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Clawdbot devient Moltbot : rebrand forcé, comptes volés en 10 secondes, arnaque à 16 millions de dollars

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En 72 heures, le projet open source le plus viral de 2026 a changé de nom, perdu ses comptes officiels au profit de scammers, et vu un faux token à son effigie atteindre 16 millions de dollars avant de s’effondrer. Bienvenue dans le chaos de l’ère agentique.

Clawdbot, l’assistant IA qui a fait bondir l’action Cloudflare de 11 % et accumulé plus de 60 000 étoiles sur GitHub, s’appelle désormais Moltbot. Mais entre l’ancien nom et le nouveau, il s’est passé une tempête que personne n’avait anticipée.

Anthropic demande un changement de nom

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Le 27 janvier 2026, Peter Steinberger annonce sur X que son projet doit changer d’identité. La raison : Anthropic, l’entreprise derrière Claude, estime que « Clawd » ressemble trop à « Claude » et pose un problème de trademark.

La réponse de Steinberger ? Transformer la contrainte en storytelling : « Anthropic nous a demandé de changer de nom, et honnêtement ? “Molt” colle parfaitement — c’est ce que font les homards pour grandir. »

Le homard mue. Le projet aussi. Même âme, nouvelle coquille. Sur le papier, le narratif fonctionne. Dans l’exécution, tout déraille.

10 secondes de chaos

Steinberger tente de renommer simultanément l’organisation GitHub et le compte X du projet. Erreur fatale : dans l’intervalle entre la libération de l’ancien nom et la récupération du nouveau, des bots automatisés snatchent les deux identifiants.

En moins de dix secondes, @clawdbot sur X appartient à quelqu’un d’autre. Le nouveau propriétaire poste immédiatement une adresse de wallet crypto.

Dans la panique, Steinberger commet une seconde erreur : il renomme accidentellement son compte GitHub personnel au lieu de l’organisation. Des bots s’emparent de « steipete » en quelques minutes.

« J’ai dû renommer nos comptes pour des questions de trademark et j’ai foiré le renommage GitHub, et le pseudo X s’est fait snatcher par des escrocs crypto. Ça s’est merveilleusement bien passé », ironise-t-il.

Le développeur contacte en urgence ses relations chez X et le SVP de GitHub pour tenter de récupérer les comptes.

Un faux token à 16 millions de dollars

Les scammers ne perdent pas de temps. Dans les heures qui suivent, un token $CLAWD apparaît sur Solana. Les comptes usurpés servent à le promouvoir comme s’il s’agissait d’un lancement officiel.

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Le FOMO fait le reste. Au pic, le token atteint une capitalisation de 16 millions de dollars.

Puis Steinberger publie son démenti. Le cours s’effondre de 8 millions à moins de 800 000 dollars en quelques heures. Les acheteurs tardifs se font rug pull. Les escrocs repartent avec les gains.

Pour enfoncer le clou, de faux profils GitHub apparaissent, se présentant comme « Head of Engineering at Clawdbot » pour promouvoir d’autres tokens pump-and-dump.

« Je ne ferai JAMAIS de token »

Steinberger publie un message sans ambiguïté : « À tous les gens de la crypto : arrêtez de me contacter, arrêtez de me harceler. Je ne ferai jamais de token. Tout projet qui me liste comme propriétaire est une ARNAQUE. Non, je n’accepterai pas de commissions. Vous endommagez activement le projet. »

Le fondateur de PSPDFKit, qui avait revendu sa société à Insight Partners pour environ 100 millions d’euros, n’a manifestement aucune intention de transformer son projet open source en véhicule spéculatif.

Des failles de sécurité en cascade

Comme si le chaos ne suffisait pas, la firme de sécurité blockchain SlowMist publie une alerte le même jour : des centaines d’instances Clawdbot sont exposées sur Internet public, avec des configurations défaillantes.

Le diagnostic est sévère : clés API accessibles, historiques de conversations privées consultables, risques de vol de credentials et même d’exécution de code à distance. Les utilisateurs qui ont déployé leur agent sans maîtriser la sécurité serveur ont créé autant de portes ouvertes.

Bitdefender confirme l’analyse : ces panneaux de contrôle exposés « servent effectivement de passe-partout vers les environnements numériques qu’ils gèrent ».

Anthropic dans le viseur

La communauté développeur ne digère pas facilement la demande de rebrand. Beaucoup soulignent l’ironie de la situation : Clawdbot générait du trafic pour Claude, vendait des abonnements à l’API d’Anthropic, et offrait une vitrine gratuite aux capacités du modèle.

DHH (David Heinemeier Hansson), le créateur de Ruby on Rails, qualifie les récentes actions d’Anthropic de « customer hostile ». D’autres rappellent qu’Anthropic a récemment bloqué des employés de xAI utilisant Claude via Cursor, envoyé des DMCA à des développeurs qui reverse-engineeraient Claude Code, et durci sa politique envers les « harnesses » tiers.

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La question reste ouverte : était-il vraiment nécessaire de forcer un rebrand sur un projet qui faisait la promotion gratuite de Claude ?

Moltbot : même homard, nouvelle coquille

Le projet continue sous son nouveau nom. La documentation officielle assume désormais la saga avec humour dans une page « Lore » qui retrace les événements : l’email d’Anthropic à 5h du matin, la décision « fuck it, let’s go with moltbot » à 6h14, les snipers de handles, le désastre GitHub, et même « l’incident Handsome Molty » — une tentative de génération d’avatar par l’IA qui a produit un visage humain sur un corps de homard, immédiatement transformé en mème par les scammers crypto.

« Nouvelle coquille, même homard », résume Molty dans la documentation.

Ce que cette saga révèle

Au-delà de l’anecdote, l’affaire Clawdbot/Moltbot illustre plusieurs réalités de l’écosystème tech en 2026 :

  • La vitesse des prédateurs crypto — En dix secondes, des bots peuvent s’emparer d’un identifiant libéré et construire une arnaque à plusieurs millions de dollars dessus.
  • La fragilité de l’identité numérique — Un simple renommage de compte peut déclencher une cascade d’usurpations impossibles à contenir.
  • Les tensions autour des trademarks IA — Les entreprises qui développent des modèles commencent à défendre leurs marques contre les projets qui s’en inspirent, même quand ces projets leur sont bénéfiques.
  • Le décalage entre adoption et sécurité — Des milliers d’utilisateurs déploient des agents IA avec des permissions étendues sans maîtriser les bases de la sécurité serveur.

60 000 étoiles GitHub plus tard, le homard a mué. Reste à savoir si sa nouvelle coquille sera plus solide que la précédente.

Sources :

  • x.com (@steipete)
  • finance.yahoo.com
  • dev.to

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.