Dans cet entretien accordé à notre rédaction avant la décision de la cour constitutionnelle confiant la présidence par intérim de la CENI à Kader Aziz Camara, le directeur du Département Formation et Accréditation de la CENI est revenu sur les raisons de la destitution de Bakary Fofana. Selon Jacques Gbonimy, l’Etat doit prendre ses responsabilités pour que la passation de services entre Bakary Fofana et Me Salifou Kébé se fasse.

La CENI est traversée par une crise, un bicéphalisme. Me Salifou Kébé et Bakary Fofana, chacun de son côté, se réclame être le président légitime de l’institution. Dites-nous, qu’est ce qui se passe à la CENI ?

Bon ! Nous avons fait une élection le 04 juillet dernier qui a connu une participation massive des commissaires. Sur les 23 en activités, 19 ont été présents dans la salle. Sur les 19, 18 ont voté pour Me Amadou Salifou Kébé. Donc, pour nous, ce n’est pas un bicéphalisme. Il s’agit peut-être quelque part que l’Etat prenne ses responsabilités pour que la passation se fasse. C’est une affaire interne à la CENI qui a été réglée à l’interne par les commissaires. On ne comprend pas pourquoi jusqu’ici les choses trainent. On pouvait parler de bicéphalisme, si Bakary pouvait convoquer même le bureau pour faire des réunions à plus forte raison convoquer la plénière. Mais aujourd’hui, il ne peut pas faire les deux choses. Et le pouvoir à la CENI c’est ça, puisque les décisions se prennent en plénière. Le bureau fait des propositions à la plénière, c’est elle qui valide et le bureau exécute. Si maintenant, Bakary s’assoie seul, il ne veut pas céder le bureau, il ne veut pas céder le véhicule, nous pensons qu’il n’y a pas de bicéphalisme à la CENI. On attend plutôt que l’Etat prenne la décision de faire une passation pour aller aux choses sérieuses, aux objectifs qui sont devant nous, qui sont les élections locales.

Quelles sont les raisons de la destitution de Bakary Fofana ?

Les décisions de la plénière n’étaient pas appliquées. Il y avait une opacité dans la gestion des moyens matériels et financiers. Je crois que c’est l’un des principaux points parce qu’on a demandé à ce qu’il y ait un outil de transparence qui est le comité de gestion et M. Bakary a dit non, ni le code électoral ni la loi qui crée la CENI ne parle de comité de gestion. On a vu que dans notre règlement intérieur, il y a une cellule de suivi des moyens matériels et financiers. C’est un outil de transparence que nous avons décidé de mettre en place depuis 2012, mais qui n’a jamais vu son application. On a dit d’accord, on ne crée pas un comité, mais on crée une cellule de suivi des moyens matériels et financiers dans laquelle, on verse le contenu du comité, puisque c’est le même contenu. Et c’est ce qu’il n’a pas voulu. C’est ce qui a amené  la réaction des commissaires en faisant cette lettre de pétition, de motion défiance pour convoquer cette plénière élective.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que les commissaires sont manipulés à partir de la présidence ?

Ceux qui le disent sont des ignorants. Je ne sais pas comment on peut être manipulés. On a fait une lettre de pétition dans laquelle, on a relevé tous les dysfonctionnements que la CENI a connus. Et les difficultés actuelles que nous avons connues il y a quelques mois à partir de nos démembrements qui ne sont pas payés depuis 6 mois, de même que les assistants techniques qui sont auprès de ces démembrements et qui sont des employés de la CENI qui ne sont pas payés au même titre que ces démembrements. Ce sont des problèmes réels. Comment on peut être manipulé puisqu’on dit, il n’y a pas d’argent dans les comptes de l’Institution. On a voulu savoir s’il n’y a pas réellement d’argent parce qu’on ne connait pas ce qui est dans le compte bancaire. Donc, c’est par ignorance que les gens disent que nous sommes manipulés. Ce sont des problèmes réels qu’on a soulevés. Ce ne sont pas des choses montées de toute pièce. Ceux qui pensent ainsi, ce sont vraiment des ignorants, ils ne savent pas ce qui se passe.

La passation de service qui était programmée ce 7 août, a été reportée à la dernière minute. Est-ce qu’on peut savoir le motif de ce report ?

Je ne suis pas dans le secret de l’autorité administrative. Mais nous pensons qu’après tout ce qu’on a fait, le Ministère de l’Administration devait prendre la responsabilité pour venir faire la passation. Mais retenez que c’est aussi un ministère de l’Etat. Il faut qu’il reçoive l’ordre de l’autorité supérieure. Donc, je pense que cet ordre-là, n’est pas donné au Ministère de l’Administration du Territoire pour venir faire la passation. De toutes les façons, on est en train de prendre des dispositions, pour pouvoir produire le chronogramme dans les meilleurs délais pour aller aux élections. Mais il faut retenir que tant que la passation n’est pas faite, on n’est pas informés de la gestion passée et même de l’actif de la CENI. Donc, la passation est nécessaire entre le président sortant et l’actuel qui est Me Salifou Kébé.

A vous entendre, tant que la passation n’est pas faite, vous êtes dans un blocus ?

Bloqué par endroit. On peut mener des activités, on peut monter des projets, on peut faire le projet de chronogramme, mais si le président n’a pas la signature à la banque et autres, on ne sera pas actif comme on doit l’être. C’est pourquoi, il faut que nous sachions quelles sont les possibilités de la CENI maintenant. Je crois qu’il revient au Gouvernement de donner les moyens à la CENI pour aller faire ce travail, produire un chronogramme et faire tout ce qu’il y a à faire comme activités d’urgence pour aller vite aux élections locales.

Est-ce que techniquement, c’est possible d’organiser les élections avant la fin de l’année 2017 ?

C’est le chronogramme qui le dira. On vient d’avoir le code électoral qui était un élément de blocus pour nous. Parce qu’avec la combinaison des élections communales et des élections de quartiers et de districts, on avait besoin de ce code, pour voir comment on va marcher. C’est le cadre juridique, le support principal de tout ce que nous avons à faire en terme de chronogramme, en terme de planification puisque le chronogramme se fait sur la base des délais. Et ces délais, sont généralement des délais légaux. C’est le code électoral qui peut nous donner ça. Maintenant que nous avons le code, il suffit de nous mettre en plein droit de nos pouvoirs et mettre les moyens à disposition pour aller au travail.

Certains sollicitent le couplage de ces élections à celles des législatives. Est-ce que la CENI a la capacité de les coupler?

Ça, ce n’est pas à l’ordre du jour de la CENI. Si nous devons produire un chronogramme, ce sont les élections locales qui sont concernées. Nous allons produire un chronogramme pour les élections locales, pas pour les législatives qui sont encore loin de nous. Le couplage si ça a lieu, ça ne sera qu’une décision politique qui va peut-être s’imposer à nous. Mais pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour.

Est-ce que le budget de ces élections est prévu dans la loi de finance 2017 ?

En fait, il y a un des éminents députés, le président du groupe parlementaire de la mouvance qui a dit que non, ce n’est pas mis dans les opérations parce que la date n’était pas encore fixée, mais que c’est prévu dans les dépenses communes. Donc, on suppose que l’argent des élections locales existe avec le ministère des Finances et quand le chronogramme va sortir, alors les moyens vont être mis à la disposition de la CENI. Et puisque nous avons décidé de gérer maintenant les fonds de l’Etat et des partenaires dans la transparence avec la mise en place d’une Cellule de suivi des moyens matériels et financiers, j’invite l’Etat à nous faire confiance et les partenaires aussi  à nous soutenir parce que leurs moyens ne vont pas être dilapidés comme on l’a vécu par le passé.

