Dans la deuxième circonscription du Loiret, Élodie Babin, la candidate du Rassemblement national, s’est qualifiée pour le second tour des élections législatives sans avoir fait campagne. Pas une seule réunion publique, pas de marché, pas d’affiche ni même de tract avec son visage. Pourtant, elle est arrivée en tête du premier tour avec 32,91% des suffrages. Son compagnon explique qu’elle “souffrait du Covid”. Retour sur une candidature très particulière.
Une candidate invisible sur le terrain mais qualifiée grâce à l’étiquette RN
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Élodie Babin, 34 ans, conseillère régionale depuis 2021, était déjà candidate RN dans cette circonscription en 2022.
À l’époque, quelques affiches à son nom étaient visibles mais elle n’avait pas réellement fait campagne. Cette année, son visage n’apparaît même pas aux côtés de ceux de Marine Le Pen et Jordan Bardella sur le matériel de communication du parti.
Une stratégie assumée par le RN qui capitalise sur le score de son président aux européennes et transforme l’enjeu du scrutin: les électeurs choisiraient ainsi un Premier ministre, Jordan Bardella, plutôt que 577 députés.
Le débat démocratique questionné par cette candidature fantôme
L’absence de la candidate RN sur le terrain pose la question du débat démocratique selon son adversaire du second tour, Emmanuel Duplessy, candidat du Nouveau Front populaire.
“Aujourd’hui, des médias renoncent à m’inviter parce qu’ils ne pourront pas équilibrer le temps de parole avec Madame Babin”, déplore-t-il.
Il s’interroge également sur la capacité d’Élodie Babin à être une députée présente et active si elle est élue dimanche. Contacté, le compagnon de la candidate, Aleksandar Nikolic, conseiller régional et député européen, affirme qu’elle “souffrait du Covid”.
Des candidats RN discrets dans des dizaines de circonscriptions
La situation observée dans le Loiret n’est pas un cas isolé. Le RN présente des candidats peu visibles dans des dizaines de circonscriptions, misant sur le rejet d’Emmanuel Macron et la dynamique de Marine Le Pen.
Un pari risqué au moment où plus de 200 candidats qualifiés au second tour se sont désistés pour faire barrage à l’extrême droite. Parmi eux, la députée sortante macroniste Caroline Janvier, arrivée troisième avec 23% des voix dans la deuxième circonscription du Loiret.
Son retrait pourrait profiter à Emmanuel Duplessy et empêcher le parti de Marine Le Pen de former une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Réponse dimanche soir.

Je suis Steven, journaliste tech chez LeJourGuinée. Je couvre l’impact de l’intelligence artificielle sur les secteurs traditionnels comme l’industrie, la santé et l’éducation. Mon rôle : montrer comment les innovations technologiques transforment concrètement notre quotidien.