Le 20 juin 2017, le Roi Mohammed VI du Maroc a ordonné aux autorités compétentes de procéder au traitement immédiat de la situation des 13 familles de ressortissants syriens, accompagnées d'enfants et de personnes âgées, bloqués à la frontière algéro-marocaine depuis fin avril 2017.
 

Chose qui fut faite puisque les autorités marocaines ont accueilli ces familles à Figuig, ville marocaine limitrophe de l'Algérie. Ces familles syriennes ont décidé collectivement de se rendre tous à Rabat où elles ont été reçues, le 21 juin 2017, au siège du Conseil National des Droits de l'Homme où elles ont dénoncé les autorités algériennes qu'elles accusent de non-assistance et de mauvais traitement depuis leur arrivée dans ce pays via la Libye et jusqu'à l'heure de la délivrance et elles ont également remercié le Souverain marocain pour son geste humaniste qui a mis à fin à leur intense et cruelle douleur.
Pour rappel, ces 41 réfugiés syriens, dont 17 enfants âgés de 2 à 14 ans, étaient bloqués dans une zone tampon à la frontière entre le Maroc et l’Algérie, près de la ville de Figuig depuis le 17 avril 2017. Le Maroc avait refusé de régulariser ces réfugiés, estimant que la responsabilité revenait à l'Algérie qui les a expulsés vers la frontière.

Depuis, ils ont été totalement délaissés par les autorités algériennes dans des conditions inhumaines sans aides ni secours et en proie aux morsures du soleil, des scorpions et des vipères.
Par la suite, dans un semblant de sursaut humanitaire, les responsables algériens annoncent, tambour battant, le 02 juin 2017, à l'opinion internationale leur intention d'accueillir ce groupe de réfugiés syriens suite à une demande du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) ; mais comme à l'accoutumée, quelques jours plus, ils opèrent une volte-face et décident de ne pas honorer leur promesse, abandonnant ces familles syriennes à leur dramatique sort et multipliant des appels à l'aide.
Ces appels ont été entendus par le Souverain marocain qui, en vertu de considérations humanitaires, et à titre exceptionnel, a mis un terme au calvaire de ces réfugiés syriens.
Ce nouveau geste du Roi du Maroc, traduit l’engagement humaniste du Maroc dans le traitement des problématiques migratoires et intervient en ces jours du mois de Ramadan, mois de piété et de solidarité et où le monde célèbre, ce mardi 20 juin 2017, la journée mondiale des réfugiés.
D'ailleurs, le représentant du bureau marocain du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR), Jean Paul Cavaliéri, a déclaré toute sa reconnaissance envers le Roi Mohammed VI pour le traitement immédiat de ce dossier et a mis en exergue la politique "volontariste, humaniste et pragmatique avec laquelle le Royaume traite les questions migratoires et d'asile".
Que peut-on attendre des responsables algériens en matière de contrôle migratoire et de traitement des réfugiés africains ou autres quand ils n'arrivent pas à subvenir aux besoins vitaux des Algériens ? Rien ! Du vent et des belles paroles !
Aujourd'hui, ses soeurs et frères Syriens sont les bienvenus au pays de l'humanisme qu'est le Maroc où ils fêteront dans la joie l'Aïd Fitr (fin du mois de Ramadan).

Farid Mnebi

En Algérie, une région totalement ignorée et sa population violemment réprimée par les autorités algériennes ne cessent de réclamer son autodétermination depuis 1962, date de l'indépendance algérienne.
Cette région n'est autre que la Kabylie et sa population les Kabyles, un peuple Amazigh (Berbère), celui-là même qui a combattu seul pour libérer l'Algérie du joug colonialiste français et dont les leaders ont été assassinés sauvagement, torturés et emprisonnés dans des conditions qui dépassent l'entendement humain.
Dernier acte sauvage des responsables algériens la répression qui s'est abattue férocement sur le peuple Kabyle qui manifestait pacifiquement, le 14 juin 2017, dans la ville d'Azazga, proche de Tizi Ouzou, en hommage aux martyrs du Printemps noir de 2001.
Une nouvelle page noire vient d'être écrite par les responsables algériens quant au respect des Droits de l'Homme où l'on a pu constater l'arrestations musclée de centaines de manifestants, pour la majorité transférés aux urgences. 
J'invite les lecteurs à visionner la vidéo mise en ligne par le quotidien algérien "Le Matin d'Algérie" où l'on voit nettement Madame Rachida Ider, Présidente de la Coordination Ouest du mouvement, violemment traînée par terre par des policiers qui se sont acharnés sur elle en la rouant de coups".
Face à cette sanglante répression des forces de sécurité algériennes, force est de s'interroger sur le silence complice de la classe politique algérienne, d'une certaine presse locale, des ONG's et autres associations de défenseur des Droits de l'Homme toujours promptes à s'attaquer au Maroc, notamment sur les évènements d'Al Hoceima.
Elles ont tout simplement occulté sciemment le fait que dans cette région marocaine, aucun décès n'a été déploré, contrairement en Kabylie ou Ghardaïa, où les morts se comptent par dizaines et les blessés par centaines et ce, sans parler du peuple Chaoui chez qui toute tentative d'expression est réprimée dans le sang.
En conclusion, en observant ces évènements du 14 juin 2017 en Kabylie, on constate que le pouvoir algérien ne peut en aucun cas se débarrasser des méthodes utilisées lors de la révolte du Front des Forces Socialistes (FSS) en 1963, pendant le printemps berbère en 1980, lors des événements d’octobre 1988 et en 2001, sans compter les autres événements moins marquants.
Entre les évènements de la région du Nord Maroc et ceux de Kabylie et de Ghardia, il ne peut y avoir possible comparaison car dans le premier cas il s'agit de revendications sociales, contrairement aux cas algériens qui sont politiques.

Farid Mnebi

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Selon une annonce du Palais de l'Elysée faite le 08  juin 2017, le Chef de l'Etat français, Monsieur Macron, accompagné de son épouse, Madame Brigitte Macron, se rendra au Maroc le 14 juin 2017 pour une visite officielle de deux jours au cours de laquelle il rencontrera le Roi Mohammed VI.

