Michael Labloin

Effondrement à Toulouse : un rapport fait état de 4 000 bâtiments délabrés

Toulouse

Suite à l’effondrement d’un immeuble rue Saint-Rome à Toulouse le 9 mars dernier, le maire Jean-Luc Moudenc affirme que la ville ne dispose d’aucun état des lieux des immeubles anciens dégradés. Pourtant, un inventaire commandé par Toulouse Métropole en 2013 au cabinet Urbanis aurait déjà recensé 4 000 logements dégradés en centre-ville, répartis dans 789 immeubles. L’opposition municipale accuse le maire de “mentir éhontément” et de “manquer de transparence” dans la gestion de cette crise.

Le cabinet Urbanis avait identifié 789 immeubles dégradés dès 2013

Dès 2013, Toulouse Métropole avait mandaté le cabinet Urbanis pour réaliser un diagnostic de l’habitat ancien dégradé dans l’hypercentre de Toulouse.

Cette étude aurait révélé l’existence de “4 000 logements dégradés au centre-ville”, soit “789 immeubles dont 80 % se trouvent dans l’hypercentre”, selon les opposants du groupe Alternative Municipaliste Citoyenne.

Le vice-président de Toulouse Métropole de l’époque, Stéphane Carassou, expliquait alors qu’il s’agissait d’un “habitat ancien, vieillissant, abîmé, pas efficient au plan énergétique mais qui peut être habitable”. Une campagne d’incitation auprès des propriétaires devait suivre pour les encourager à réaliser des travaux de rénovation.

L’opposition dénonce l’inaction de la mairie depuis 10 ans

Depuis la remise de ce rapport il y a 10 ans, l’opposition municipale s’interroge : “Qu’a fait le maire de Toulouse ?” Le député LFI François Piquemal, qui sera chef de file sur le projet de loi habitat dégradé à l’Assemblée nationale, critique “la négligence et une certaine légèreté dans la gestion par la municipalité”.

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Il rappelle qu’une campagne de communication auprès des habitants de l’axe Carmes-Capitole, où plusieurs arrêtés de péril ont été délivrés, devait être lancée dès 2017. De son côté, le conseiller municipal Maxime Le Texier accuse sur les réseaux sociaux le maire de “mentir éhontément”.

La mairie attend les rapports d’expertise avant de s’exprimer

Face à ces critiques, la conseillère municipale déléguée à la lutte contre l’habitat indigne Claire Nison indique ne pas souhaiter s’exprimer pour le moment sur l’existence de cet inventaire de 2013. Elle renvoie à une conférence de presse du maire prévue mardi 19 mars.

Les services de la ville ont reçu “plus d’une centaine de signalements” suite à l’effondrement et des techniciens sont envoyés systématiquement pour vérifier chaque cas. Des travaux de confortement préventifs de la tour des Capitouls sont aussi prévus. La mairie attend désormais “les rapports d’expertise qui doivent être remis la semaine prochaine avant de prendre des décisions”.

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La rue Saint-Rome a rouvert aux piétons mais des questions demeurent

Grâce au travail des services municipaux, la rue Saint-Rome a pu rouvrir entièrement aux piétons ce vendredi 15 mars entre la place du Capitole et la place Esquirol. Seuls les commerces situés aux abords directs de l’immeuble effondré au n°4 et ceux de la première moitié de la rue Peyras restent fermés.

Au-delà de la polémique politique, des questions demeurent sur l’état du bâti ancien dans le centre historique de Toulouse. L’immeuble médiéval du 1 rue des Puits-Clos “pose beaucoup de questions à caractère patrimonial” selon Claire Nison. L’effondrement spectaculaire de la rue Saint-Rome a remis en lumière les enjeux de sécurité et de rénovation des immeubles dégradés, pourtant déjà identifiés il y a 10 ans.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.