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OpenAI vise 750 milliards de valorisation : la machine à cash qui brûle 12 milliards par trimestre

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Deux mois. Il aura fallu deux mois à OpenAI pour passer de 500 à 750 milliards de dollars de valorisation. Le créateur de ChatGPT négocie une nouvelle méga-levée pouvant atteindre 100 milliards de dollars, selon The Information. Un montant qui donne le vertige — surtout quand on sait que l’entreprise perd plus d’argent en un trimestre qu’elle n’en gagne en un an.

La course aux milliards s’accélère

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Sam Altman ne lève pas le pied. Selon plusieurs sources concordantes rapportées par Bloomberg et Reuters, OpenAI discute avec des investisseurs pour une injection de capital historique. Le montant ? Plusieurs dizaines de milliards, potentiellement jusqu’à 100 milliards de dollars. La valorisation ciblée : 750 milliards, soit 50% de plus qu’en octobre dernier.

Et ce n’est pas tout.

En parallèle, Amazon négocie un investissement de 10 milliards de dollars ou plus. L’accord inclurait l’utilisation des puces Trainium d’AWS, le bras armé cloud du géant de Seattle qui tente de grignoter des parts à Nvidia. Cette somme viendrait s’ajouter aux 38 milliards qu’OpenAI s’est déjà engagé à dépenser chez Amazon Web Services sur sept ans.

Le manège des investissements circulaires continue de tourner : OpenAI lève des fonds auprès des géants tech, puis leur reverse une partie de cet argent pour acheter leurs services. Oracle et SoftBank prévoient à eux seuls 400 milliards de dollars de nouveaux datacenters pour les besoins de calcul d’OpenAI. Des accords similaires existent avec Nvidia, AMD et Broadcom.

12 milliards de pertes en trois mois

Derrière ces chiffres mirobolants, une réalité financière que Microsoft préférerait sans doute garder discrète.

Les derniers documents déposés auprès de la SEC révèlent qu’OpenAI a perdu environ 11,5 milliards de dollars au troisième trimestre 2025. En trois mois. Microsoft, qui détient 27% de l’entreprise, a dû comptabiliser une perte de 3,1 milliards liée à cet investissement — six fois plus que l’année précédente sur la même période.

Pour mettre ces chiffres en perspective : OpenAI n’a généré que 4,3 milliards de revenus sur l’ensemble du premier semestre 2025. L’entreprise perd donc en un trimestre presque trois fois ce qu’elle gagne en six mois.

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Où part cet argent ? Principalement dans l’inférence — le coût de faire tourner les modèles pour les 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT. Des documents internes fuités suggèrent qu’OpenAI a dépensé 8,7 milliards de dollars sur Azure rien que pour ça, au cours des trois premiers trimestres 2025. Plus du double de 2024.

Sam Altman promet que les revenus 2025 dépasseront « largement » 13 milliards. Même si c’est vrai, ça reste une goutte d’eau face à l’hémorragie.

Amazon veut sa part du gâteau

L’entrée potentielle d’Amazon dans le capital d’OpenAI marque un tournant.

Le géant du e-commerce a déjà misé 8 milliards sur Anthropic, le principal rival de ChatGPT fondé par d’anciens d’OpenAI. Mais Jeff Bezos et Andy Jassy veulent manifestement couvrir tous les paris de la course à l’IA.

L’accord discuté va au-delà du simple chèque. OpenAI utiliserait les puces Trainium, l’arme secrète d’Amazon pour concurrencer Nvidia sur le marché des accélérateurs. AWS a dévoilé la dernière génération de ces processeurs début décembre, et un client comme OpenAI constituerait une vitrine exceptionnelle.

Les négociations incluent aussi la vente d’une version entreprise de ChatGPT à Amazon. En revanche, pas question d’intégrer les modèles les plus avancés d’OpenAI dans AWS — Microsoft garde l’exclusivité jusqu’aux années 2030.

Cette alliance illustre l’émancipation progressive d’OpenAI vis-à-vis de son partenaire historique. La restructuration d’octobre 2025 a supprimé la clause de premier refus qui contraignait ses choix de fournisseurs cloud. Sam Altman peut désormais jouer les géants les uns contre les autres.

Cap sur l’IPO à 1 000 milliards

Toute cette frénésie prépare l’événement qui pourrait redéfinir Wall Street : l’entrée en bourse d’OpenAI.

L’objectif ? Une valorisation de 1 000 milliards de dollars, avec un dépôt auprès des régulateurs américains possible dès le second semestre 2026. OpenAI chercherait à lever au moins 60 milliards via cette IPO. Pour comparaison, Meta valait 104 milliards lors de son introduction en 2012. Seul Saudi Aramco a dépassé les 1 000 milliards lors d’une entrée en bourse.

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« Je pense que c’est le chemin le plus probable pour nous, compte tenu des besoins en capitaux », a confirmé Sam Altman lors d’un livestream récent.

La transformation en Public Benefit Corporation — structure hybride entre non-profit et for-profit — ouvre la voie. L’IPO permettrait de lever des fonds plus facilement et de réaliser des acquisitions en payant avec ses propres actions. OpenAI a déjà avalé Statsig pour 1,1 milliard et io Products, la société de design de Jony Ive, pour 6,5 milliards.

Bulle ou révolution ?

À 750 milliards de valorisation, OpenAI serait valorisée près de 60 fois ses revenus annuels projetés.

Les comparaisons avec la bulle internet des années 2000 fusent. Nvidia, dont la capitalisation a touché 5 000 milliards de dollars, a vu son cours exploser de 1 552% en cinq ans. Si l’enthousiasme pour l’IA venait à retomber, l’effet domino pourrait être dévastateur.

Mais les investisseurs continuent de signer des chèques. Microsoft, SoftBank, Thrive Capital, les fonds souverains d’Abu Dhabi via MGX, T. Rowe Price — tous parient que ChatGPT et GPT-5 représentent l’avenir. Les projections d’OpenAI tablent sur 100 milliards de revenus d’ici 2029.

La vraie question n’est pas de savoir si l’IA va transformer l’économie. C’est de savoir combien de temps les investisseurs accepteront de financer des pertes de 12 milliards par trimestre en attendant que la rentabilité arrive.

Pour l’instant, la réponse semble être : aussi longtemps qu’il le faudra.

Je suis Ethan, journaliste spécialisé en intelligence artificielle et nouvelles technologies. Je couvre l’actualité de l’IA agentique, des grands modèles de langage et des outils qui transforment nos usages numériques. Mon objectif : rendre accessibles les avancées technologiques les plus complexes, avec rigueur et sans jargon inutile.