Ils sont riches, très riches même. Pourtant, ils estiment qu’ils devraient payer plus d’impôts. Plus de 260 millionnaires et milliardaires ont signé une tribune lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, pour demander la mise en place d’un impôt sur la fortune.
Une initiative qui prend de l’ampleur chaque année
Cette initiative, baptisée “Proud to pay more” (Fiers de payer plus), prend de l’ampleur d’année en année. Le nombre de signataires ne cesse d’augmenter, preuve d’un consensus croissant au sein même de cette population de privilégiés.
Cette tribune rassemble désormais plus de 260 millionnaires et milliardaires originaires de 13 pays différents. Un chiffre en constante augmentation, démontrant que de plus en plus de grandes fortunes souhaitent contribuer davantage.
Des inégalités économiques mondiales pointées du doigt
À travers cette démarche, les signataires dénoncent l’accroissement des inégalités économiques dans le monde. Ils soulignent ainsi le paradoxe selon lequel, proportionnellement, les plus riches paient moins d’impôts que les foyers les plus modestes.
Les signataires appellent donc à une plus grande justice fiscale, avec la mise en place d’un impôt sur la fortune permettant de réduire ces inégalités qui ne cessent de se creuser.
Des milliardaires quasi exonérés d’impôts malgré des fortunes colossales
Et pour cause : selon des études récentes, les milliardaires ne paieraient que entre 0 et 0,5% d’impôts sur leur patrimoine, alors même que leur fortune n’a jamais été aussi élevée. Pourtant, un impôt minimum de 2% permettrait de générer pas moins de 230 milliards d’euros de recettes fiscales par an. De quoi largement contribuer à rééquilibrer les comptes publics et financer des services publics.
Même en France, les très riches bénéficient d’importantes niches fiscales
Même en France, pays roi de l’imposition, les très riches bénéficient de niches fiscales leur permettant d’alléger considérablement leur facture fiscale.
Ainsi, la moitié des 37 800 ménages les plus fortunés de l’hexagone ne paieraient que 45% d’impôts, un taux qui descend même à 26% pour les 75 foyers les plus riches ! Preuve que les privilèges fiscaux des ultras-riches existent aussi dans l’hexagone.
L’exemple de l’héritière autrichienne renonçant à 25 millions d’euros
C’est dire si le combat pour plus de justice fiscale prend de l’ampleur. Même certains héritiers fortunés prennent position, à l’image de l’Autrichienne Marlene Engelhorn qui a renoncé à toucher 25 millions d’euros d’héritage. Elle milite activement pour une taxation accrue des grandes fortunes, à travers des initiatives comme “Tax me now“.
La philanthropie ne suffit pas, des actions politiques sont nécessaires
Par le biais de leur tribune, les signataires rappellent que la philanthropie individuelle ne saurait résoudre à elle seule de telles inégalités. Des interventions politiques aux niveaux national et international sont indispensables pour mettre en place une fiscalité plus juste.
Bien que le débat progresse, des actions concrètes se font encore attendre pour mettre en œuvre cette indispensable justice fiscale. Les 262 millionnaires signataires de la tribune espèrent bien accélérer les choses.

Je suis Michael, journaliste chez LeJourGuinée. Je couvre les dimensions sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle : régulations, éthique, course technologique entre nations.