La COP 26 joue les prolongations faute de consensus

La COP26 se poursuit en heures supplémentaires après la conclusion du nouvel accord sur le climat. La conférence internationale sur le climat de Glasgow, qui devait se terminer vendredi 12 novembre, reprendra désormais samedi, une deuxième nuit de discussions ayant été annoncée par le président Alok Sharma vendredi soir.

Une troisième version du texte de la déclaration finale, qui contient de nombreux points encore en débat. Le président a déclaré qu’il comptait conclure la COP samedi. L’enjeu est de taille. Selon l’objectif fixé en 2015 avec l’accord de Paris, cette COP est essentielle pour maintenir le réchauffement climatique « en dessous de 2°C », voire 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. Un texte déjà fragilisé a encore été mis à mal. L’expression « accélérer la sortie du financement du charbon et des combustibles fossiles » a été diluée par rapport à une version précédente, qui appelait à « faire progresser les efforts des institutions financières pour cesser d’investir dans les industries à forte intensité de carbone »

Un financement sous-estimé

La question du financement a été une préoccupation majeure. La demande d’aide des pays en développement auprès des nations riches – et des plus grands producteurs de gaz à effet de serre au monde – pour planifier et s’adapter aux effets du changement climatique a été mise en avant lors de la COP26. Cette enveloppe, qui a été remplacée par une autre plus importante, a été jugée non pertinente.

Alors que les promesses de financement parlent de 100 milliards (toujours pas atteints), les observateurs et les spécialistes parlent de besoins croissants. Les besoins effectifs pourraient atteindre 1300 milliards/an. En clair, si les états peinent à réunir 100 M, qu’en sera-t-il de 1300… ?

Le thermomètre grimpe

Augmentation des objectifs. Une autre section du texte incite les pays à augmenter leurs objectifs de réduction des émissions plus souvent que prévu dans l’accord de Paris, à partir de 2022. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les températures mondiales augmenteront de 1,9 °C d’ici la fin du siècle si aucune mesure n’est prise. Toutefois, à ce rythme, le monde se dirige vers un réchauffement de 2,7°C d’après l’ONU.

Les énergies fossiles au cœur du débat

Le terme « combustibles fossiles » est utilisé. Les combustibles fossiles, principale source d’émissions de gaz à effet de serre, n’ont pas été mentionnés dans l’accord de Paris mais pourraient être inclus dans le document final. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a reproché aux gouvernements de faire des promesses vides alors que l’industrie des combustibles fossiles continue de recevoir des milliers de milliards de subventions ou que des pays continuent à miser sur le charbon comme source d’énergie.

Le 26 novembre sera-t-il le jour de l’entente écologique ?

Si les nations peinent à trouver un consensus, il en va de la survie de la survie de millions d’êtres humains d’ici à quelques décennies.

La décision n’est pas entre les mains de la COP26, mais aussi des gouvernements mondiaux. Seront-ils capables de décider de laisser leurs intérêts capitalistes derrière eux et d’adopter un accord vert global ?