Les deux Chefs d'Etat auront une série d'entretiens portant sur les relations bilatérales, ainsi que sur des questions d'intérêt commun relatives au Maghreb, au Sahel et au Moyen-Orient et le Sahara marocain

Le Roi Mohammed VI s'était dit convaincu que le partenariat franco-marocain gagnerait "en profondeur et en intensité" sous la présidence d'Emmanuel Macron, notamment dans la lutte contre le terrorisme, particulièrement dans la région sahélo-saharienne.

Il est acquis que cette visite officielle au Maroc, première sortie maghrébine pour le Président français, consolidera les relations et les liens entre la France et le Maroc et illustrera, une nouvelle fois, l'excellence des relations de partenariat qu'entretiennent les deux pays qui s'étendent également aux domaines cultuel, scientifique, culturel, mais aussi et surtout sécuritaire.

D'ailleurs, la France et le Maroc ont des appréciations identiques sur de nombreux dossiers internationaux, tels la stabilité du continent africain et la lutte contre le terrorisme. 
En outre, le Maroc est l'un des premiers partenaires stratégiques de l'Hexagone comme le témoigne l'implantation dans ce pays de milliers de sociétés françaises, dont l'essentiel des grandes entreprises du CAC 40, en plus de milliers d'autres PME opérant dans divers domaines, notamment l'industrie, les services ou l'offshoring.

De plus, une importante diaspora française est installée au Maroc, tout comme de nombreux Marocains résident en France, qui forment l'une des communautés les plus importantes de la diaspora marocaine de part le monde.

Enfin, le choix du Maroc par le Président français comme première destination au Maghreb, alors que d’habitude le privilège en revient à l’Algérie, est un véritable coup diplomatique pour le Maroc, un des premiers partenaires stratégiques français en Afrique et dans la région MENA.

Farid Mnebi

Suite à la Création d’une alliance politique dénommée ‘’Alliance des acteurs de la majorité présidentielle’’ composée d’une quinzaine de partis dont les leaders sont tous originaires de la moyenne Guinée, je me fais le devoir sacré d’attirer l’attention toute particulière de Monsieur le Président de la République Chef de l’Etat, des institutions Républicaines, du gouvernement, de l’ensemble des partis politiques, de la société civile et de tous nos concitoyens sur l’indispensable nécessité de conforter notre démocratie dans le respect uniforme et sans équivoque des dispositions de la constitution et de la loi organique portant charte des partis politiques en Guinée.

Je salue d’abord la sagesse de Monsieur le Ministre D’Etat BAH Ousmane pour son attachement indéfectible aux dispositions sacrées de notre constitution ainsi que de la Charte portant création, organisation et fonctionnement des partis politiques en Guinée qui interdisent toute forme d'organisation ou d'alliance politique à caractère ethnique ou régionale pour quelques motifs que ce soit. Monsieur BAH Ousmane affirme dans le journal ‘’l’Indépendant’’ republié par GUINEE 7.com, je cite: « C’est que le choix, les orientations de notre parti (l’UPR) nous imposent de ne pas appartenir à une organisation de caractère sous régionale et ethnique. »

Aux termes des dispositions de l’article 4 de la LOI ORGANIQUE L/91/002/CTRN DU 23 DECEMBRE PORTANT CHARTE DES PARTIS POLITIQUES,  « Les partis politiques par leurs objectifs, leur programme et leurs pratiques doivent contribuer :

- A la défense de la Loi Fondamentale, de la démocratie et de la souveraineté

nationale ;

- A la consolidation de l’indépendance nationale ;

- A la sauvegarde de l’unité nationale ;

- A la protection de la forme républicaine de l’Etat… »

Cette alliance des "Acteurs de la majorité présidentielle" (dirigée par des leaders politiques originaires du Fouta) est à démanteler car elle ancre davantage notre pays dans le régionalisme et l'ethnocentrisme qui sont les tumeurs et les cancers de notre unité et notre cohésion nationale.

 Et l’article 5 de la loi L/91/002 dispose qu’ :« Aucun parti politique ne peut, dans ses statuts ou dans ses actionspratiques, s’identifier à une région, à une ethnie, à un groupe linguistique, à une

Corporation ou à une confession religieuse. »

Chaque parti politique est particulièrement libre d'adhérer à des alliances ou ententes conformément aux dispositions de la constitution et de la charte des partis politiques mais jamais et vraiment jamais ouvrir la voie à la division du territoire national en des bastions politico-ethniques à des fins personnels pour plaire à une personne, un copain, ou un autre parti politique au détriment de l'intérêt supérieur de la nation.

Je souhaite que Monsieur le Président de la République, agisse  conformément à son Serment de veiller scrupuleusement au respect de la constitution, à la préservation et la  consolidation de l'unité nationale, pour que de telles alliances ne prospèrent pas dans notre pays.

Je n'appartiens à aucun parti politique en Guinée, mais je souhaite vivement que chaque parti  privilégie l'intérêt supérieur de la nation et non l'intérêt supérieur du ventre et de la poche du ou des fondateurs de partis politiques ayant oubliés que nous avons une nation à construire, un peuple à gouverner sur la base des dispositions constitutionnelles, légales et réglementaires à respecter car elles sont le fondement même de l'organisation et du fonctionnement de notre République.

Je ne suis contre aucune alliance politique en Guinée lorsqu'elle est en adéquation avec les dispositions de la constitution. Chaque leader politique doit  impérativement de par ses  propos ainsi que ses faits et gestes dans son travail et son environnement politique  œuvrer afin de sortir notre pays du clientélisme dé constructif, de la délation, du mensonge, de la corruption, de la démagogie, de la politique du ventre en mettant en avant son appartenance ethnique, clanique-mesquine et régionale.

Le Président de l'assemblée nationale française, Monsieur Claude BARTELONE a dit une célèbre phrase dans son souci de responsabilisation des Français quant à leurs devoirs d'engagement et d'appartenance à la République française: « la seule communauté que connait la France s'appelle la République, et qu'elle fait chacun de nous un citoyen, c'est à dire un acteur de notre destin commun ». Je crois que nous devrions nous en inspirer pour promouvoir, cimenter et incarner à jamais notre devoir d'édification d'une Guinée cohérente, unie et engagée pour sa prospérité et son émergence.

Au-delà des alliances politiques, chaque parti politique doit faire en sorte d'être le miroir du respect de la Constitution et de la charte des organisations politiques afin que nos concitoyens ne soient pas déboussolés dans nos 245857 Km de territoire que le bon Dieu nous a offert.

