L’ancien président de la République François Hollande est arrivé en tête du premier tour des élections législatives dans la première circonscription de la Corrèze avec 37,6% des voix. En cas de victoire au second tour, il pourrait retrouver les bancs de l’Assemblée nationale et cumuler son indemnité de député avec sa dotation d’ancien chef de l’État et ses autres retraites, pour un total de près de 17 000 euros par mois. Une situation qui suscite des interrogations sur le cumul des mandats et des rémunérations des anciens présidents.
Un possible retour à l’Assemblée, une première depuis Valéry Giscard d’Estaing
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Si François Hollande l’emporte dimanche prochain, il reprendra son siège de député de Corrèze, qu’il occupait avant son élection à l’Élysée en 2012.
Ce serait la première fois depuis Valéry Giscard d’Estaing qu’un ancien président redevient député. VGE avait en effet retrouvé son siège dans le Puy-de-Dôme de 1984 à 2002 après avoir quitté la présidence en 1981.
Un cumul d’indemnités qui pose question
En tant que député, François Hollande percevrait une indemnité parlementaire de 7493 euros par mois.
À cela s’ajouterait sa dotation d’ancien président d’environ 6000 euros brut mensuel, instaurée par une loi de 1955. Un cumul autorisé par la loi, comme le confirme René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique.
L’ancien chef de l’État toucherait également une retraite de la Cour des comptes de 3591 euros, en tant qu’ancien magistrat, ainsi qu’une pension d’environ 240 euros liée à ses anciens mandats locaux. Au total, ses revenus atteindraient 16 877 euros par mois en cumulant son indemnité de député et l’ensemble de ses pensions et retraites.
Des avantages matériels maintenus
Outre ces rémunérations, François Hollande bénéficierait aussi, en tant qu’ancien président, d’avantages en nature : trois collaborateurs permanents, un agent de service, des locaux équipés dont l’État prend en charge le loyer et les frais, ainsi que le financement de ses frais de réception et de déplacements. Des dispositions qu’il avait lui-même fixées par décret en octobre 2016, quelques mois avant la fin de son quinquennat.
Un débat récurrent sur le statut des anciens présidents
Le possible retour de François Hollande au Palais Bourbon avec ce niveau de revenus relance le débat sur le statut des anciens présidents de la République. Si la dotation à vie, sans condition d’âge ni de ressources, apparaît comme un privilège difficilement justifiable, la question du cumul des mandats et des rémunérations associées se pose également.
La perspective d’un président redevenant député-millionnaire grâce à ce système interroge sur la nécessité de mieux encadrer la situation matérielle des anciens chefs de l’État. Un débat déjà ancien, mais qui pourrait être ravivé par ce nouveau cas de figure inédit sous la Ve République.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.