Pourquoi la CENI ne participait pas aux travaux du comité de suivi des accords du 12 octobre 2016 ?

Tout ça, c’est le résultat de la mauvaise gouvernance à la CENI. On est en train de parler des accords. Ce sont les accords qui ont demandé de mettre en place un comité de suivi. Pourquoi la CENI refuse d’aller là-bas. C’est ce dernier temps que le vice-président est allé nous représenter au moment où le Ministre de l’Administration qui se plaignait tout le temps était maintenant fatigué. Mais on va revoir toute cette situation pour que la CENI soit encore mieux représentée. On ne doit pas bouder ce comité-là.

Un commissaire de la CENI annonce son retour dans l’arène politique dès après la fin du mandat des commissaires en 2019. Est-ce que c’est le cas chez vous ?

Celui qui veut le faire, s’est déjà annoncé sur certaines radios. Mais bon, puisqu’il est d’abord à la CENI, l’avenir dira si ce qu’il a dit c’est vrai ou faux. Quant à ma personne, je n’ai rien à dire pour ce moment. Nous sommes à la CENI jusqu’en 2019 selon ce que la loi prévoit. On ne sait pas ce qui doit arriver en 2019. Donc, je suis libre de retourner en politique ou de continuer à aller sur le plan technique dans les institutions parce que mon expérience me permet de travailler dans les institutions internationales. Ce sont des alternatives qui peuvent s’offrir à nous. C’est pourquoi fermer la CENI aujourd’hui ou demain, ce n’est pas un souci pour moi.

Votre message à l’endroit des autorités ?

L’autorité ne doit pas regarder le fruit en train de pourrir et continuer à rester inactive. Il revient au pouvoir exécutif d’aller au secours des institutions quand il y a des problèmes. Nous avons fait une élection légale conformément aux textes qui nous régissent. Je crois que le résultat n’est pas contestable parce que la loi nous le permet. Il s’agit pour l’autorité de prendre ses responsabilités maintenant pour asseoir l’autorité de la CENI. Je crois que le Chef de l’Etat a la volonté d’aller aux élections, mais il a aussi le devoir de régler le problème à la CENI et de mettre les moyens à la disposion de l’Institution électorale pour aller à ces élections qui ont trainé depuis 11 ou 12 ans maintenant. Le peuple de Guinée a aujourd’hui besoin d’aller à ces élections. Nous avons aussi les moyens techniques, il faut mettre à notre disposition les moyens financiers pour réaliser ces élections locales.

Source: L'Indépendant (journal)

Dans cet entretien, le ministre Conseiller à la Présidence de la République, Tibou Kamara, évoque des questions liées à l'actualité sociopolitique de la Guinée. Pêle-mêle, il parle de l'affaire du 28 septembre 2009, le troisième mandat et la crise à la Ceni. Interview

Parlant de justice, on a suivi comme tous les guinéens, vous avez fait une demande personnelle au Chef de l’Etat pour pouvoir témoigner dans le dossier du 28 septembre 2009. D'ailleurs, c’est devenu une question sempiternelle en Guinée. Pourquoi ?

D’abord je ne vais pas donner le sentiment de bénéficier ou de vouloir bénéficier de quelques protections que ce soit ou donner des sentiments d’avoir peur de la justice. Je l’ai dit dans ma tribune, je ne connais aucun innocent que n’importe quelle justice au monde ferait trembler. Donc pour mettre fin à la suspicion ou aux sentiments d’impunité ou de supériorité de certains d’entres nous, il est tout à fait normal lorsqu’il s’agit d’une affaire aussi importante que celle du 28 Septembre pour la quelle les Guinéens attendent à la fois la vérité et la justice.

Je voudrais juste vous dire qu’en ce qui me concerne personnellement tout le monde a suivi les combats qu’on a menés ici avec les autres pour qu’il y ait la liberté et la démocratie dans ce pays et je pense que ce sont des acquis importants qui nous appartiennent à chacun d’approfondir. Moi je ne me sens pas protégé par une fonction et d’ailleurs je n’ai aucune obsession d’un poste Ce qui m’est le plus cher, c’est mon honneur et ma liberté. C’est pourquoi je le précise n’ayant pas reçu de convocation ou d’invitation d’aller témoigner et jusqu’au moment où je parle, c’est une précision qui est extrêmement importante pour ne pas entretenir la confusion et la suspicion dans l’opinion. Jusqu’au moment où je parle.

Moi Tibou Camara, citoyen de ce pays je n’ai pas reçu d’invitation à me présenter devant la justice pour témoigner dans l’affaire du 28 Septembre 2009  mais comme je l’ai appris par la presse et puis,  quand même je suis un homme assez organisé qui sait plus ou moins ce qui se passe dans le pays. J’ai entendu dire que cela était une éventualité donc j’ai demandé au Chef d’Etat lorsque cela arriverait de bien vouloir m’autoriser à aller témoigner parce que vous savez, on est dans un pays où lorsque l’information n’est pas connue du grand nombre, on a tendance à manipuler l’opinion publique.

Je n'ai rien à me reprocher et en tant que citoyen je crois profondément aux institutions de notre pays et respecte l’Etat de droit donc j’estime que si on a besoin de moi aussi bien dans cette affaire ou dans d’autres,  il est de mon devoir de répondre. C’est pourquoi j’ai voulu lever l’ambigüité.

Jusqu’à présent vous n’avez reçu aucune notification ?

Mais bien sûr que non ! Je pense que je ne suis pas quelqu’un d’anonyme, et je crois avoir une adresse parce que je suis un citoyen de ce pays pour  qu’on puisse m’adresser une invitation si on a besoin de moi

Vous avez été conseiller à la présidence au moment de la transition. Vous avez côtoyé, Sékouba Konanaté, Dadis Camara qui tout deux sont cités dans ce dossier. Sékouba Konaté qui a déclaré ne pas vouloir entrer en Guinée pour répondre à la justice et qu’il répondrait devant la CPI. Comment est-ce que vous comprenez cette façon d’agir de Sékouba Konaté ?

Moi je pense que vous pouvez poser la question au général Konaté. Je pense qu’il est mieux placé pour répondre à cette question mais ce que je pourrai dire à titre personnel, c’est que,  chacun d’entre nous doit tout faire pour que tous les citoyens aient confiance à nos institutions  et pour cela il faut que ceux-là qui sont chargés se montrent exemplaire et responsable dans l’accomplissement de leurs tâches. C’est un combat que nous devons mener pour que nos institutions soient respectables et ceux qui les représentent  soient également respectés mais cela dépend beaucoup plus de comportement de chacun que de la volonté de tous. C’est pourquoi moi je dis tout simplement qu’en ce qui me concerne je n’ai pas le sentiment  qu'aujourd’hui qu’il y ait une confiance totale des citoyens en nos institutions,  vous-même vous venez de relever  dans le débat que nous avons eu. C’est une faiblesse de la démocratie et c'est  peut être aussi un travail à faire notamment par le ministère de la citoyenneté pour qu’il y ait une plus grande adhésion à nos institutions et une plus grande confiance aux chefs de nos institutions et surtout dans une institution aussi importante que la justice, l’exemple doit venir d’en haut.

Pourquoi ?