Aucun parti politique ne doit s'identifier à une région, une ethnie ou autre que d'être un parti national où tous nos concitoyens aurons le droit d'adhérer et de choisir non pas un oncle, un cousin, une ethnie, une région mais un Programme Politique, un Projet de Société qui exposent clairement les grandes orientations politiques, économiques et sociales du parti en question pour le développement harmonieux, homogène et durable de notre pays.

La finalité de tout parti politique ou alliance politique est de conquérir ou garder le pouvoir. C'est une responsabilité énorme que de vouloir ou pouvoir diriger et commander une République. Voilà pourquoi j'invite tous les leaders politiques de notre pays à oublier leur appartenance ethnique et de refuser de faire prévaloir leurs identités régionales du moment qu’ils prétendent exercer la responsabilité suprême de la République. Vous avez la lourde responsabilité de peaufiner des projets de sociétés réalisables et conformes aux attentes de la nation. Vous devez donc donner l'exemple en toute circonstance en respectant avant tout les dispositions de la constitution et de toutes les lois de la Républiques en étant convaincu de votre devoir fondamental de participer à l'éducation politique et civique de vos militants respectifs et donc de nos concitoyens en leurs inculquant les valeurs fondamentales de la République. Les partis politiques doivent être des sources de sagesse, de civisme, de patriotisme, d'amour de la nation, d'unité nationale, de cohésion nationale, de fraternité, de dignité, de refus et d'absence de toute forme de discrimination.

Les partis politiques de la République doivent absolument comprendre  Simone WEIL qui disait que: « il faut donner aux français quelque chose à aimer: la France. »

 A nous vous aussi de donner aux Guinéens quelque chose à aimer : LA GUINEE.

Aimer la Guinée c’est avant tout s’engager pour elle contre vents et marées en travaillant, en s’associant, en militant en toute responsabilité dans tout ce qui peut nous unir, nous souder, nous rendre heureux et faire de nous une NATION où on ne parlera que de République et non de région ou d’ethnie.

Pour conquérir le pouvoir et le grader, un parti politique ou alliance politique doit œuvrer par le verbe pour présenter un solide Projet de société qui définit les orientations stratégiques majeures devant guider la conduite de la nation et convaincre nos concitoyens sur les actions à mener pour le bonheur des guinéens qui ont besoin de stabilité, de paix, de tranquillité, de sécurité, de salubrité, de santé, de travail, de routes, d’électricité, d’autoroutes, d’écoles modernes pour ne citer que ceux-là.

Il appartient donc à la mouvance présidentielle et à l’opposition républicaine, de créer des alliances mais pourvu que cela se passe dans le respect scrupuleux de la constitution et de la Charte de partis politiques en Guinée en n’oubliant jamais que nous sommes tous des guinéens et que notre famille a besoin d’exemplarité, de probité, de cohésion et surtout de grandes idées et actions politiques pour une fraternité puissante et maitrisée.

SOUARE Mamadou Soumayé

Diplômé de l’Institut de Préparation à l’Administration générale de l’Université de Poitiers (IPAG)

Conseiller Citoyen de la Ville de POITIERS

Président de l’Association pour la Promotion des Valeurs de la République, Poitiers France

Tel : 00 336 65 92 22 55

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Comme annoncé, l'avion présidentiel français a atterri à l'aéroport de Rabat-Salé, ce mercredi 14 juin 2017. A sa descente de l'avion, le Président français, Monsieur Emmanuel Macron, et son épouse, Madame Brigitte Macron, ont été accueillis par le Roi Mohammed VI, Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma et de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Keltoum.

Au Palais Royal de Rabat, les deux Chefs d'Etat ont eu un entretien en tête-à-tête portant sur des sujets d'intérêt commun. A l'issue de cet entretien, le Président Emmanuel Macron a déclaré à la presse internationale et nationale "avoir été très touché par la marque d'amitié du Roi du Maroc et souhaiter la consolidation de la politique culturelle, linguistique et éducative liant la France et le Maroc". Le Chef de l'Etat Français a également affirmé son entente parfaite avec le Roi Mohammed VI sur la situation en Libye, au Sahel, en Afrique et sur la crise du Golfe mais aussi sur la lutte contre le terrorisme et toutes les formes de son financement.

S'agissant de la situation à Al Hoceima, le Chef de l'Etat Français a indiqué que "le Roi Mohammed VI estime qu'il est légitime qu'il y ait des manifestations dans cette région du Maroc, son souhait à l'apaisement et de répondre aux attentes des citoyens".

Quant à la question du Sahara marocain, il a été réaffirmé la position constante de la France sans possibilité de changement.

Entre temps, Madame Brigitte Macron a visité en compagnie de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma et Son Altesse Royale la Princesse Lalla Keltoum une exposition consacrée au grand artiste du XXème siècle, Pablo Picasso, au Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain de Rabat (MMVI).

En début de soirée, le couple présidentiel français a été reçu par le couple Royal Marocain en leur résidence de Dar Al Salam où le Roi Mohammed VI a offert à ses illustres hôtes un Iftar (rupture du jeûne) qui se voulait avant tout familial.

On peut donc, au regard des intenses activités du Président Français en ce jour du 14 juin 2017, affirmer que cette visite de Travail et d'Amitiés a été un franc succès et annonce une nouvelle page dans le partenariat bilatéral fort et pérenne entre les deux pays.

Cette visite du Président Macron au Maroc est aussi une première dans le sens où il a choisi de se rendre d’abord au Maroc avant tout autre destination maghrébine, provoquant l'ire de la presse algérienne ; un signal très clair émis par l’Elysée et une nouvelle victoire diplomatique marocaine, n'en déplaise aux responsables algériens qui ne pourront jamais s'opposer à ce qu'une nouvelle page dans les relations séculaires entre le Maroc et la France s'écrive en lettres d'or.

Farid Mnebi

La cérémonie d’ouverture du Forum de l’Etudiant Guinéen, voulu par le Gouvernement comme un cadre de discussions ouvertes, présidée par le Président de la République, a été marquée par la mort tragique du vice-recteur de l’Université de Sonfonia.

