Michael Labloin

Prix de l’électricité en France : pourquoi ça continue de grimper ?

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Depuis quelques années, nous constatons une envolée des tarifs de l’électricité sur nos factures. Nombreux sont ceux qui pointent du doigt le marché européen de l’électricité, souvent présenté comme la source de tous les maux. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée que ces accusations lapidaires et derrière ces hausses répétitives se cache une histoire complexe impliquant de nombreux acteurs.

L’État démissionnaire face à la fin du bouclier tarifaire

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En réalité, ces flambées de prix s’expliquent en premier lieu par la fin progressive du bouclier tarifaire mis en place fin 2021 pour protéger le pouvoir d’achat. Ce dispositif avait permis à l’État de prendre en charge 37 % des factures.

Mais aujourd’hui, ce filet de sécurité se dérobe. La taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE) qui avait été drastiquement réduite remonte progressivement vers son niveau d’avant-crise. Ce n’est donc pas “que” à cause du marché européen que les prix augmentent.

Le marché européen, un mal nécessaire ?

Contrairement à une idée reçue, la France ne dépend pas totalement des importations électriques en provenance de ses voisins européens. En temps normal, le pays peut compter sur sa propre production, issue principement du nucléaire, pour répondre à ses besoins énergétiques.

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Cependant, en 2022, un enchaînement de facteurs défavorables a poussé l’Hexagone à se tourner davantage vers le marché européen. D’une part, de nombreux réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt pour d’importants travaux de maintenance et de réparations. Les cours d’eau asséchés par la sécheresse ont également handicapé la production hydroélectrique.

Dans ce contexte tendu, les interconnexions avec les réseaux des pays frontaliers sont devenues indispensables pour pallier les déficits ponctuels.

“Le marché européen permet d’optimiser les échanges et d’appeler automatiquement les centrales les moins chères pour faire baisser les factures”, analyse Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus Consulting.

Des prix fixés par un jeu d’offre et demande

Pour comprendre les hausses stratosphériques, il faut d’abord dissiper un malentendu : le marché européen ne fixe pas directement le tarif que vous payez. Celui-ci découle d’un mécanisme de marché régulé, où les fournisseurs s’approvisionnent aux prix les plus compétitifs.

Sur les “bourses” énergétiques continentales, le cours de l’électricité fluctue en permanence, suivant la loi de l’offre et la demande.

Le prix dépend de l’équilibre entre production et consommation à un instant T“, précise M. Goldberg.

En cas de tensions, les centrales les plus coûteuses sont sollicitées, faisant mécaniquement grimper les tarifs de gros.

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Les fournisseurs répercutent alors cette volatilité dans leurs offres, encadrée par l’Etat. Un système qui préserve les consommateurs de soubresauts trop violents, mais qui n’évitera pas de nouveaux tours de vis…

Que faire pour stopper l’hémorragie ?

Malgré tout, difficile de démontrer la culpabilité du marché européen, tant la crise énergétique est multifactorielle. Entre le choc de l’invasion russe en Ukraine et les aléas techniques des centrales nucléaires françaises, le cocktail était détonant.

Certains prônent un “Smexit” radical du système continental, d’autres réclament une réforme en profondeurLes pistes se multiplient pour enrayer la spirale. Mais à court terme, le consommateur devra probablement poursuivre ses efforts.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.