La tension monte d’un cran dans le vignoble bordelais. Ce matin, une centaine de viticulteurs et leurs tracteurs ont bloqué l’accès aux entrepôts de Castel Frères, géant du négoce des vins, situés dans la banlieue de Bordeaux. Cette action coup de poing est organisée par les syndicats FNSEA 33 et Jeunes Agriculteurs, excédés par la crise qui frappe durement les exploitations viticoles girondines.
Gironde : Colère dans les vignes, le bordelais s’embrase
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Le décor planté devant les grilles de Castel ne laisse aucun doute sur la détermination des manifestants. Fumier, pneus et ceps de vignes jonchent les entrées du site, entravant toute possibilité d’accès.
Les manifestants dénoncent des prix d’achat du raisin et du vin bien trop bas, largement inférieurs aux coûts de production et mettent en péril la survie même des exploitations.
Pourtant, les vins de Bordeaux sont mondialement reconnus et le vignoble AOC bordelais demeure le plus vaste de France. Mais il est frappé de plein fouet par un phénomène de surproduction chronique qui tire les cours vers le bas.
Castel dans le collimateur des Producteurs en colère
En s’attaquant à Castel Frères, branche historique du groupe Castel, les manifestants ont choisi un symbole fort. Numéro un incontesté du négoce des vins de Bordeaux, ce géant est accusé d’imposer des prix d’achat dérisoires aux producteurs, aggravant la crise du secteur.
Les organisations viticoles exigent aussi plus de transparence, pointant du doigt les bénéfices colossaux engrangés par certains acteurs du négoce, comme Pierre Castel, le milliardaire cofondateur émérite du groupe éponyme.
Vers des réformes en profondeur ?
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes au sein de la filière viticole girondine. Le 21 février dernier, les Grands Chais de France et une base logistique de Système U ont également été bloqués par les vignerons.
Surtout, le tribunal de commerce de Bordeaux a récemment condamné deux négociants pour pratiques commerciales abusives, ouvrant la voie à un durcissement législatif. Les organisations professionnelles appellent le gouvernement à renforcer le dispositif Egalim pour garantir aux producteurs une juste rémunération.
Elles avertissent déjà que de nouvelles actions coup de poing pourraient être organisées prochainement si rien ne change. Le monde du vin bordelais semble entrer dans une zone de fortes turbulences.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.