Mais, grande a été personnellement ma déception de voir certains de nos concitoyens reléguer ce drame au second plan, voire l’ignorer, préférant, au contraire mettre l’accent dans leurs commentaires sur ce qui semble être un événement normal, à savoir l’expression forte d’un besoin par une frange de la population à l’adresse du Président de la République dont la réaction proportionnée est une leçon. La plupart des commentaires et analyses relatifs au comportement des étudiants et la réaction du Président de la République devraient, à mon avis, tenir compte d’un certain nombre de facteurs.

Qu’il me soit, tout d’abord, permis ici de m’adresser à la famille éplorée du vice-recteur en lui présentant mes condoléances les plus attristées. En effet, même si la mort est le destin incontournable que toutes les créatures vivantes se partagent, je peux imaginer que les conditions dans lesquelles est survenue celle de Monsieur TOURE, sont difficiles à supporter pour les membres de sa famille. Je les appelle au courage et à considérer que cela était déjà écrit par le Bon Dieu et faisait partie de son destin. Ils doivent, au contraire, être fiers car leur fils, leur papa, leur mari  est mort au travail, dans l’honneur, en train d’accomplir son devoir.

En poussant l’analyse plus loin, la mort de Monsieur TOURE n’est-elle pas la conséquence du choc qu’il a ressenti d’une situation incongrue, lui qui, comme le Ministre de l’Enseignement supérieur, comme les autres Ministres du secteur de l’Education, comme le Premier Ministre, comme le Président de la République étaient venus, décidés à procéder à une analyse pertinente des difficultés rencontrées par des étudiants guinéens  pour y apporter des solutions appropriées. Ils voudraient que ce Forum soit l’occasion d’un diagnostic partagé des problèmes de l’étudiant guinéen en vue d’une restructuration profonde de notre Enseignement supérieur pour une optimisation et une efficience de la formation de nos étudiants.

 Tous ces responsables, y compris Monsieur  feu TOURE, pouvaient s’attendre certainement à tout, sauf à une revendication des étudiants sur les tablettes, tant cela est léger et tant les problèmes substantiels qui les concernent sont importants et préoccupants et à mille lieues d’une distribution de tablettes. A mon avis, les étudiants guinéens n’ont pas bien mesuré la gravité de leur comportement qui est contraire à leurs intérêts au moment où leurs problèmes font l’objet d’une particulière attention du Premier magistrat du pays et des responsables  du département de l’Education.

 Reconnaissons que ce comportement intervenu en présence des hôtes,  ne peut être apprécié et considéré comme un acte de civisme car avec leur acte, étrangers présents ne retourneront pas dans leur pays avec une image reluisante de notre pays.

 

A quel pourcentage leurs conditions allaient changer positivement si, au début de ce Forum, et comme suite à leur revendication, une réponse favorable leur était adressée, par exemple en programmant cette distribution de tablettes ? Je réponds à 0% car les problèmes sont structurels et c’est pour cela que des invités venus des différents horizons se sont joints aux professionnels guinéens du secteur pour réfléchir ensemble à des solutions globales. Les tablettes sont donc loin d’être la solution qui va solder leurs problèmes auxquels le Forum devrait réfléchir des heures et jours suivants. Le  contraste entre l’immensité des problèmes structurels de l’Enseignement supérieur dans notre pays et le manque criard de pertinence de la réaction  des étudiants en rapport avec les tablettes est déconcertant et préoccupant.

Quand les étudiants agissent d’une manière aussi innocente, inadaptée voire maladroite, est-il honnête de leur adresser des paroles douces au nom d’une soi-disant  promesse mais dont la mise en œuvre ne se prête pas ou plus au contexte ? Je pense que non. Je pense, au contraire, que la réaction du Président est donc normale et responsable. Elle est surtout honnête et naturelle. Pourquoi doit-il cacher son sentiment de colère contre une situation qui mérite qu’il s’énerve ? Exprimer son sentiment face à des étudiants pour les interpeller sur la réalité est justifiable devant l’histoire ; le contraire serait de la lâcheté.

Par ailleurs, s’agissant de promesse, il est évident qu’une promesse faite en pleine bonne foi ou un projet initié avec l’espoir d’en avoir un impact positif considérable peut se révéler inapplicable sans correction à cause d’un contexte qui rend son application en l’état, inutile voire inopportune.

En effet, s’il est vrai que le Président de la République s’est engagé à offrir des tablettes aux étudiants guinéens, il a tout aussi le droit de procéder à une analyse du contexte global qui préside à la mise en œuvre d’une telle promesse. A mon avis, il serait hasardeux et inutile de procéder à une distribution de tablettes à des étudiants dont la majorité possède des niveaux très bas-osons le dire- sans une analyse qui prendrait en compte des spécificités. Peut-on reprocher au Président d’avoir fait faire une analyse préalable en vue d’un ajustement pour une mise en œuvre  plus efficace et plus efficiente ?

La question ou plutôt la préoccupation qui devrait être celle des étudiants est l’amélioration de leurs conditions d’études et l’adéquation des études au marché de l’emploi. La revendication relative aux tablettes n’avait pas sa place au lancement du Forum de l’Etudiant Guinéen.

La plupart des observateurs, experts de l’éducation, estiment que l’étudiant guinéen répond très difficilement à son nom d’étudiant car de par leur niveau, beaucoup  d’universitaires guinéens peuvent se comparer difficilement à un vrai collégien. Je le sais personnellement pour avoir donné des cours à l’université.

Contrairement à ce qui peut être le sentiment de certaines personnes, je pense, pour ma part, que le Forum a permis de mettre au grand jour la nécessaire formation et sensibilisation des étudiants sur les vrais problèmes qui sont les leurs et l’urgence de s’y atteler. »

Saadou NIMAGA

Secrétaire Général du Ministère des Mines et de la Géologie

Conakry, le 1er Juin 2017 - Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi 1er juin 2017 de 10h00 à 13h avec l'ordre du jour suivant :

 1.     Message de son Excellence Monsieur le Président de la République ;

2.     Compte rendu des sessions ordinaires du Conseil interministériel tenues le 23 et 30 mai 2017 ;

3.     Décisions ;

4.     Divers.

 Au titre du premier point de l’ordre du jour, Monsieur le Président de la République a invité le Gouvernement à sensibiliser les organisations patronales pour prévenir les mouvements sociaux en maintenant un dialogue social permanent et en engageant à temps les discussions avec les syndicats de travailleurs.