Moi personnellement je n’ai pas attendu d’être invité, j’ai demandé au président de la république d’une manière générale si on veut m’entendre dans cette affaire ou dans toute autre affaire de me donner l’autorisation de me présenter devant la justice parce qu’il faut éviter comme certains voulaient l’accréditer qu’il y ait une volonté de ma part de défier l’institution judiciaire ou ne pas répondre à la convocation parce que je voudrais me dérober à la justice. On a mis fin à la polémique, cette suspicion en disant clair que je reste disponible et disposé pour aller répondre à une éventuelle invitation de la justice mais il faut que cette invitation me parvienne.

Nous demandons votre lecture, la manière dont la procédure est en train d’être conduite par la justice guinéenne est-ce que vous avez espoir parce qu’il y a une institution pas le moindre l'Institution nationale indépendante des droits de l’homme (INIDH) qui doute et qui demandait à un moment donné à ce que les dossiers soient transférés vers les juridictions supra nationales. Le ministre promet que d’ici la fin de l’année, le procès aura lieu. Est-ce que vous avez la foi que les choses vont se passer normalement ?

Moi je pense que d’abord, ce n’est pas un dossier de ministre de la justice, c’est un dossier de la justice guinéenne. Ça veut dire qu’au delà des hommes cette instruction se poursuivra parce que les Guinéens ont droit à la vérité et à la justice. C’est pourquoi moi je n’entrerais jamais dans des querelles de personnes  lorsqu’il s’agit des institutions et des esprits des lois. La question que vous posez, nous ramène une fois de plus à la confiance et à l’adhésion des citoyens à nos constitutions et cela dépend en  grande partie du fonctionnement de ces institutions, de l’indépendance dont fera preuve de celui qui sera chargé d’animer l’institution judiciaire ou de ceux qui seront chargés de l’animer. C’est pourquoi lorsqu’on est investi d’une mission aussi sacrée que de rendre justice, on n'a pas droit à un état d’âme personnel et on doit toujours militer pour la vérité et pour la justice. C’est ce que les citoyens attendent c’est ce que chacun d’entre nous attend et l’ensemble de nos institutions d’ailleurs.

Touchons un autre aspect de l'actualité nationale. Il y a cette question de troisième mandat. Comment voyez-vous le flou entretenu par la présidence?

C’est dommage que Gilbert ne soit plus à ce monde. Vous savez, c’est le spécialiste des romans imaginaires. Je pense que s’il avait été là, il aurait parlé, peut-être, d’un débat imaginaire sur un troisième mandat imaginaire encore. Moi, je  pense que chaque chose a son temps. Je ne ferai pas de débat virtuel sur une question virtuelle parce que ce que les gens ne savent peut être pas. C’est que cette question de troisième mandat ne sera pas une question spontanée dans la mesure où il faudrait au moins que deux éléments soient réunis, que le président en manifeste l’intention et ensuite qu’on entreprenne une réforme qui va ouvrir la voie à ce troisième mandat. Donc chacun a le temps d’attendre avant de commencer un débat surtout que les priorités et les défis se bousculent pour notre pays.

On pensait que c’est aussi virtuel parce que quand vous dites que c’est virtuel, vous nous ramenez à quelque chose de très banal.  Pourtant la RFI qui a réalisé une émission sur ce troisième  mandant comme par hasard a été coupé juste au moment où l’émission devait passer. Takana Zion et Elie Kamano ont été brièvement inquiétés. Finalement, est-ce que c’est une question qui gêne Sékoutoréya ?

 Moi, je pense que ça c’est un point de vu personnel qu’aucun sujet n’est tabou en démocratie. C’est pourquoi d’ailleurs, on parle d’un sujet qui n’a pas encore été  ouvertement évoqué ni par celui qui est concerné ni au niveau de nos institutions pour ouvrir la voie à cette éventuelle troisième mandat. Moi je pense, vous l’avez dit ça concerne la classe politique en général et notre opinion. On aime souvent se laisser distraire par les faux problèmes qui nous éloignent des vraies préoccupations du pays. Je pense que la constitution de notre pays dit que le Chef de l’Etat est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.

Je pense qu’au stade actuel de notre constitution, c’est cela qui est dit mais en même temps dans la société, il est évident aussi bien sur le troisième mandat mais vous ne l’évoquez pas  entièrement. Cette question de troisième mandat parce que le troisième mandat en réalité pose deux problèmes: le problème de la succession du Pr Alpha Condé et le problème de l’alternance démocratique dans notre pays. Voilà par exemple, deux questions essentielles qui ont tendance à être orientées ailleurs par cet épiphénomène du troisième mandat parce que derrière cette bataille, c’est la question de succession du Pr Alpha Condé et celle de l’alternance démocratique.

Dites-nous, M. le ministre avec le cas de la CENI parce que c’est un autre pan des questions en vue. Ce que vous en pensez de cette crise qui ne facilite pas  la tenue rapide  des  élections ?

Vous savez, je n’ai pas pour l’habitude la langue du bois. Vous savez le problème de la Guinée, ce ne sont pas les lois, ce ne sont pas les institutions mais c’est la qualité et la moralité des hommes chargés d’animer et de diriger nos institutions. Rappelez-vous qu’en 2010, la CENI nous avait posé le même problème. C’est pourquoi, il y avait eu 4 mois entre le premier et le second tours de l’élection présidentielle. C’est pourquoi, je dis qu’il faut tirer les leçons. La CENI a avancé déjà à cette époque plus d’une fois la date des élections, on a jamais été au rendez-vous.

Mais à l’époque, Alpha Condé était à l’origine du retard des élections parce qu’il y avait tout de même des conditions qui étaient définies en 20 points

C’est le devoir et le droit de chaque candidat d’avoir des conditions et de vouloir fixer la règle de jeu mais il appartient aux institutions lorsqu’elles sont fortes et animées par des hommes de caractères d’animer le débat institutionnel et démocratique en se mettant au-dessus de la mêlée. Vous pensez qu’en tant que candidat, il n’avait pas raison de vouloir que  les conditions de sa victoire soient réunies. Est-ce que c’est lui qui organisait les élections ? Est-ce que celui qui devait en fixer les règles ? Donc, vous déplacez le problème. La même manière aujourd’hui, la CENI tout le monde a vu depuis combien de temps elle nous fait le tour chaque fois. Ce n’est pas la première crise que la CENI est confrontée à une crise.

Ecoutez! on ne peut pas quand même prendre en otage la démocratie d’un pays et la paix sociale par des crises successives liées, par des questions de principes ou des valeurs. J’aurai bien compris que la CENI se plaigne. Qu’on n'ait pas donné les moyens d’organiser les élections. Que la CENI se préoccupe qu’il y ait la paix sociale en nous proposant un chronogramme comme le font tous les acteurs politiques y compris la majorité présidentielle. Mais c’est pour dire que les ressources qui ont été données à la CENI sont mal reparties parce qu’aujourd’hui, il faut avoir l’honnêteté de le dire, c’est beaucoup plus une question de répartition de ressources qui minent la CENI de l’intérieur que la question de préoccupation d’aller à des élections et de satisfaire les conditions qui lui incombent dans le cadre de l’accord politique. Je trouve cela regrettable et c’est un problème général dans notre pays qu’on met toujours la personne ou sa personne et l’intérêt de soi au détriment de la cause pour les communes questions de notre pays.

