Michael Labloin

La Nasa va développer des rovers lunaires pour que les astronautes puissent conduire sur la Lune d’ici 2030

exploration spatiale, nasa

Pour la première fois depuis plus de 50 ans, les astronautes de la Nasa pourront à nouveau conduire sur la Lune. L’agence spatiale américaine a sélectionné trois entreprises pour concevoir un nouveau véhicule lunaire qui sera utilisé lors des prochaines missions habitées du programme Artemis. Ces rovers lunaires, qui seront une version modernisée des fameux “Moon Buggies” conduits par les astronautes d’Apollo dans les années 1970, devront relever de nombreux défis techniques liés à l’environnement hostile de notre satellite naturel.

Des rovers capables de résister aux conditions extrêmes de la Lune

Les nouveaux rovers lunaires devront être capables de résister à des températures allant de 100°C à -240°C au niveau du pôle Sud de la Lune, là où se dérouleront les missions Artemis.

Ils devront également faire face aux radiations et fonctionner durant les deux semaines d’obscurité totale qui ont lieu chaque mois lunaire.

La poussière lunaire, composée de minuscules particules tranchantes et chargées électrostatiquement, représente un autre défi de taille. Elle a tendance à s’infiltrer dans les pièces mobiles et à provoquer des surchauffes, comme cela a été le cas pour les rovers des missions Apollo.

Trois entreprises en compétition pour un contrat de 4,6 milliards de dollars

La Nasa a accordé un contrat d’une valeur totale de 4,6 milliards de dollars à trois entreprises : Intuitive Machines (Texas), Lunar Outpost (Colorado) et Venturi Astrolab (spin-off de l’entreprise automobile monégasque).

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Elles vont mener une étude de faisabilité d’un an, au terme de laquelle une seule d’entre elles décrochera le contrat final pour développer le rover lunaire. Celui-ci devra pouvoir transporter deux astronautes, être contrôlable depuis la Terre ou depuis la future station spatiale Lunar Gateway, et disposer d’un bras robotisé.

Des rovers aux designs variés et aux capacités étendues

Chaque entreprise propose un design différent pour son rover lunaire. Celui d’Intuitive Machines, baptisé RACER (Reusable Autonomous Crewed Exploration Rover), ressemble à une voiture de course décapotable.

Il est développé en partenariat avec Boeing et Michelin. Le rover de Lunar Outpost s’apparente davantage à un mini-van avec une cabine fermée pour les astronautes. Enfin, le FLEX (Flexible Logistics and Exploration) de Venturi Astrolab se distingue par le fait que les astronautes doivent se tenir debout à l’arrière du véhicule.

Explorer plus loin et faire de nouvelles découvertes scientifiques

Grâce à ces nouveaux rovers, les astronautes d’Artemis pourront explorer des zones inaccessibles à pied et couvrir de plus grandes distances que lors des missions Apollo. Ils pourront ainsi collecter davantage d’échantillons lunaires et déployer de nombreux équipements scientifiques.

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« Nous utiliserons le rover pour nous rendre dans des endroits que nous ne pourrions pas atteindre autrement, augmentant ainsi notre capacité à explorer et à faire de nouvelles découvertes scientifiques », a déclaré Jacob Bleacher, scientifique en chef de l’exploration à la Nasa.

Les rovers serviront également de plateformes scientifiques entre les missions habitées.

Un jalon crucial vers une présence humaine durable sur la Lune

Le développement de ces rovers lunaires habitables de nouvelle génération marque une étape cruciale dans le programme Artemis, dont l’objectif est d’établir une présence humaine durable sur la Lune.

La première mission habitée, Artemis III, doit se poser sur notre satellite en 2026. Les rovers devraient quant à eux être opérationnels à partir de 2030, pour la mission Artemis V.

« Nous sommes impatients de développer le véhicule d’exploration lunaire de la génération Artemis pour nous aider à faire progresser ce que nous apprenons sur la Lune », a souligné Vanessa Wyche, directrice du centre spatial Johnson de la Nasa à Houston.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.