Le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement à veiller à une mise en cohérence des différentes structures de contrôle de gestion et de lutte contre la corruption et de vérifier qu’il n’y ait pas de conflit de compétence entre elles.

Le Président de la République a demandé aux ministères en charge du système éducatif d’assurer une sécurisation optimale des examens de fin d’année afin d’éviter toute forme de fraudes. Il a insisté pour que soit effectué un contrôle des statistiques afin de parvenir, le cas échéant, à des économies substantielles sur le budget national.

Le Chef de l’Etat a demandé que soient prises des mesures pour rehausser le taux de scolarisation des jeunes filles afin qu’il reflète mieux leur pourcentage dans la population.

Le Chef de l’Etat a exigé l’arrêt total et immédiat de la coupe de bois dans la forêt de Démoudoula, commune de Ratoma.

Le Président de la République a appelé à renforcer notre coopération avec l’Egypte, le Canada et l’Italie.

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier Ministre a introduit le compte rendu des sessions ordinaires du Conseil interministériel tenues les 23 et 31 mai 2017.

Le Conseil a entendu successivement : 

Pour la session du 23 mai 2017 :

  

AU TITRE DES COMMUNICATIONS 

Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a fait une communication relative à la problématique de la protection et conservation des espèces menacées d’extinction sur les Monts Nimba. 

Il a déclaré que la problématique de la protection et conservation des espèces menacées d’extinction dans la réserve de biosphère des Monts Nimba constitue un enjeu à l’échelle internationale et représente une grande préoccupation pour le Gouvernement guinéen. 

Le Ministre a rappelé que l’Institut de Recherche Environnementale de Bossou (IREB) a été créé en 2001 par Arrêté N°2001/4448/MESRS/CAB sous tutelle du Ministère en charge de la Recherche Scientifique. Il est le fruit de la collaboration entre la Direction Nationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique et l’Institut de Recherche en Primatologie de l’Université de Kyoto du Japon (KUPRI). 

Il a précisé que l’IREB en tant qu’institution publique de recherche, est chargée de :

 §  Renforcer les dispositifs de sauvegarde de la réserve de biosphère des Monts Nimba, classée Patrimoine Mondial ;

§  Mener des activités de recherche en primatologie dans les réserves de biosphère des Monts Nimba, du Ziama, de Diecké et d’autres aires protégées de la Guinée et des pays voisins ;

§  Mener des activités d’éducation environnementale des populations riveraines des sites d’études en vue de leur intégration dans la gestion durable des ressources naturelles et culturelles ;

§  Etablir et développer des relations de coopération scientifique et technique avec les autres institutions homologues nationales et étrangères de recherche.

 Le Ministre a informé que les activités de recherche conjointement menées par IREB/KUPRI, ont révélées très tôt que les chimpanzés de Bossou se distinguent des autres par la coexistence pacifique et harmonieuse avec les habitants du village qui les considèrent comme la réincarnation de leurs ancêtres et par l’existence d’une tradition d’usage d’outils unique au monde : concassage de la noix de palme à l’aide de la pierre, le pillage du cœur du palmier, la pêche aux fourmis, la récolte des algues.

 Le Ministre a indiqué que parallèlement aux activités de recherche, la coopération a apporté des contributions au développement des villages riverains par la construction d’une école primaire et de latrines, un centre de santé et la fourniture d’équipements scolaires aux écoles.

 Le Ministre a déploré que malgré des efforts de recherche et de protection des chimpanzés de Bossou et de leur habitat, la population des chimpanzés est en constante décroissance passant de 22 à 7 individus entre 1976 et 2017.

Le Ministre a en outre évoqué que l’IREB demeure sans moyens financiers suffisants, ce qui l’empêche de poursuivre ses activités indépendamment de la coopération exclusive avec KUPRI. D’où la nécessité de réfléchir à la diversification des partenariats en explorant de nouvelles pistes. 

Il a informé que l’IREB est reconnu comme une institution dédiée à la recherche scientifique sur l’environnement, lié à l’Université de N’Zérékoré et au Centre de Gestion des Monts Nimba. A ce titre, l’IREB doit recentrer son programme de recherche sur un rayon plus large qui embrasse les nombreuses espèces de la biodiversité présentent dans la région forestière de la Guinée.

Le Ministre a affirmé que l’IREB aura l’opportunité de poser les problèmes concernant la conservation des chimpanzés de Bossou, lors de l’Atelier d’actualisation de la stratégie nationale de la conservation des chimpanzés qui sera organisé en septembre 2017, par le Ministère en charge de l’Environnement.

Il a souhaité que le Gouvernement s’engage à assurer les mesures d’accompagnements suivantes : 

-         L’aménagement hydro-agricole de la plaine de Leyba pour recaser toutes les familles déplacées ;

-         Le recrutement et l’engagement en qualité de contractuels permanents des guides de l’IREB.

    

Au cours des débats, les observations ont porté essentiellement sur :

-      Le travail en synergie avec les Ministères en charge de l’Environnement, du Tourisme et de l’Administration du Territoire notamment pour le reboisement des corridors et la conservation de la forêt ;

-      La nécessité d’identifier les services spécialisés pour donner les statistiques sur la faune de la forêt de Ziama ;

-      Le reflet dans le budget national de la prise en charge des priorités du Gouvernement liées à la problématique de la protection et de la conservation de l’environnement dans notre pays afin de permettre au Ministère en charge de l’Environnement de jouer pleinement son rôle. 

Au terme des débats, le conseil soutient l’initiative du Ministre et l’invite à travailler en synergie avec les départements sectoriels concernés afin de protéger et conserver les espèces menacées d’extinction aux Monts Nimba. En outre le Conseil demande un appui au Ministère pour la réalisation des engagements du Gouvernement. 

Le Ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a fait une communication relative l’adhésion de la République de Guinée à l’initiative « Ecoles et Langues Nationales » en Afrique (ELAN-AFRIQUE). 

Il a indiqué que l’objectif de sa communication est de solliciter le soutien du Gouvernement pour l’envoi d’une mission exploratoire et de cadrage de l’OIF d’un agent du programme ELAN-Afrique et un expert en bilinguisme dans la semaine du 12 Juin 2017 afin d’accompagner la Guinée dans la finalisation de son plan d’action national et présenter l’avantage de l’ELAN-Afrique aux autorités Guinéennes.