M. le ministre, sans langue de bois, est-ce que vous n’allez pas admettre lorsqu’on parle de cette manie de tourner en rond en Guinée au tour des élections, on n’avait besoin à la base quand même d’un président qui allait se sacrifier. Mais, est-ce que vous ne pensez pas d’une manière ou d’une autre le président Alpha Condé a failli. C’est pourquoi on se retrouve avec tant de problèmes. Est-ce que vous ne pensez pas qu’il avait la possibilité de sortir la Guinée de ce cycle infernal ?

Vous savez, on a encore cette difficulté de vouloir tout attendre du président de la République. Toutes les démocraties, là où toutes les institutions fonctionnent. Ce n’est pas le président de la République qui accomplit toutes les tâches. Je le regrette ! Ce n’est pas à lui de rendre un arrêt à la Cour constitutionnelle. Ce n’est pas à lui d’aller rendre un chronogramme à la CENI parce que le risque de ce que vous dites, quand le président va faire de l’interventionnisme, vous allez dire oui c’est l’hyper présidence. Il n'y a pas de séparation des pouvoirs. C’est l’autorité des institutions. Ecoutez, dans un Etat organisé, il y a différentes institutions qui sont vouées chacune à une tâche spécifique.

Absolument vous-même M. le ministre vous évoquiez tant tôt trois éléments : nos lois, nos institutions et nos hommes. Si M. Alpha Condé donnait l’exemple du respect de nos textes à l’intérieur de l’institution qu’il incarne, est-ce que les autres n’auraient pas imité cet exemple que M. Alpha Condé aurait donné ?

Qu’est-ce que vous lui reprocher par exemple ?

Par exemple, on parlait la transmission de ce code électoral. On parle souvent de sa participation aux activités des partis politiques. La loi ne lui permet plus.. La déclaration de ses biens, pas mal de questions...?  

C’est l’intérêt d’avoir des collaborateurs qui assurent le suivi des dossiers et vous donnent une lecture réelle de la situation dans le pays. Par exemple, il y a un ministre conseiller chargé de relations avec les institutions. Par exemple, c’est à lui qu’appartient de dire au Chef de l’Etat l’état des institutions, de l’informer sur ce qu’il doit accomplir pas en tant que chef de l’institution, il est gardien des institutions. Ce sont deux choses différentes parce qu’autant il doit encadrer le processus de fonctionnement régulier des institutions autant il n’a pas le pouvoir d’intervenir dans les affaires de toutes les institutions notamment de l’institution judiciaire.

Ecoutez, le Chef de l’Etat oriente, impulse. Il y a un gouvernement. Il y a des collaborateurs. Je ne crois pas qu’un seul collaborateur soit venu à commencer par mois même, rappeler au président ses devoirs liés à sa responsabilité et que le président ne l’a pas accompli, j’en apporte le témoignage solennel mais il faut que chacun fasse son travail. Le Chef de l’Etat s’est entouré des collaborateurs pour qu’ils attirent son attention sur ce qu’il doit faire ou ne pas faire et dans le délai que la loi exige. A partir delà, vous comprendrez que les choses iront mieux.

Source: L'Indépendant

 

                     

                      

Le vice-président du parti GRUP de Papa Koly Kourouma s'est exprimé sur les questions d'actualité en Guinée. De la Ceni à l'opposition en passant par le fameux 3e mandat, Ahmed Kourouma, sans langue de bois, met les points sur les I. Lisez

 

Est-ce qu’un président d’une  CENI contestée peut organiser des élections incontestées ?

J’ai été le premier à l’écrire en disant le jour où la CENI sera incapable d’organiser des élections crédibles, transparentes dans ce pays ça se saura. Cela étant le président encore une fois de la république est dans son rôle lorsqu’il essaye d’amadouer l’opposition. C’est à l’opposition républicaine de savoir ce qu’elle veut. Si nous voulons avoir le pouvoir dans ce pays, changer des choses et faire partie de ce système là; il va falloir que nous regardions Alpha Condé avec respect et avec toute l’intelligence politique qui est la sienne parce qu’on peut  lui reprocher beaucoup de choses mais il a une intelligence politique extraordinaire. Moi j’aime ce genre d’adversaire là parce que ce sont des gens qui pensent et réfléchissent et qui n’ont pas d'état d’âme.

Le président de la république et c’est ça aussi sa force, c’est un animal à sang froid. Il vous étrangle, il vous étouffe rapidement si vous n’êtes pas aussi fort ou malin que lui. Donc, c’est à l’opposition républicaine encore une fois de comprendre qu’elle a un adversaire qui est en face de lui qui est extrêmement  redoutable. C’est l’un des meilleurs hommes politiques de ce pays, moi j’en sais quelque chose. Donc nous devons être 10 fois plus vigilents quant à justement cette division qui semble pointer parce qu’on propose des postes par-ci, on essaye d’amener certains dans le camp présidentiel, on essaye de nous diviser. Mais on va voir qui est qui dans ce pays, on va voir qui est qui, qui est là pour justement pour sa propre poche et qui est là par conviction. Ça va permettre de faire le tri une fois qu’un arrivera en position de gouverner ce pays.     

Est-ce que vous croyez à cette communication du président de la république qui invite la CENI  à donner aussi rapidement le chronogramme des élections. Est-ce que ce n’est pas une façon de détourner  l’opposition de son objectif d’organiser des manifestations ?

C’est une façon de noyer le poisson. La CENI encore une fois n’est pas crédible. Je vais vous expliquer quelque chose, c’est quand même incroyable cette histoire de la CENI, ça vient du sommet de la Baule où François Mittérand a imposé  parce que c’était le grand manitou de l’Afrique avec Faucard, qu’on appelait France Afrique, a imposé aux pays africains une espèce d’institution de façade, ça nous ne ressemble pas, point final ! Il faut dans tout pays normal, démocratique, je prends encore une fois le bel exemple du Sénégal où il vient justement d’avoir lieu des élections législatives. C’est le ministère de l’intérieur qui organise les élections. Je ne comprends pas pourquoi nous nous soumettrions encore une fois à cette institution de façade qui n’est la résultante que  d’une politique néocolonialiste. Moi je la trouve illégitime point final.

quand même parlant de la conférence de la Baule,  où Mitterrand avait sommé les Chefs d’Etat africains d'instaurer le multipartisme, mais la Guinée avait fait l’exception en refusant d'organiser la conférence nationale souveraine d’une part. D’autre part, vous les acteurs politiques,  vous vous battiez comme une lionne pour obtenir une CENI, indépendante. Le président Conté n’aimait le mot indépendant donc il l’ont obtenu de haute lutte. Est-ce qu’il va falloir mettre en cause cet acquis pour que le ministère de l’administration et du territoire organise les élections en Guinée ?

 Evidemment, il faut la remettre en cause, ce n’est pas parce qu’on a commis une erreur au 17 siècle que l’on doit commettre les mêmes erreurs au 21 siècle. A mes yeux en tant que panafricaniste en tant que patriote, la CENI n’est pas légitimite. C’est une émanation ou une pensée qui nous a été dictée par l’occident,  je n’ai rien pour l’occident mais je suis d’abord un Africain. Je veux que les institutions ressemblent à ma culture. C'est-à-dire qu’il faut à un moment donné en finir avec ces institutions qui ne sont que l’émanation d’une forme de néocolonialisme par la pensée unique

Mais ils sont tous des Guinéens ?

