai tournant de l’été 2025 : le chikungunya devient une maladie locale. Les conditions climatiques, la densité du moustique tigre et la hausse des températures font de la France un terrain de jeu idéal pour sa diffusion.
Entre mai et novembre, la surveillance est maximale, avec des réseaux de laboratoires, d’agences régionales et de médecins de ville mobilisés. Mais la course est engagée : plus tôt les cas sont détectés, plus on évite la propagation.
Les chiffres de cette année dépassent déjà ceux de toutes les saisons précédentes. Et on n’est qu’à la mi-juillet. L’été s’annonce long, et les moustiques, eux, ne prennent pas de vacances.

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.