La nouvelle ministre de l’Éducation nationale, prône l’école publique… sauf pour ses enfants. Amélie Oudéa-Castéra se retrouve au cœur d’une vive polémique après avoir révélé avoir inscrit ses trois enfants dans le prestigieux collège-lycée privé catholique Stanislas, à Paris.
La ministre de l’éducation met ses enfants dans le privé et tacle le public : une stratégie surprenante
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Interrogée sur les motivations de ce choix, Amélie Oudéa-Castéra a pointé du doigt les défaillances de l’école publique, évoquant notamment des problèmes récurrents de remplacement des enseignants absents.
“Il y avait des paquets d’heures qui n’étaient pas sérieusement remplacées“, a-t-elle expliqué, alors même qu’elle avait affirmé quelques jours plus tôt sa “détermination” à défendre le service public de l’éducation.
Cette justification a immédiatement provoqué un tollé, de nombreux acteurs de l’éducation dénonçant l’incohérence du discours de la ministre.
Des critiques acerbes contre la ministre
Parmi les réactions les plus virulentes, on peut citer :
- Le Parti socialiste, par la voix d’Olivier Faure, a qualifié les propos de la ministre “d’hallucinants”.
- Le syndicat enseignant Snes-FSU a parlé de “prise de parole lamentable et indigne”.
- La CGT Educ’action a dénoncé des “propos lunaires et provocateurs”.
Même au sein de la majorité présidentielle, la justification d’Amélie Oudéa-Castéra passe mal.
“On ne peut pas, après avoir dit haut et fort que l’école publique est une priorité, y renoncer pour ses propres enfants”, a réagi la députée Renaissance Sophie Métadier.
Un établissement controversé
Le choix de l’établissement Stanislas ajoute à la controverse. Des enquêtes de Mediapart et de L’Express ont révélé par le passé des dérives au sein de ce collège-lycée privé, décrit comme “élitiste et conservateur”, avec “un univers sexiste, homophobe et autoritaire”.
Interrogée à ce sujet, Amélie Oudéa-Castéra s’est défendue en dénonçant un “procès d’intention”, sans pour autant condamner les pratiques révélées par ces enquêtes.
Une ministre déjà fragilisée
Cette polémique tombe au plus mal pour la ministre de l’Éducation nationale, dont la légitimité était déjà contestée avant même sa nomination.
Ministre des Sports avant le remaniement elle voit s’ajouter l’éducation à son portefeuille alors que les jeux olympiques sont en pleine préparation et qu’elle avait qualifié cela de “travail à plein temps”.
Cette nomination fragilise encore plus l’éducation nationale déjà dans un bien piètre état. Peut-être qu’un ministre de l’éducation 100% concentré à sa tâche n’aurait pas été un luxe…
Cette affaire risque de renforcer le sentiment qu’Amélie Oudéa-Castéra n’est pas la personne idéale pour redresser l’école publique, en proie à de nombreuses difficultés. La nouvelle ministre se retrouve donc d’ores et déjà en position délicate, seulement quelques jours après sa prise de fonction.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.