Vous pensez que les éléments de la CENI  tous ne sont pas affiliés aux différentes institutions au pouvoir ? Je ne suis pas naïf pour croire que derrière la CENI, qu’il n'y’ ait pas la main du pouvoir et quel que soit d’ailleurs ce pouvoir,  attention vous connaissez ce fameux dicton ‘’on n’organise pas les élections pour les perdre’’ là j’en sais quelque chose.  La CENI est une institution  batardisée, c’est biaiser la démocratie que de croire qu’un collège des voeux sages ou d’anciens fonctionnaire vont organiser des élections qu’ils n’ont jamais dans la transparence, on le sait. Pourquoi faire confiance à une institution qui nous a montré à mainte et mainte reprises qu’elle était incapable de garantir la pluralité démocratique, je dis non, point final.  

Donc lorsque vous serez au pouvoir, vous allez dissoudre la CENI pour organiser les élections par votre département ?

C’est clair, pas par notre département, en y associant la société civile parce qu’elle est le garant parce qu’il faut qu’on comprenne mieux. Regarder on parlait tout à l’heure du  Mali, regardez ce qui s’est passé avec la velléité de la reforme constitutionnelle, c’est la société civile qui est montée au créneau.

Justement cette histoire de la société civile, mais celle de Mali est différente de celle de la Guinée. Nous dirons que la société civile guinéenne est absente surtout en cette période d'impasse.  La société civile ne joue pas son rôle surtout en ce moment.

Vous savez, il faut toujours partir du principe qu’on revient  de très, très loin, en termes de pluralité démocratique. La société civile, elle est malheureusement à l’image du pays, elle se reconstruit petit à petit, il faut quand même lui rendre grâce de certaines initiatives qui n’avaient pas eu lieu avant. Il se trouve qu’elle en train de réfaire surface.

Est-ce que vous pouvez donner un exemple ?

C’est l’exemple  du CNOSC qui est monté au créneau en première ligne pour la fameuse loi. Et ça, ça m’a fait plaisir de les entendre. Vous avez  le ''balai citoyen'' qui est une jeune structure très, très forte qui a quelqu’un à sa tête qui est très intelligent. Elle n’est pas contre nous, je voudrais que les politiques comprennent ça, elle est là pour nous dire attention là vous dépassez les bornes, là il y a quelque chose qui ne va pas, commencer à murir, commençons à réfléchir ensemble à ce qui devrait être bon pour le pays. Moi je suis pour le renforcement de cette structure là. Je suis pour que les contribuables guinéens financent ces  institutions là, il faut qu’on arrête des financements qui viennent de l’extérieur ; c’est lui qui donne de l’argent dicte les règles.

Nous nous devons, non pas à l’Etat, mais les citoyens guinéens par les impôts qu’ils payent doivent contribuer à renforcer ces institutions là ou plutôt ces ONG là parce qu’elles permettent d’avoir un contre pouvoir. La presse est un contre pouvoir, les ONG de ce type là sont qu’un contre pouvoir dans ce pays ou devraient l’être.

Est-ce que vous pensez que cette société civile sera influente en allant en rangs dispersés?

Moi je suis un libéral convaincu. Je pense que la concurrence crée la force, en économie c’est quelque chose bien connu, ça amène le nivellement par le bas, donc celles qui seront plus crédibles et plus fortes sont celles qui demain auront le pouvoir de dire oui ou non, de défaire un gouvernement ou pas, de changer une société ou pas. C’est important d’avoir cette concurrence là. Ce côté concurrentiel, il faut éviter de penser que, parce ce qu’elle parte divisée, donc il faut savoir qui a la force parce qu’un pays ça ne se change pas comme ça. Quand on est en politique, il faut avoir, on dit ça en Espagnole ‘’ rogness’’ pour faire la politique, parce que la politique c’est un combat, on monte sur un ring pour mettre chaos l’adversaire. Et ça vaut dans tous les plans de la société guinéenne. Il faut aller au combat pour changer ce pays. On ne va pas changer ce pays avec des bons sentiments.

Ce n’est pas la division de la société civile qui est préoccupante mais la division de l’opposition, vous avez dit que le troisième mandat ne vous intéresse pas parce que le principal concerné ne s’est pas exprimé là-dessus et que la constitution est claire. Est-ce qu'aujourd’hui une opposition divisée, on ouvre pas la voie du troisième mandat ?

Divisée encore une fois, c’est vous qui le dites. Ce semblant de division, c’est plutôt une bonne chose pour le débat démocratique bref, ce qui m’intéresse dans votre question c'est vous dire ceci : partons de la genèse de cette histoire, qu’est-ce qui se passe ? Vous avez un président de la république qui à un moment donné, est acculé parce que son fils lors d’une conférence de presse est remise en cause : c'est-à-dire que la moralité de son fils est mise en cause. Il faut quoi ? Il fait la communication politique et surtout il fait de la diversion politique, souvent on ne réfléchit pas trop dans ce pays.

Il ouvre une voie sur un troisième mandat. Tout le monde s’est jeté dessus comme des crèves de la faim. Nous qui savons ce que s’est la communication politique, on sait qu’il a allumé un contre feu. Vous savez dans  une forêt, comme s’il y a feu, on allume un contre feu souvent pour éteindre l’incendie, c’est ce qu’il a fait. On s’est tous jeté dessus comme des morts à la faim en disant attention troisième mandat. Moi, j’ai réfléchi avec mon petit cerveau. Je sais que pour le moment malgré que le fait que ses affiliés se sont prononcé, certains mêmes ont été jusqu’à parler de présidence à vie, lui ne s’est pas exprimé donc  tant qu’il n’en aurait  pas fait preuve, je ne ferais pas de procès d’intention.

Le jour encore une fois où le président de la république s’exprimera dessus, il me dira je suis pour un troisième mandat en ce moment là il aura des gens en face de lui ! Mais il aura des gens en face de lui qui contesteront ça

Mais est-ce que aussi son silence n’est pas coupable ?

Il n’est pas coupable, il est stratégique, il est  logique. Imaginez encore une seule seconde, le président de la république est en fin de mandat, prenons ce scénario-là. Il annonce demain, écouté, je ne me représente pas. Est-ce que vous imaginez la cacophonie que ça va être, la guerre de tranchées dans le gouvernement. Le pays sera ingouvernable.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo       

Dans un entretien accordé nos confrères de lynx.fm, le directeur de la communication du Bloc Libéral, Aliou bah, estime qu’il y a une nécessité de recommencer les manifestations. Ce n’est pas tout.  M.Bah Aliou accuse Alpha Condé est la source de tous les problèmes guinéens. Interview

M. Bah vous avez suivi la dernière sortie du  chef de l’Etat guinéen Alpha Condé au siège du RPG arc en ciel. Des citoyens se sont réunis et ont créé l’union qu’on a appelée l’Union du Fouta pour Alpha Condé. Quelle est  votre première remarque ?

Ecoutez, je commence par constater que le président de la république Alpha Condé continue à être le président du RPG. Ce qui est illégal au regard de la constitution guinéenne. Je crois qu’il devait démissionner de toute fonction dans un parti politique. ça prouve qu’il n’est prêt à se mettre au-dessus de la mêlée. Il ne peut pas aussi être un recours efficace par rapport aux différentes crises que nous sommes en train de traverser.

Deuxièmement, je remarque qu’Alpha Condé est en train de rééditer les pratiques qu’il a toujours condamnées. D’ailleurs, c’est ce qui remet en cause la crédibilité de son combat et de sa conviction politique parce qu'au temps de Lansana Conté, nous savons comment est-ce que la dérive dictatoriale a commencé.

