L’Iran a réussi un coup de maître en subtilisant deux Airbus A340 qui se trouvaient en Lituanie. Les appareils, qui appartenaient à une compagnie d’affrètement basée en Gambie, ont mystérieusement disparu des radars après leur décollage en février dernier. Ils ont finalement réapparu sur le sol iranien, où le régime cherche par tous les moyens à contourner l’embargo américain sur les pièces détachées aéronautiques. Ce n’est pas la première fois que l’Iran met la main sur des avions occidentaux dans des circonstances troubles.
Un vol sans retour vers l’Iran
Tout commence par une journée ordinaire sur l’aéroport international de Siauliai en Lituanie. Cette ancienne base soviétique accueille à la fois du trafic civil et des missions militaires de l’OTAN.
Le 23 février, deux des trois A340 stationnés sur le tarmac décollent comme prévu, l’un à destination du Sri Lanka, l’autre vers les Philippines. Mais rapidement, leurs transpondeurs sont coupés et les avions disparaissent des écrans radars.
Quand ils réapparaissent, c’est… en Iran ! Selon le site spécialisé ch-aviation, ils auraient même atterri sur deux aéroports différents, l’un à Téhéran, l’autre à Chabahar au sud du pays.
Pendant ce temps, les autorités lituaniennes inspectent le troisième avion resté au sol et découvrent qu’il transporte un important stock de pièces détachées. Flairant le coup fourré, elles décident d’immobiliser l’appareil.
Des précédents troublants
Ce n’est pas la première fois que l’Iran récupère ainsi des Airbus d’occasion dans des circonstances douteuses.
L’an dernier, quatre A340 avaient décollé d’Afrique du Sud pour l’Ouzbékistan, mais avaient finalement rallié l’Iran. Plus récemment, deux anciens quadriréacteurs de l’Armée de l’Air française vendus aux enchères à une société indonésienne ont aussi mystérieusement atterri en Iran, comme l’ont prouvé des photos satellites.
Un embargo contourné par tous les moyens
Ces manœuvres s’expliquent par la situation particulière de l’aviation civile iranienne. Frappée depuis 2018 par les sanctions américaines, elle ne peut plus acheter d’avions neufs ni importer les pièces indispensables à l’entretien de sa flotte vieillissante. Résultat, de nombreux appareils sont cloués au sol, faute de maintenance.
Pour contourner l’embargo, Téhéran n’hésite donc pas à mettre en place des montages opaques afin de mettre la main sur des avions d’occasion. Quitte à les “emprunter” le temps d’un détournement de vol comme en Lituanie !
Une méthode certes efficace mais qui contribue à maintenir l’isolement international de l’Iran.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.