 

Le Ministre a rappelé que pour la promotion d’un enseignement de qualité, la République de Guinée a adhéré à l’initiative Ecoles et Langues Nationales, le 21 Avril 2015 après une longue démarche auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie depuis 2012. 

Il a précisé que les documents institutionnels, juridiques et pédagogiques pour l’introduction des langues nationales avaient été élaborés. 

L’une des clefs du succès de la scolarisation primaire universelle en Afrique Francophone est le bilinguisme (français et langues nationales). 

Le Ministre a soutenu que l’enseignement exclusif du Français dans les zones rurales favorise l’échec scolaire de nombreux élèves d’après les experts pédagogiques. L’initiative ELAN-Afrique vient corriger cette problématique. D’autres pays africains : Benin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, RDC, Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Madagascar ont démarré leur deuxième phase de mise en œuvre de l’initiative. 

Il a déclaré que les partenaires sont : l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Agence Française de Développement (AFD), le Ministère Français des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI), l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Ils assurent le pilotage par le Comité de Coordination Internationale (CCI), le Comité d’Orientation Internationale (CIO) et le Comité Scientifique (CSI). 

Au niveau national, un Comité de pilotage, un Comité Technique et un point focal sont créés. L’initiative est pour toute l’Afrique au sud du Sahara.

 Au cours des débats, les observations essentielles ont porté sur : 

-      La problématique de l’impact de l’intégration de la langue nationale pour l’apprentissage des matières scientifiques ;

-      La nécessité de clarifier s’il s’agit d’enseigner les langues nationales dans les écoles comme matières ou d’enseigner dans les langues nationales ;

-      La nécessité de soumettre la question à la Commission nationale de réflexion sur l’éducation pour examen et avis.

 Au terme des débats, le Conseil a demandé au Ministre de prendre en compte toutes les préoccupations soulevées notamment les aspects juridiques liés à la Loi fondamentale et de trouver des réponses appropriées lors de ses entretiens avec la mission de l’OIF puis de faire un nouvel exposé sur le sujet à l’issue de cette rencontre, avant toute mise en œuvre de l’initiative. Par ailleurs le Ministre est invité à tirer tous les enseignements des expériences des autres pays africains. 

Le Ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a fait une communication relative au déroulement des examens nationaux, session 2017.

Il a informé que dans le cadre des préparatifs de ces examens, son département a réalisé plusieurs activités dont entre autres : 

-         L’élaboration du chronogramme détaillé des examens nationaux ;

-         L’identification des centres d’examens ;

-         Le contrôle répété des listes saisies des candidats ;

-         La prise des photos numériques de tous les candidats.

 Le Ministre a annoncé que conformément aux dispositions du décret N°97/196/PRG/SGG portant organisation du système d’éducation en République de Guinée, l’examen d’entrée en 7ème Année s’appellera désormais « Examen de fin d’études élémentaires » et un Certificat d’Etudes Elémentaires (CEE) sera délivré aux admis en lieu et place des Attestations d’admission actuelles.

Il a informé que la décentralisation de cet examen sera effective cette année. Elle consistera au transfert des pouvoirs de décision concernant ce type d’examen, de l’administration centrale aux structures de base. 

Le Ministre a précisé que la proclamation de l’ensemble des résultats se fera deux semaines après la fin des épreuves pour chaque type d’examen.

 Il a présenté la physionomie des différents examens comme suit : 

Effectifs des trois Examens Nationaux : 426 272 Candidats ; 175 649 (Filles) ; 1 777 Centres.

 1.     Examen de fin d’Etudes Elémentaires (CEE) : du 19 au 21 Juin 2017.

203 205 Candidats ; 87 909 Filles ; 982 Centres 

2.     Brevet d’Etude Premier Cycle (BEPC) : du 29 Juin au 04 Juillet 2017.

127 871 Candidats ; 53 232 Filles ; 454 Centres 

3.     Baccalauréat Unique : du 07 juillet au 11 Juillet 2017.

95 196 Candidats ; 34 508 Filles ; 381 Centres 

Le Ministre a rassuré le Conseil de l’engagement et la détermination de son département à organiser des examens nationaux crédibles et sans ambiguïtés. 

Au cours des débats, les observations ont porté essentiellement sur : 

-      L’urgence de transmettre à temps le budget de l’organisation des examens aux Ministères en charge des Finances et du Budget pour prise en compte;

-      La croissance du taux d’abandon scolaire du primaire au baccalauréat ;

-      La nécessité de pérenniser les acquis dans l’organisation des examens, notamment la « Tolérance Zéro » et la délibération rapide des résultats des examens ;

-      La prise en compte de la faiblesse du transport en commun dans la programmation zonale des élèves et la fixation de l’heure de début des épreuves.

 

Au terme des débats, le Conseil recommande au Ministre d’approcher ses homologues du MEF et du Budget, pour dispositions à prendre. 

Pour la session du 30 mai 2017 :

 

AU TITRE DE l’EXAMEN DE TEXTES

 

Le Ministre de la Justice a soumis, pour examen, l’avant-projet de Loi portant institution, organisation et fonctionnement du Tribunal de Commerce de Conakry. 

Il a rappelé que la Loi N° 2015/019/AN du 13 août 2015 portant organisation judiciaire prévoit des tribunaux de première instance pour connaitre, en premier ressort, de tous les types de contentieux, y compris le contentieux commercial et ce, avec des formations exclusivement composées de magistrats professionnels. 

Le Ministre a évoqué que les litiges commerciaux ne se limitent plus aujourd’hui aux contentieux entre commerçants ou portant sur des opérations de nature commerciale, les domaines traités intéressant désormais des champs aussi divers que le droit des sociétés et le droit de la concurrence, entre autres. 

Il a indiqué que, dans un contexte international de plus en plus complexe, le concept d’une justice rendue exclusivement par des magistrats professionnels ne rend plus compte de la réalité du monde des affaires. Dans notre pays, cela est encore plus vrai en ce qui concerne la zone spéciale de Conakry où l’activité économique se développe à un rythme relativement accéléré par rapport au reste du pays.

