Michael Labloin

Son médecin classe son homosexualité comme une maladie : un patient choqué tire la sonnette d’alarme

santé

Un patient des Landes a eu la désagréable surprise de voir son orientation sexuelle listée comme une pathologie sur une ordonnance rédigée par son médecin traitant. Choqué, il a immédiatement alerté le Conseil de l’Ordre des médecins pour dénoncer cette classification abusive et déplacée. Une erreur que le praticien mis en cause reconnaît à demi-mot, tout en se défendant maladroitement.

Un coming-out médical forcé et inapproprié

Suivez LJG sur Google

Ajoutez LJG à vos sources préférées pour voir nos articles en priorité dans "À la une".

Mathieu, 42 ans, s’est rendu chez son médecin généraliste au printemps dernier pour obtenir une ordonnance de consultation ORL. Mais en examinant le document de plus près une fois rentré chez lui, il a eu la stupéfaction de découvrir que son homosexualité figurait dans la liste de ses pathologies en cours, aux côtés de l’asthme et de troubles du sommeil.

“Je suis consterné. Je demande que ce médecin s’excuse”, a réagi le quadragénaire dans les colonnes de Sud Ouest.

Ce dernier, sous traitement PrEP (prophylaxie pré-exposition) depuis plusieurs années pour réduire les risques de transmission du VIH, avait été contraint de changer de médecin traitant en avril après avoir contracté une syphilis.

A lire :  Novo Nordisk investit massivement en France pour répondre à la demande mondiale en traitements du diabète et de l'obésité

Un discours moralisateur et déplacé

Lors de la première consultation, le généraliste aurait tenu des propos culpabilisants envers son patient.

“Il a souligné que ma façon de vivre était dangereuse pour ma santé, relate Mathieu. Il m’a indiqué que le traitement n’était pas la solution et que la solution, c’était le préservatif.”

Des remarques intrusives et moralisatrices qui n’ont pas leur place dans une relation de soin.

Contacté par Sud Ouest, le médecin plaide maladroitement la facilité d’usage de son logiciel médical.

“D’un point de vue pratique, c’est plus simple d’avoir tout dans la même case”, se justifie-t-il avant de concéder : “Mais si c’est là que le bât blesse, alors je comprends. L’homosexualité n’est pas une pathologie.”

L’Ordre des médecins saisi, une enquête ouverte

Mathieu a immédiatement saisi le Conseil départemental de l’Ordre des médecins des Landes pour signaler ces faits. Son président, le Dr Jean-François Dubroca, a été clair :

“D’un point de vue déontologique, un médecin ne peut faire figurer l’orientation sexuelle d’une personne. En cas de plainte du patient, ce médecin sera rappelé à ses devoirs déontologiques.”

Une plainte qui ne saurait tarder au vu du profond malaise ressenti par ce patient, qui s’est senti jugé et stigmatisé par son médecin. Au-delà du cas individuel, cet incident questionne sur la persistance de certains préjugés chez une partie du corps médical concernant les personnes LGBT+. Une meilleure formation des professionnels de santé sur ces questions semble plus que jamais nécessaire.