Le Parlement européen a largement rejeté la motion de censure visant Ursula von der Leyen ce jeudi 10 juillet 2025. Portée par l’extrême droite européenne, cette tentative de renverser la présidente de la Commission européenne n’a recueilli que 175 voix favorables, bien loin des 361 voix nécessaires pour aboutir. Malgré ce rejet net, l’épisode révèle les tensions croissantes autour de la méthode de gouvernance d’Ursula von der Leyen.
Résultats du vote : un échec prévisible pour l’extrême droite
La motion de censure contre Ursula von der Leyen s’est soldée par un échec retentissant à Strasbourg. Avec seulement 175 voix pour, 360 voix contre et 18 abstentions, le texte n’a jamais eu de chances réelles d’aboutir. Le seuil de 361 voix nécessaire pour faire tomber la Commission européenne était hors d’atteinte dès le départ.
Cette tentative de censure avait été initiée par l’eurodéputé roumain Gheorghe Piperea, membre du groupe ECR (Conservateurs et Réformistes européens). L’initiative visait principalement à dénoncer le manque de transparence d’Ursula von der Leyen dans l’affaire des SMS échangés avec le PDG de Pfizer pendant la pandémie de Covid-19.
L’extrême droite européenne n’a d’ailleurs pas fait bloc sur ce vote. Les eurodéputés italiens du parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, ont choisi de ne pas participer au scrutin, préférant maintenir leurs relations de travail avec la présidente de la Commission. Cette division au sein des forces d’extrême droite a contribué à affaiblir davantage la motion.
Les griefs de l’opposition : transparence et méthode de gouvernance
Au cœur des critiques formulées contre Ursula von der Leyen figure l’affaire dite du “Pfizergate”. Cette controverse porte sur les échanges de SMS entre la présidente de la Commission et Albert Bourla, PDG de Pfizer, lors des négociations pour l’achat de vaccins contre le Covid-19. Ces messages n’ont jamais été rendus publics, malgré les demandes répétées de transparence.
L’affaire a suscité des plaintes de diverses associations et personnalités opposées aux vaccins. Le New York Times a également tenté en vain d’accéder à ces communications dans le cadre de ses investigations journalistiques. Cette opacité alimente les critiques sur la gouvernance de la Commission européenne.
Jordan Bardella, président du groupe des Patriotes au Parlement européen, était présent lors du vote après avoir manqué le débat de lundi. Il a mobilisé ses troupes pour soutenir la censure, dénonçant ce qu’il qualifie d'”abus de pouvoir”, d'”écologie punitive” et de “ruine des agriculteurs” de la part de la Commission von der Leyen.
Une majorité de soutien mais des alliés critiques
Malgré le rejet de la motion de censure, Ursula von der Leyen fait face à des critiques croissantes, y compris de la part de ses alliés traditionnels. La présidente des centristes, Valérie Hayer, a clairement indiqué que “notre soutien à Ursula von der Leyen n’est pas acquis”.
Les reproches portent principalement sur sa méthode de gouvernance, jugée trop verticale par la gauche et le centre. Ces groupes politiques accusent également le Parti populaire européen (PPE) de cultiver l’ambiguïté avec l’extrême droite pour remettre en cause certaines lois environnementales.
Le président du PPE, Manfred Weber, a défendu la présidente de la Commission en déclarant : “Nous constituons le facteur de stabilité du projet européen. Nous avons donné à la Commission européenne la force dont elle a besoin.” Cette déclaration illustre la ligne de défense du groupe conservateur face aux critiques.
La gauche radicale a adopté une position particulière lors de ce vote. Si une douzaine d’eurodéputés ont soutenu la motion, la majorité du groupe était absente pour éviter d’être associée à une initiative portée par l’extrême droite. Cette stratégie révèle les dilemmes tactiques auxquels font face les opposants à Ursula von der Leyen.
Réaction d’Ursula von der Leyen et perspectives
Ursula von der Leyen a réagi sobrement au rejet de la motion de censure par un simple “Merci” publié sur les réseaux sociaux. Elle a ensuite ajouté : “À l’heure où la situation mondiale est instable et imprévisible, l’Union européenne a besoin de force.” Cette déclaration s’inscrit dans sa stratégie de communication axée sur la stabilité et l’unité européenne.
Lors du débat de lundi, la présidente de la Commission avait adopté une posture combative face à ses détracteurs. Elle avait qualifié les initiateurs de la motion de censure d'”extrémistes”, d'”antivaccins” et d’admirateurs “de Poutine”, marquant ainsi sa volonté de ne pas céder aux pressions.
Cette motion de censure, bien qu’ayant échoué, révèle les défis auxquels fait face Ursula von der Leyen pour maintenir sa majorité au Parlement européen. Les critiques sur sa méthode de gouvernance et les exigences de transparence renforcées pourraient l’obliger à adapter son style de direction dans les mois à venir.
L’épisode illustre également les tensions persistantes au sein du Parlement européen entre les différentes forces politiques. Alors que l’extrême droite gagne en influence, les groupes traditionnels doivent naviguer entre opposition ferme et nécessité de gouverner efficacement l’Union européenne dans un contexte géopolitique complexe.

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