Michael Labloin

L’IA va-t-elle bientôt mettre les laboratoires pharmaceutiques au chômage ?

intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) fait une entrée fracassante dans le monde de la santé, et plus particulièrement dans le domaine du développement de nouveaux médicaments. Cette technologie de pointe offre des perspectives inédites pour accélérer et optimiser le processus de recherche et développement (R&D) au sein de l’industrie pharmaceutique. Faut-il s’attendre à ce que les algorithmes remplacent bientôt les chercheurs en blouse blanche ?

Un assistant précieux pour optimiser l’élaboration des médicaments

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Aujourd’hui, la plupart des nouveaux médicaments sont développés via le drug design, une approche faisant appel à la chimie combinatoire.

Face au volume colossal de données à traiter, l’IA apparaît comme une solution pour déterminer quelles sont les substances les plus prometteuses à tester sur le plan pharmacologique.

Des startups comme Iktos proposent des solutions concrètes d’IA pour accompagner les équipes de R&D des grands laboratoires pharmaceutiques comme Janssen, Merck ou Servier. Elles les aident à accélérer et optimiser les phases de drug design, en générant par exemple des milliers de modèles de molécules en un temps record.

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Des IA qui conçoivent des médicaments de A à Z

Mais l’IA ne se contente pas d’assister les chercheurs, elle est aussi capable de créer de toutes pièces de nouvelles molécules thérapeutiques.

Au Japon, une IA mise au point par Sumitomo Dainippon Pharma et Exscientia a conçu en seulement 12 mois un traitement expérimental contre les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), là où il faut habituellement compter 5 ans.

Baptisée DSP-1181, cette molécule est la première entièrement développée par IA à être testée sur l’Homme. Aux États-Unis, des chercheurs du MIT ont aussi utilisé le machine learning pour identifier une molécule antibiotique capable de contrer la redoutable bactérie Clostridium difficile.

Vers une R&D 4.0 dans l’industrie pharmaceutique ?

Le numérique ouvre également la voie à une nouvelle approche dans le développement des médicaments : la simulation in silico.

Grâce à l’IA, il est désormais possible de modéliser et prédire la toxicité et l’efficacité d’un candidat-médicament avant même de passer aux essais cliniques in vivo. Des startups comme Novadiscovery se sont spécialisées dans ce domaine prometteur, qui permet de réduire les délais et les coûts des phases de développement clinique.

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Le métier de chercheur en pleine mutation

Si l’IA bouscule les méthodes traditionnelles de R&D pharmaceutique, elle ne signifie pas pour autant la fin des chercheurs.

Son rôle est avant tout d’être un outil d’aide à la décision, permettant d’identifier plus rapidement les molécules les plus pertinentes et d’écarter d’emblée celles vouées à l’échec.

Les capacités de calcul et de traitement des données de l’IA viennent ainsi en complément de l’expertise et du savoir-faire des équipes de recherche. À l’avenir, le métier de chercheur en pharmacologie évoluera certainement vers plus d’interdisciplinarité, à la croisée entre biologie, informatique et data science. Bienvenue dans l’ère de la R&D 4.0 !

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.