Michael Labloin

Stocamine Alsace : Le Conseil d’Etat demande à ce que les travaux de confinement débutent “sans délai”

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Le site de Stocamine, ancienne mine de potasse située à Wittelsheim en Alsace, est au cœur d’une vive polémique depuis que le Conseil d’État a autorisé la reprise des travaux de confinement de 42 000 tonnes de déchets toxiques. Cette décision annule la suspension prononcée par le tribunal administratif de Strasbourg et ouvre la voie à l’enfouissement définitif de ces déchets, au grand dam des associations écologistes.

Stocamine : un stockage de déchets toxiques critiqué depuis 20 ans

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L’histoire de Stocamine a débuté en 1997, lorsque l’Etat a autorisé le stockage de déchets ultimes non radioactifs dans les galeries souterraines désaffectées. Parmi les 42 000 tonnes entreposées se trouvent du mercure, de l’arsenic et du cyanure. Un incendie s’est déclaré en 2002, entraînant la fermeture du site. Devant l’impossibilité technique d’extraire la totalité des déchets, l’Etat a finalement opté pour leur confinement définitif.

Depuis lors, des associations comme Alsace Nature ou Destocamine dénoncent les risques de pollution des nappes phréatiques et se battent pour obtenir le déstockage total. En 2019, le tribunal administratif de Strasbourg avait suspendu l’arrêté préfectoral autorisant les travaux de confinement, mais cette décision vient d’être annulée par le Conseil d’Etat.

Le Conseil d’Etat estime qu’il n’y a pas de “danger immédiat”

Dans son ordonnance, la plus haute juridiction administrative française estime qu’il n’y a pas de raison objective de suspendre les travaux de confinement. Le rapport du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) met en doute la faisabilité d’un déstockage total sans risque.

Le Conseil d’Etat pointe du doigt des “erreurs de droit” dans la décision initiale du tribunal administratif et affirme que le confinement illimité est la solution la plus à même de préserver l’environnement.

Reprise imminente des travaux malgré l’opposition des écologistes

Les travaux de confinement pourraient donc reprendre rapidement, pour une durée estimée à 42 mois, avec un accès au site impossible après 2027. Le coût exorbitant de la maintenance du site, estimé à 80 000 euros par jour ouvrable, a probablement joué dans la décision du Conseil d’Etat.

Les associations écologistes ne désarment pas pour autant. Alsace Nature a déposé un recours sur le fond devant le tribunal administratif de Strasbourg. Les Jeunes écologistes critiquent une décision qui ne prend pas en compte “le droit des générations futures”. La mobilisation devrait se poursuivre pour empêcher l’irréversible enfouissement de ces déchets toxiques.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.