Putsh en Guinée : deux mois après où en est le pays ?

Le colonel Mamady Doumbouya a succédé à Alpha Condé comme président de la Guinée moins d’un an après sa réélection. La société civile et l’opposition ont accueilli le coup d’État avec un optimisme prudent, mais on s’inquiète de la durée de la transition.

Le putsh bien accueilli

En Guinée, moins d’un an après la réélection d’Alpha Condé pour un troisième mandat très contesté, le colonel Mamady Doumbouya a pris le pouvoir à la tête du pays avec l’objectif de rétablir l’ordre institutionnel qui avait été violé par le président pour rester en poste. La société civile et l’opposition ont salué les mises à mal du pouvoir en place. En ce sens, le putsh avait été bien accueilli. Le nouvel homme fort, Mamady Doumbouya, a donné des assurances au peuple, notamment en libérant les adversaires d’Alpha Condé. L’imprévisibilité sur la durée de la transition, qui n’a pas encore été déterminée, a de quoi inquiéter une nation tristement habituée aux coups d’État et aux régimes militaires. D’autant plus que. Bien que la junte ait publié une charte définissant des objectifs généraux, de nombreuses incertitudes subsistent quant à ses véritables intentions.

Quels sont les défis qui attendent la Guinée ?

Quels sont les défis les plus urgents auxquels sont confrontées les autorités de transition de la Guinée ? Quelle est la marge de manœuvre des pouvoirs exécutif et législatif à l’égard de l’armée ? Que pensent les Guinéens de la situation deux mois après le coup d’Etat ?

Quand on parle de pays à l’histoire alambiquée et aux institutions chancelantes qui n’ont pas été soutenues par Alpha Condé, il y a un certain degré d’empressement. Saisir cette opportunité, même s’il y a des risques que la transition se prolonge, est essentiel. Aucune autre période de l’histoire d’une nation n’offre peut-être l’occasion de procéder à des changements significatifs.

L’armée guinéenne est divisée depuis longtemps. Elle est toujours divisée entre les générations, les formations, les aspirations et les raisons corporatistes. Mais elle a été politisée et sert donc le gouvernement, qu’elle le veuille ou non.

Mamadi Doumbaya refuse l’incursion d’un « envoyé spécial »

Mamadi Doumbouya juge « hors de propos » la nomination d’un envoyé spécial en Guinée. Nous avons pu voir la lettre qu’il a adressée à Nana Akufo-Addo, président en exercice de la CEDEAO.

« En l’absence de crise interne menaçant de faire dérailler le cours normal de la transition, la nomination d’un envoyé spécial n’apparaît ni immédiate ni indispensable. » Dans une lettre non datée, le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte guinéenne, s’associe à cette déclaration.

Ceci est un message concernant la Guinée et le Mali. Ils ont eu une réunion de la CEDEAO le dimanche 7 novembre à Accra.