 Le Ministre a affirmé que c’est pour assurer une prise en charge cohérente, efficace et diligente des litiges économiques qu’il convient de créer un Tribunal de commerce pour la zone spéciale de Conakry. 

Il a précisé que ce tribunal spécialisé, permettra de rendre une justice plus rapide et a priori plus acceptable, ce qui peut améliorer le climat des affaires et favoriser le développement des investissements en Guinée. 

Le Ministre a précisé que le présent projet de Loi est articulé autour des trois chapitres ci-après :

Chapitre I : Institutions et compétences ;

Chapitre II : Organisation et fonctionnement ;

Chapitre III : Dispositions transitoires et finales.

 

Au cours des débats, les observations essentielles ont porté sur :

 

-      La nature de l’instance du Tribunal de Commerce de Conakry ;

-      La nécessité de formation de magistrats spécialisés en matière commerciale ;

-      La précision les qualifications du Président du Tribunal de Commerce ;

-      La problématique d’étendre les compétences de ce Tribunal à l’ensemble du territoire national.

 

Au terme des débats, le Conseil recommande la prise en compte des observations pertinentes formulées et l’adoption du texte par le Conseil des Ministres.

 Le Ministre de la Justice a soumis pour examen l’avant-projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées.

 Il a indiqué que l’ampleur du fléau transnational, que représentent la corruption et les infractions assimilées et les graves menaces transversales qu’il véhicule, justifient l’élaboration de ce projet de loi entrant dans le cadre du renforcement de la législation nationale et visant essentiellement la garantie de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, privées et de la société civile. 

Le Ministre a défini la corruption comme étant un phénomène social d’une incommensurable gravité, qui dérègle profondément le mécanisme normal de fonctionnement des organes et services de l’Etat, ainsi que des entreprises publiques, et porte durement atteinte à l’image de marque des fonctionnaires de l’Etat et à l’attractivité de l’investissement. 

Il a précisé que la présente loi et le nouveau code pénal étendent la notion de corruption, conformément aux Conventions des Nations-Unies et de l’Union Africaine ainsi qu’au Protocole de la CEDEAO, principalement à la concussion, l’enrichissement illicite, l’abus de biens sociaux, le délit d’initié, la corruption proprement dite, le trafic d’influence, l’abus ou le détournement des pouvoirs dans l’attribution des marchés publics et autres infractions qui se sont dangereusement et scandaleusement généralisées au point d’être qualifiées de « fléau » .

Le Ministre a annoncé que pour contenir ce fléau, tous les aspects de la politique doivent être régis par les principes généraux de la prévention de la corruption à savoir : l’intégrité, l’objectivité, la transparence, l’honnêteté, la neutralité et la compétence professionnelle respectant l’égalité ontologique de tous les êtres humains et l’équivalence humaine garantie la concurrence loyale et la prise en compte du genre. 

Il a rappelé que l’expérience internationale laisse apparaitre que les textes pénaux sont insuffisants s’ils ne sont pas liés à une action plus large et coordonnée dans le cadre de la moralisation de la vie publique, comportant une action préventive ou de véritables programmes de lutte contre la corruption, s’accompagnant de la mise en place d’un organe spécialisé dans la détection, la prévention et rendant effective la lutte répressive contre la corruption et les infractions assimilées. 

Le Ministre a indiqué que cet organe sera chargé de mener l’exécution d’une stratégie nationale anticorruption comportant des éléments dont entre autres : 

-      L’élaboration et la mise en œuvre des politiques et stratégies de prévention de la corruption et les infractions assimilées ;

-      La collecte, l’analyse et la mise à disposition des autorités judiciaires chargées des poursuites relatives à la détection et la répression des faits de corruption et d’infractions commises par toute personne publique ou privée ;

-      L’éducation, en sensibilisant la communauté sur les effets néfastes de la corruption et en mobilisant le soutien du public ;

-      La réception et la conservation des copies de déclarations de patrimoine et de biens des personnalités visées aux dispositions légales en vigueur.

 Il a soutenu que le Gouvernement guinéen ayant inscrit son action dans la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption, les principes et valeurs à dimension constitutionnelle pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) a décidé : 

§  De doter la République de Guinée d’une Loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées et,

§  D’instituer un organe spécialisé et indépendant, dénommé « Agence Nationale de Lutte contre la Corruption et la Promotion de la Bonne Gouvernance (ANLC) », chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

 Le Ministre a précisé que le projet de loi soumis comprend Sept (7) chapitres, Vingt-neuf (29) sections et cent soixante (160) articles. 

Au cours des débats, les observations ont essentiellement porté sur : 

-      L’amélioration de l’article 38 en incluant les prescriptions médicales faites par des médecins en complicité avec des laboratoires ;

-      L’importance d’avoir une Loi contraignante pour moraliser la vie publique dans notre pays. 

Au terme des débats, le conseil recommande l’adoption du texte par le Conseil des Ministres, sous réserve d’amendement.

 

AU TITRE DU COMPTE RENDU

Le Ministre de l’Unité Nationale et la Citoyenneté a fait un compte rendu relatif à l’état des lieux à mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations de l’Examen Périodique Universel.

 Il a précisé que l’objectif ultime de l’Examen Périodique Universel (EPU) est d’améliorer la situation des droits de l’Homme dans tous les pays et de contribuer au traitement des violations des droits de l’Homme où qu’elles se produisent. L’EPU est un des piliers sur lesquels s’appuie le Conseil des droits de l’Homme. 

Le Ministre a indiqué que l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations     faites à la Guinée lors de son passage à l’Examen Périodique Universel 2015 fait par son département, démontre que les efforts entrepris actuellement par le Gouvernement au plan normatif, institutionnel, des politiques, des programmes et projets constituent des avancées significatives pour donner effet aux 179 des 194 recommandations acceptées dans le cadre de la réforme de la sécurité et de la justice, la mise en place de l’Institution Nationale des Droits Humains, les réformes engagées pour l’éliminations de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la lutte contre les mutilations génitales féminines, la traite des personnes, le processus de réconciliation nationale, quelques avancées sur le dossier du 28 septembre 2009 notamment.

