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Votre facteur va bientôt vous livrer des repas ! La surprenante stratégie de La Poste pour compenser ses pertes

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Dans un contexte de baisse drastique du volume de courrier distribué, La Poste se voit contrainte de repenser son modèle économique. Selon les projections de Philippe Wahl, PDG du groupe, la livraison de repas à domicile deviendra d’ici une décennie l’activité principale des facteurs, devant même la distribution de colis. Une diversification jugée nécessaire pour maintenir l’emploi et la présence postale sur tout le territoire.

Un marché du courrier en chute libre qui pousse La Poste à se réinventer

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Le constat est sans appel : en l’espace de 30 ans, la part du courrier dans le chiffre d’affaires de La Poste est passée de 70% à seulement 15%.

Une chute vertigineuse qui a creusé un trou de plus de 6 milliards d’euros dans les comptes, l’équivalent du chiffre d’affaires de la RATP ou de Dassault Systèmes. Face à cette hémorragie, La Poste n’a d’autre choix que de réinventer son modèle pour être moins dépendante du courrier.

L’enjeu est de taille : il s’agit de maintenir l’activité et l’utilité des 65 000 facteurs en France, “même quand il n’y aura plus de lettres” à distribuer, comme l’a souligné Philippe Wahl devant des sénateurs. Pour y parvenir, le groupe mise sur la livraison de colis et de repas à domicile, deux relais de croissance sur lesquels La Poste veut se positionner en leader.

La livraison de repas, un relais de croissance prometteur pour les facteurs

Alors que la livraison de colis, portée par le boom du e-commerce, ne suffit pas à elle seule à compenser le déclin du courrier, La Poste fonde de grands espoirs sur le marché de la livraison de repas.

Un secteur en plein essor, dopé par le vieillissement de la population et la demande croissante de services de proximité. En partenariat avec les CCAS, les hôpitaux et des restaurateurs spécialisés, les facteurs livrent déjà plus de 15 000 repas par jour, ce qui fait de La Poste le premier opérateur sur ce créneau.

Un chiffre appelé à exploser : le groupe prévoit de doubler ses volumes dès 2024, pour atteindre les 10 millions de repas livrés dans l’année. Et d’ici 2035, Philippe Wahl estime que “la livraison de repas sera la première activité des facteurs” en France, devant même la sacro-sainte distribution de colis et de courrier. Un virage stratégique majeur pour l’entreprise, mais vital pour assurer l’avenir de sa mission de service public de proximité.

Des bureaux de poste moins fréquentés, La Poste cherche des solutions

Autre défi auquel La Poste doit faire face : la baisse de fréquentation des bureaux de poste. Avec 7 000 bureaux en France (contre 17 000 au début des années 90), le réseau se réduit comme peau de chagrin, conséquence directe de la chute des volumes de courrier.

Une tendance particulièrement marquée dans les territoires ruraux, où “dans 40% des agences postales communales, il y a moins de 5 personnes par jour”, a souligné Philippe Wahl.

Pour maintenir malgré tout sa présence et ses services dans ces zones, La Poste planche sur de nouvelles solutions, comme le déploiement de “camions jaunes”. Ces bureaux de poste itinérants et multiservices devraient prendre la route fin avril dans les campagnes. En parallèle, La Poste promet de ne pas fermer de bureaux dans les quartiers prioritaires sans l’accord des maires. Autant d’initiatives pour réinventer sa relation de proximité, historique mais aujourd’hui menacée, avec les Français.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.