C’est à travers ses démarches démagogiques en mobilisant un groupe des personnes manipulées qui a la prétention de parler au nom d’un ensemble. Et aussi un discours qui n’est pas républicain parce que si vous voyez cette vidéo où on dit qu’au nom d’une communauté ou d’une communauté de sages qu’un président de la République est fait pour y rester jusqu’à sa mort. Je crois que c’est assez dangereux et quand c’est le président de la république qui s’assoit et applaudit ce genre de discours, les Guinéens doivent prendre conscience que le moment est venu pour se lever comme un seul homme et arrêter ce qui est en train de s’organiser parce que c’est une nouvelle dérive dictatoriale en perspective.

Je fais régulièrement des tribunes pour dénoncer les discours d'Alpha Condé qui ne font pas honneur ni à sa personne ni à la république parce que vous voyez quelqu’un  après sept ans d’exercice du pouvoir qui se pose encore des questions. Il n’a aucune réponse alors il continue de faire son mea-culpa, ces aveux d’impuissance par rapport aux préoccupations majeures de nos compatriotes, pour lesquels il n’a aucune solution. Alors, il critique son gouvernement sans prendre aucune initiative.

Et j’ai la forte impression que le président de la république se plait beaucoup plus dans la peau de l’opposant historique ou l’opposant éternel plus que  dans celle du président de la république parce qu’il est évident qu’avec les actes qu’il pose et les discours qu’il tient, on se rend compte qu’il n’est pas parvenu à faire la mutation entre le statut d’opposant et celui de président.

Un président, c’est celui là qui gère, qui prend des actions, qui prend des initiatives qui trouve des solutions  qui met les gens au travail mais on se rend compte qu’il n’avait aucune vision, il avait simplement une stratégie ethnico-régionale pour arriver au pouvoir et l’arrivée  au pouvoir est une chose, la gestion du pouvoir en est une autre. Donc au bilan, ce qui est en perspective ne rassure pas encore une fois. Il doit prendre conscience que c’est la république qui est en danger à travers le discours du président à travers les manœuvres du clan au pouvoir et c’est maintenant qu’il faut se lever pour réagir.

Un aveu d’impuissance! vous l’avez rappelé. Quand le président déclare que ce sont ses fonctionnaires qui sont à la base de cette mal gouvernance alors que c’est lui qui est le chef de l’exécutif et derrière nous ne voyons aucune mesure, aucune sanction visant ces derniers, que faut-il faire pour changer cet état de fait ?

Voici toute la contradiction que l’on constate c'est-à-dire lui. Il se permet de critiquer les pratiques de ses administrateurs ; des ministres, des responsables d’administrations. Il met dans son entourage les plus grand démagogues et menteurs de la république. Vous avez vu qu’il y a des gens de par le passé  même pas un passé lointain mais un passé récent qui sont les véritables visages de l’échec de la Guinée. Et qu’il est parvenu à recycler autour de lui. Moi j’ai écouté Kassory Fofana. J’en a honte quand Kassory faisait un soi-disant tableau assez réussi, ce qu’il appelle bilan ou résultat d'Alpha Condé. Mais, il ne se rend pas compte qu’il s’adresse à une génération qui ne peut pas se laisser faire et se laisser avoir comme les années 90. Alors Kassory Fofana, vous prenez Malick Sankhon, vous prenez Bantama Sow, prenez toutes ces personnes qui n’ont que la démagogie dans les ailes et qui, en réalité, ne proposent absolument rien que de la haine et de gros mensonges politiques. La Guinée n’en pas besoin.

Je crois qu’Alpha Condé n’est plus crédible pour dire qu’un cadre est corrompu, incompétent, indigne de la fonction publique ou bien de l’appareil de l’Etat parce lui-même, il fait la promotion que de la médiocrité et de la démagogie. C’est ce qui est regrettable. Alors ces discours ne peuvent pas être crédibles encore c’est un mea-culpa, il en a fait plusieurs fois. J’en appelle aux acteurs politiques et ceux de la société civile parce qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de défendre un camp par rapport à l'autre, quand il y a une situation de ce genre, non seulement c’est une honte pour la république mais aussi c’est un danger. Et si les Guinéens après plus d’un demi-siècle de dictature, de retard, d’échec de tout genre sont encore prêts à cautionner au nom d’une raison qui soit irrationnelle parce que personne ne gouverne au nom d’une communauté.

Les malinkés ne peuvent pas être le bilan comptable ou négatif d’Alpha Condé parce qu’il ne gouverne pas au nom d’une communauté. Seul lui et le clan qui est au tour de lui sont responsable de ce qui nous arrive. Donc il faudrait que les gens prennent conscience de cela et qu’ils réagissent. Et lui, dans un discours ou il stigmatise des cadres corrompus, il a recyclé tous ceux qui on fait du mal à la Guinée. Et tous ceux qui sont responsables de l’échec de la Guinée autour de lui.  

Aujourd’hui quand on voit la jeunesse guinéenne, elle semble être divisée. Il y a ceux accusés de proférer des injures à l’endroit du président Alpha Condé pour réclamer des tablettes au palais et cette autre organisation estudiantine au palais partie présenter des excuses au Chef de l’Etat. De l’autre coté, des jeunes qui se battent entre mouvance et opposition. Quand vous allez dans les manifestations qui sont pour la plupart des jeunes, et d’autres qui sont des contres manifestants, dans un tel contexte, une telle situation que faut-il faire ?

Vous savez c’est dans l’ordre naturel des choses. Il faut savoir aussi que notre démocratie est embryonnaire. Donc quand les gens s’investissent dans le débat dans un premier temps, tout le monde ne peut pas parler le même langage. Il faut encourager la contradiction.  Ça doit se faire sous une forme assez civilisée avec beaucoup de tolérance parce qu'au-delà de tout, les approches des uns et des autres convergent vers les intérêts de la Guinée. On suppose à priori chacun a pour objectif d’aider son pays en fonction de ses capacités et de ses moyens.

Maintenant vous avez vu ce qui s’est passé de façon spontanée avec cette histoire de tablettes. Une délégation que le président reçoit qui dit qu’elle est représentative des associations estudiantines, ce qui est foncièrement faut parce qu’autour de lui à chaque fois, il y a des montages. Je crois qu’encore qu’il y a une délégation qui s’apprête pour venir de Boké soit disant pour s’excuser par rapport aux événements de Boké auprès du président de la république pour dire que c’est une incompréhension. Alors, je crois que ce sont les mêmes pratiques qu’on dénonçait avant. Ça ne peut en rien être des associations des étudiants.

Personne n’a besoin de s’excuser auprès du président de la république parce que s’il y a quelqu’un qui offense les Guinéens, c’est lui. Alpha Condé a des termes qui n’honorent pas sa fonction. Il a, presque, institutionnalisé l’ethnocentrisme en Guinée en disant que tel poste doit revenir à telle région. Il l’a dit ici devant tout le monde. Il a attribué ici des rôles et des fonctions à des régions, ce qui est condamnable au regard de la loi et au regard de l’éthique. Alors si celui-ci qui dit avoir fait son combat politique pendant des années qui est issu de la diaspora guinéenne qui est censé comprendre comment le monde fonctionne, c’est celui-ci qui nous ramène ci-bas avec des discours creux et insensés et démagogiques, donc c’est regrettable. Ces associations qui  défilent au palais Sékhoutouréya pratiquement ça n’a pas de sens. Les Guinéens ont vu ça, ils n’en n’ont plus besoin ils ne sont plus intéressés et ça ne peut tromper personne.

