Michael Labloin

Alfa Romeo : face à la colère italienne, le SUV électrique “Milano” change de nom

voiture électrique

Alfa Romeo, célèbre constructeur automobile italien, a dû revoir précipitamment le nom de son nouveau SUV 100% électrique. Initialement baptisé “Milano” en hommage à la ville d’origine de la marque, le véhicule sera finalement commercialisé sous le nom de “Junior”. Cette décision a été prise suite à la vive réaction du ministre italien de l’Industrie, Adolfo Urso, qui s’est insurgé contre le fait que ce modèle soit produit en Pologne et non en Italie. Carlos Tavares, le patron de Stellantis, groupe propriétaire d’Alfa Romeo, a donc choisi de calmer le jeu en optant pour ce changement de nom.

Un hommage à Milan qui passe mal auprès du gouvernement italien

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Alors qu’outre-Atlantique Tesla est dans le dur et va devoir licencier 14 000 personnnes, en Europe, c’est Alfa Romeo qui doit essuyer une polémique.

En effet, le SUV compact électrique d’Alfa Romeo devait s’appeler “Milano” en référence à la ville italienne où la marque a été fondée en 1910. Mais cette annonce a suscité l’ire du ministre de l’Industrie Adolfo Urso. Il a en effet pointé du doigt l’illégalité de la pratique qui consiste à baptiser un modèle produit en Pologne sous le nom d’une ville italienne.

Selon une loi italienne datant de 2003, il est interdit de vendre des produits portant des noms à consonance italienne s’ils ne sont pas fabriqués en Italie. Le ministre s’est donc insurgé : “Une voiture appelée Milano ne peut pas être produite en Pologne. C’est interdit par la loi italienne”.

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Stellantis met en avant la conception italienne malgré une production polonaise

Face à cette polémique, Carlos Tavares, le PDG de Stellantis né de la fusion entre PSA et FCA, a défendu le choix initial.

Il a notamment précisé que “la création du modèle a lieu en Italie, la conception se fait en Italie, l’ingénierie est réalisée en Italie. Le fait que la voiture soit assemblée dans un autre pays ne signifie pas qu’elle n’est pas italienne”.

Il a aussi mis en avant l’aspect économique de cette décision, affirmant qu’une production en Allemagne allait permettre à Alfa Romeo d’économiser 10 000 euros sur le prix final de la voiture, qui sera tout de même disponible à partir de 40 500 euros. À noter que cette Alfa Romeo “Milano” repose sur la même plateforme que la Jeep Avenger, également utilisée sur la Peugeot e-2008 et sur l’Opel Mokka-e.

L’Italie veut relancer sa production automobile nationale

Si le gouvernement italien se montre aussi intransigeant sur cette question, c’est parce qu’il a lancé début 2024 un vaste plan d’investissement de 8,7 milliards d’euros pour inciter les constructeurs automobiles à relocaliser leur production en Italie. L’objectif est de faire revenir des marques comme Fiat qui n’y produit actuellement que la Fiat 500 électrique dans son usine historique de Turin.

Le plan prévoit aussi des aides à l’achat plus importantes pour les véhicules électriques, pouvant aller jusqu’à 13 750 euros pour les ménages les plus modestes souhaitant remplacer un vieux véhicule. Le gouvernement espère aussi attirer Tesla pour qu’il installe une deuxième usine européenne en Italie après celle de Berlin.

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Carlos Tavares joue l’apaisement en renommant le SUV “Junior”

Afin de calmer la colère italienne, Carlos Tavares a donc décidé de changer le nom du SUV électrique d’Alfa Romeo qui s’appellera finalement “Junior”. Lors d’un déplacement à l’usine Stellantis de Trémery en France, il a expliqué qu’il s’agissait d’“un signe d’apaisement” après avoir “travaillé tout le week-end pour changer le nom”.

Il a aussi souligné que “Junior” était un nom qui avait connu un grand succès commercial dans l’histoire d’Alfa Romeo, notamment avec le modèle GT Junior. De son côté, Jean-Philippe Imparato, le PDG d’Alfa Romeo, a précisé que le changement avait été fait “pour promouvoir un climat de détente” même s’il pense que le nom “Milano” respectait totalement la loi italienne.

Cette passe d’armes illustre les tensions croissantes entre Stellantis et le gouvernement italien qui s’inquiète des conséquences de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler sur l’industrie automobile transalpine. La présidente du Conseil Giorgia Meloni se montre d’ailleurs très critique sur ce sujet depuis plusieurs mois.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.