 Au plan normatif, il faut noter l’adoption de plusieurs textes législatifs notamment :

 

§  Le nouveau code pénal et le code de procédure pénale ont tenu compte de l’harmonisation du cadre juridique pour la mise œuvre de la convention contre la torture ;

§  La convention internationale contre les disparitions forcées est transposée dans le code ;

§  Le nouveau code pénal a tenu compte de la question de l’abolition de la peine de mort et la pénalisation de la torture ;

§  L’adoption du code de justice militaire et la loi portant sur le maintien de l’ordre en dépit de certaines lacunes et objections ;

§  L’adoption de la loi sur le statut spécial des magistrats et la loi sur le conseil supérieur de la magistrature, la loi organique sur la Cour Suprême, la loi sur le régime juridique des établissements pénitentiaires et la loi portant sur le statut du personnel pénitentiaire ;

§  La loi portant institutionnalisation de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix.

 

Au plan institutionnel, il faut noter :

 

§  La mise en place de l’Institution Nationale des Droits Humains ;

§  La création d’un tribunal militaire, malgré quelques insuffisances ;

§  La réouverture de l’école nationale de la police ;

§  La mise en place du conseil de discipline de la police et de la protection civile ;

§  La création du fonds de sécurité sociale de la police et de la protection civile.

 

Au plan des politiques publiques, il faut noter :

 

§  Elaboration de la politique nationale de défense et de sécurité (PNDS) ;

§  Elaboration de la politique nationale de genre ;

§  Elaboration des modules de formation droits de l’homme pour les FDS ;

§  Elaboration des politiques sectorielles des cinq (5) secteurs prioritaires (Armée, Police et Protection Civile, Justice, Douane, Environnement) ;

§  Stratégie Nationale d’Action Prioritaires (SNAP, mai 2015).

 

Le Ministre a affirmé que le respect des engagements pris au nom du peuple de Guinée devant la communauté internationale est un facteur de crédibilité pour notre gouvernement, aussi bien sur le plan interne qu'externe. 

 

En rappelant qu’en 2019 notre pays sera de nouveau examiné sur la mise en œuvre des 179 recommandations acceptées, il a invité à œuvrer activement pour donner effet à ces recommandations qui permettront à notre pays d’améliorer la promotion et la protection des droits humains.

 

Dans cette perspective le Ministère, convaincu que la problématique des droits de l’homme dans notre pays est engagée de façon irréversible, sollicite et recommande :

 

§  Le soutien du Gouvernement pour l’organisation du forum national des Etats Généraux des Droits de l’Homme initié par son Département afin de doter notre pays d’une lettre de politique nationale de promotion et de protection des droits de l’homme qui prendra en compte et facilitera la mise en œuvre des recommandations ;

 

§  La redynamisation du Comité interministériel sur les droits de l’homme en le dotant de moyens techniques et financiers et en renforçant les bases légales de son fonctionnement pour garantir son efficacité ;

 

§   L’appui du Ministère des Affaires Etrangères afin de fournir une base de données actualisée des conventions, traités et protocoles relatifs aux droits de l’homme pour un meilleur suivi ;

 

§  L’implication réelle et effective des Départements ministériels ainsi que de leur administration pour le suivi et la mise en œuvre des recommandations ;

 

§  Le soutien pour la mise en place et le fonctionnement effectif du comité national de suivi et évaluation de l’EPU, de l'observatoire national sur les violences basées sur le genre ;

 

§  Et la mise en place effective de la Commission de réflexion sur les phénomènes de violences en Guinée, déjà créée par Décret qui a reçu les félicitations et les encouragements de l'ensemble de nos partenaires ainsi que de l'opinion publique nationale.

 

Au cours des débats, les observations essentielles ont porté sur :

 

-      La relation entre l’INDH et le MUNC ;

-      Nécessité de mettre les moyens matériels et financiers à la disposition des ministères concernés par la mise en œuvre des recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU) ;

-      Nécessité de faire adopter le Code civil au cours de la session des lois d’avril.

 

Au terme des débats, le Conseil apporte son soutien au Ministre et l’invite à travailler en synergie avec les Ministères concernés pour la mise en œuvre des recommandations de l’Examen Périodique Universel (EPU). Il sollicite un appui au Ministère pour la réalisation des actions prioritaires.

 

A l’issue des débats sur les différentes questions soulevées, le Conseil a décidé ce qui suit :

 

1.     Le Conseil demande que le Ministère en charge de l’Environnement soit également associé aux travaux de l’Institut de Recherche Environnementale de Bossou (IREB) et que sa structure prévoit désormais un poste de DGA pour ce département.

2.     Le Conseil invite le MESRS à se rapprocher de l’ambassade du Japon afin d’actualiser la convention avec l’Institut de Recherche en Primatologie de l’Université de Kyoto du Japon (KUPRI).

3.     Le Conseil demande au MESRS une mise à jour de l’évaluation du reboisement du corridor de passage des chimpanzés et au Ministère de l’Economie et des Finances de prévoir son financement.

4.     Le Conseil adopte le projet de loi portant institution, organisation et fonctionnement du Tribunal de Commerce de Conakry, sous réserve de la prise en compte des observations faites.

5.     Le Conseil adopte le projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées sous réserve de la prise en compte des observations faites.

 AU TITRE DES DIVERS 

La Ministre du Plan et de la Coopération Internationale a informé qu’en marge des Assemblées Annuelles du Groupe de la BAD, un accord de Don d’un montant de 27 millions USD a été signé avec le Fonds Koweitien, pour le cofinancement du projet de construction des routes nationales Dabola-Kouroussa et Kissidougou-Kondébadou.

Le Ministre en charge de la Jeunesse a informé de la célébration de la journée du 25 mai par la Jeunesse au Palais du Peuple.

Le Ministre de la Santé a informé de l’élection du candidat de l’Union Africaine, l’éthiopien Dr Tedros, à la Direction Générale de l’OMS. Cette élection constitue un succès diplomatique pour le Président de la République, Président en exercice de l’UA qui a soutenu la candidature de Dr Tedros auprès de ses pairs. C’est le premier africain élu à ce poste depuis la création de l’OMS.

Le Secrétaire Général des Affaires Religieuses a informé que les inscriptions pour le pèlerinage à la Mecque ont commencé.

Avant de lever la séance, le Chef de l’Etat, a donné de larges informations sur la situation internationale ainsi que ses visites de travail, notamment au G8 et en Egypte.

 Le Conseil des Ministres

 

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