Les parlementaires de la CEDAO du Tchiad et de la Mauritanie ont tenu une rencontre au cours de laquelle, ils ont recommandé que, désormais, les Etats diminuent trois enfants par femmes. Comment vous réagissez, parce qu’ils voient le coté économique, la croissance économique notamment sur les dividendes démographiques. Quelle est votre réaction ?

Ils ont plutôt suivi le discours d’Emmanuel Macron, peut être qu’ils étaient tous frustrés quand Macron  pense qu’une femme en Afrique qui aurait fait 7, 8, 9 enfants si vous voulez investir vous n’allez absolument rien sauver. Moi je ne suis pas d’accord avec ce genre de discours. Pour moi,  le potentiel démographique africain est plutôt un avantage. Vous savez ça ne s’explique pas comme ça, vous avez vu les pays asiatiques. L’Inde, la Chine,  c’est vrai que dans ce pays, il y a des grandes poches de pauvreté parce que la Chine au-delà des grandes villes, en fin la Chine rurale, elle est très différente de la chine urbaine. Il y a encore de la pauvreté mais la dynamique est en cours. Mais en Afrique, je dirais qu'au total c’est 1,1milliards d’habitants. Je crois que nous aux environs 54 Etats, je pense avec le Soudan du sud,  nous avons de potentiel mais nous n’avons même pas la population de la Chine toute l’Afrique confondue.

Je crois que si nous faisons le préalable notamment la réussite de l’intégration politique et économique et que des dirigeants africains puissent avoir des agendas assez responsables et efficaces en matière de développement, je crois que ce problème démographique ne peut pas se poser. C’est juste une diversion, une suggestion. La CEDEAO  a de quoi s’occuper dans cet espace là. Nous sommes tous de citoyens de la CEDEAO mais la liberté de circulation des personnes et des biens pose encore problème.  Je crois que le fait simplement de respecter les textes et avoir une certaine convergence de vues sur les politiques des Etats, ça peut encore aider mais je vois mal un homme comme Macky Sall discuterait par exemple avec Alpha Condé sur des questions essentielles quand le Sénégal passe à l’énergie solaire. Nous nous sommes encore en train de trainer avec des projets illusoires.

Je crois qu’il faut savoir faire converger les idées et réussir l’intégration. C’est le seul paramètre par lequel toute  l’Afrique peut se développer. C’est en réussissant l’intégration économique et politique. Je terminerai par dire cette question là, il y a des potentiels, mais il y a des faiblesses parce que toute l’Afrique ne pèse pas plus de 3% du commerce mondial.  Ça veut dire que nous participations suffisamment au dynamisme économique international étant donné qu’il y a des potentiels. Il y a beaucoup de personnes qui sont prêtes à investir en Afrique mais quelques Etats quand même se démarquent du lot. Vous avez vu le Rwanda, comment  ce pays là est parvenu à  sortir d’une situation de génocide qui lui a valu 800 mille morts en trois mois et qui est devenu aujourd’hui l’un des pays les plus importants du continent, la troisième économie la plus compétitive de l’Afrique.

Kigali, c’est la capitale la plus propre, c’est le leadership d’un homme. Le Ghana, c’est Rawlings qui a remis le pays sur orbite. Ça veut dire quand on n’a de la volonté, de la vision et puis des compétences, on peut bien réussir.

Il y a l’opposition républicain dirigée par Cellou Dalein Diallo qui a appelé à manifester le 02 aout 2017. Dans un tel contexte, est-ce qu’on ne s’achemine pas vers des situations beaucoup plus compliquées et difficiles pour le pays ?

Elles sont d’abord difficiles, depuis l’arrivée d’Alpha Condé. Nous ne sommes allés que de crise en crise et apparemment il se vente toujours de celui qui drible les opposants, celui qui les met en difficulté. Il n’y a aucun mérite à tromper les gens, il n’y a aucun mérite à ne pas être honnête avec les gens, il n’y a aucun mérite à duper les gens. La politique ne se définit plus comme étant l’art de mentir  ni l’art de tromper. La politique, c’es l’art de faire des résultats pour satisfaire les conditions de vie des gens, si vous ne savez pas le faire, je pense que votre place n’est pas en politique à plus forte raison gouverner un pays.

Il faudrait que l’on ait de la hauteur et que qu’on fasse des choses qui correspondent au contexte actuel. Quelque fois, je me dis que vivement le changement générationnel parce qu’à un moment donné aussi, il y a l’âge avancé qui peut vous amener à être  en décalage avec les réalités de vos compatriotes et surtout les aspirations des jeunes. Alpha Condé n’a plus rien à proposer aux Guinéens, il a montré ses limites, il a montré ce qu’il est capable de faire, ça se limite à ça. Je crois que c’est assez regrettable pour quelqu’un qui dit avoir combattu pendant toute sa vie pour la démocratie et pour le développement des Etats. Le résultat là ne correspond pas à sa prétention.

 Ce que je dirais, la crise à la quelle nous sommes, nous pensons qu’il y a une nécessité de recommencer les manifestations, il y a une urgence à le faire, il y a une opportunité à le faire. Pourquoi ? Parce qu’on a eu des accords politiques, d’abord le fait d’avoir les accords politiques ne garantit pas la crédibilité du pays parce que ça montre que nous ne respectons pas la disposition légale. Tout ce que vous avez les accords politiques en principe sont prévus dans les textes de loi. Et le garant du respect de la loi et la stabilité des institutions, c’est le président de la république. Ça veut dire qu’il n’a pas respecté son serment parce qu’il n’a pas joué ces rôles jusque-là.

Alors, on préfère concocter quelque chose parallèlement, on appelle ça accord politique même ça il n’y a aucun respect. Vous avez des ministres de la république qui ont signé des accords, ils se sont engagés, qu’ils sont capables de les nier en public comme si ça ne portait pas leur signature. Nous sommes au cinquième dialogue politique. Donc ça ne fait pas honneur à quelqu’un qui n’a fait que 7 ans de gestion du pouvoir. Et au-delà de ça, il n’y a que les manifestations politiques qui ont permis de faire bouger légèrement les lignes mais vouloir renoncer à ces manifestations de rues, c’est renoncer définitivement à la lutte de velléité dictatoriale dans notre pays. Il y a des raisons de se manifester donc les uns et les autres doivent se mobiliser. Ce n’est pas une question de dire que c’est tel parti politique ou c’est le chef de file de l’opposition ou c’est le leader d’un parti politique. Le problème n’est pas personnel, le problème n’est pas aussi d’une étiquète peut être d’un parti. C’est un enjeu pour sauver une nation, pour sauver une république.

C’est vrai que la Guinée va droit au mur, c’est évident que les problèmes sont entiers, tous les Guinéens sont unanimes que la pauvreté, le manque de perspective, sont leur dénominateur commun. C'est pourquoi, ce sont tous les Guinéens qui doivent se lever comme un seul homme parce que nous sommes pris en otage par un clan qui apparemment ne défend que ses intérêts.

Depuis 2012, nous sommes dans ce cycle-là: manifester, dialoguer. On a vu les résultats des manifestations précédentes. Maintenant, on manifeste pour obtenir quoi ?

