Le tribunal de commerce de Lille a validé mercredi la reprise de Valdunes, dernier fabricant français de roues de trains, par le groupe Europlasma. Une opération périlleuse, mais à haute valeur symbolique pour le gouvernement, qui va mettre la main au portefeuille. Le président Emmanuel Macron s’était personnellement engagé à “se battre jusqu’au dernier quart d’heure pour Valdunes”, érigé en emblème de la souveraineté industrielle française, après l’annonce en mai 2023 du désengagement de son actionnaire chinois MA Steel.
131 licenciements sur 309 salariés malgré le soutien de l’État
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Une seule offre aura finalement été formulée, celle d’Europlasma, un groupe français bâti autour de la valorisation des déchets, qui a repris ces dernières années plusieurs entreprises en difficulté.
Elle devrait aboutir à 131 licenciements sur les 309 salariés des deux sites de Valdunes dans le Nord : la forge de Leffrinckoucke dans le Dunkerquois et l’usine de Trith-Saint-Léger dans le Valenciennois.
Une telle opération serait impossible sans le soutien du gouvernement, très impliqué dans le dossier, Europlasma présentant un chiffre d’affaires de seulement 14,5 millions d’euros.
Selon Bercy, Europlasma apportera 15 millions d’euros de fonds propres sur trois ans, l’État jusqu’à 15 millions sous forme de prêt et les collectivités locales jusqu’à 4 millions de financement du foncier et un million de subventions.
Un modèle économique à transformer rapidement pour Europlasma
Le PDG d’Europlasma, Jérôme Garnache, avait expliqué fin février avoir la certitude d’être capable d’apporter quelque chose de suffisamment structurant pour redresser Valdunes. Mais il avait aussi reconnu que “le retournement de Valdunes devait être très rapide” car Europlasma n’est pas à même de supporter “10-12 millions de déficit chaque année”.
Le groupe veut “transformer le modèle économique” de Valdunes pour s’orienter vers l’énergie verte et des produits plus respectueux de l’environnement”. Cependant, les syndicats se montrent vigilants. Ils demandent à l’État de surveiller les investissements promis par Europlasma et espèrent que la situation ne sera pas similaire à celle des Forges de Tarbes, rachetées en 2021 par le groupe, où les investissements annoncés tardent à se concrétiser.
Une entreprise ” pillée ” par ses anciens actionnaires étrangers
Pour la CGT, Valdunes s’est fait “piller, siphonner” par ses anciens actionnaires étrangers (les Allemands puis les Chinois) “pour en arriver à la situation d’aujourd’hui où on aurait un soi-disant bienfaiteur”. Le syndicat souligne aussi qu’Europlasma va toucher “plus que son chiffre d’affaires en subventions”, tandis que 131 salariés vont perdre leur emploi.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.