Ecoutez !  La situation politique est dans un blocage. C'est évident qu’on n’a pas de visibilité sur le calendrier électoral. Les élections dont on parle, on aurait dû les avoir très longtemps.  On a proposé combien de dates. Elles ne se tiennent pas. Actuellement, ce n’est plus sur le plan institutionnel ni au niveau du comité de suivi. Tout ce qu’on estime être des avancées en réalité si vous les évaluez sur le terrain, vous vous rendez compte qu’il n’y a absolument rien. Les manifestations servent sur le plan de la légalité. Pourquoi, on n’a pas fait des manifestations politiques une forme d’expression par rapport à un ressentiment? C’est parce que le pouvoir, c’est une façon de mettre la pression sur le pouvoir pour que celui-ci puisse comprendre qu’il y a des Guinéens qui ne sont pas d’accord . Le cadre de discussions qui est l’assemblée nationale n’est plus un cadre idéal parce qu’il n’y a plus de débats là-bas. Et les Guinéens, heureusement, qui sont autorisés à s’exprimer dans la rue, s’expriment pacifiquement et l’Etat a l’obligation d’encadrer ces manifestations de rue.

Donc on manifeste justement pour obtenir un déblocage de la situation. Il faudrait que celui que est à la base du blocage, le président de la république, président du RPG de façon anti-constitutionnelle et que celui-ci puisse comprendre normalement qu’il doit être au-dessus de la mêlée. Aujourd’hui, il n’a plus la crédibilité pour être au-dessus de la mêlée parce qu’il est à la fois dans le débat parce que ce son parti qui gère le pays. Et il est à la tête de son parti, à priori, c’est lui qui prend toutes les initiatives. Alpha Condé est au cœur de tous les blocages politiques dans lesquels nos compatriotes sont.. Il est la source du mal, il est la source du problème. C’est évident, il doit y venir et il faut exercer un rapport de force évident pour que les lignes bougent.

Aujourd’hui, il y a à la CENI deux présidents pour le même fauteuil. Cette institution n'est-elle pas un autre problème même si les opposants accusent la mouvance d’entretenir ces crises ?

La CENI a toujours été plus qu’un problème. La CENI nous fait honte. Nous avons vu la CENI qui a été dirigée par un étranger. Je n'ai rien contre les Maliens mais encore ce sont des questions de souveraineté. Mais après ça, on pensait que celui qui est sorti du scrutin vainqueur en 2012 allait s’occuper spécifiquement de l’organe de gestion et de supervision des élections. La CENI a été une institution plus pourrie qu’elle ne l’était avant. Des solutions à la CENI existent, nous avons proposé tous les schémas possibles ; au sein du Bloc Libéral. Nous avons mis sur la table, nous avons mis à contribution tout le monde, tous les acteurs de la société civile pour qu’on ait un modèle de CENI mais la CENI, elle est mise en place par une loi, la loi L016. Seule l'assemblée nationale est habilitée à discuter de cette question et faire avancer les lignes parce qu’elle incarne le pouvoir législatif.

La question de la CENI devait y être discutée depuis très longtemps. Toutes les sessions qui se sont passées ici ont prévu que la question de la CENI se discute, vous avez vu que par le fait de la majorité simple la mouvance présidentielle refuse. Vous avez même vu Damaro (président du groupe parlementaire du rpg-arc-en-ciel, ndlr) qui devait en avoir honte se venter de dire que toute proposition qui viendrait de l’opposition dans le cadre de la CENI, il lui réservera un enterrement de première classe, alors que ça devait le gêner mais lui il s’en glorifie. Cela montre combien de fois on ne prend pas la véritable dimension des problèmes auxquels nous compatriotes sont confrontés.

Aujourd’hui, la plupart des crises en Afrique sont des crises de nature électorale. Si on veut en anticiper  pour ne pas qu’on en arrive là ; on aurait eu un organe de gestion et de supervision des élections assez qualifiées. Ce n’est pas un problème d’hommes mais le fait de dire en 2012, Loucény Camara est parti soit disant une démission mais tout aussi a été organisé. La récompense c’est quoi ? Il est devenu ministre de la République. Bakary Fofana, c’est tout un maquillage, c’est un montage. Il a fini sa partition, on organise son départ, il est promis peut être ambassadeur, ou ministre de la république. Alpha Condé ne sait récompenser que ceux qui ont toujours mal travaillé. Alors maintenant, c’est Kébé qui arrive. Tous les commissaires de la CENI confondus, ils sont tous les mêmes. Voyez comme la CENI absorbe les fonds publics alors que jusqu’à présent, on n'a pas une loi qui réglemente comment est-ce que la CENI dépense l’argent public de tel sorte la CENI ne peut même plus rassurer les partenaires techniques et financiers par rapport à l’accompagnement du processus électoral. Tout le monde s’est retiré du processus parce qu’il n'y a pas de visibilité. On ne demande que des fonds mais en réalité qu’est-ce qu’on en fait. A chaque fois, la CENI vous dit qu’elle est prête pour organiser une élection, nous avons une catastrophe. En 2015, l’année à laquelle nous avons participé à notre première élection, j’en sais quelque chose pour avoir été un directeur de compagne d’un candidat. La CENI n’avait même pas les 35% d’enveloppes disponibles pour couvrir  pour les bureaux sur l’ensemble du territoire national.

Regardez les commissaires de la CENI. Comment est-ce que leur train de vie a changé. Ils sont tous devenus comme des pachydermes. Ce sont des gens qui engloutissent des moyens de l’Etat, en contre partie en terme d’efficacité, il n’y a absolument rien. Pourquoi le contribuable guinéen va-t-il continuer à graisser des gens qui n’apportent absolument rien ? Les Guinéens doivent raisonner de façon républicaine. On ne doit pas continuer à dire que c’est tel bord politique, c’est telle communauté ethnique. Si un responsable administratif coûte de l’argent au contribuable, il faudrait que les gens soient proactifs pour savoir l’évaluer. Quand vous n’êtes pas efficace, je n’ai aucune raison de vous payer parce que simplement c’est du gaspillage. Prenez les commissaires, voyez comment ils travaillent ? Est-ce qu’on a besoin de payer ces gens-là ou de les entretenir dès qu’on parle de problème. Pour noyer le poisson, on dit automatiquement c’est telle ethnie qui ne veut pas, c’est tel commissaire de la mouvance, c’est tel commissaire de l’opposition. Moi, je suis animé d’un esprit républicain. C'est  l’intérêt de la république qui m’intéresse. Ce ne sont pas des intérêts partisans.

Avec les problèmes de la Guinée, est-ce qu’on peut aujourd'hui se passer de cette CENI ?

Nécessairement! Avec cette CENI on ira nulle part, ce n’est pas un  problème de personnes comme je le dis, c’est un problème de modèle. Il faut réinventer le modèle, on a eu plusieurs opportunités. Prenez le rapport de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne à l’issue du scrutin de 2015 ou vous prenez un autre rapport à l’issue du scrutin de 2013. Il y a assez de recommandations et  ces recommandations pourquoi on en prend pas compte ?  Tandis qu’au niveau local aussi, il y a eu tous les partis politiques, il y a eu beaucoup de partis politiques qui ont proposé de schémas y compris le Bloc Libéra. Pourquoi ne va-t-on pas s’assoir de façon responsable sans dire que c’est l’agenda de tel, on veut déloger tel, on veut enlever tel commissaire? Dès que  vous parlez,  on dit l’opposition est représentée. Ce n’est pas parce que l’opposition est représentée que c’est bon pour autant.

Quelle CENI pour la Guinée ?

Ecoutez ! Ce qu’on peut faire, c’est d’ouvrir un débat et en discuter. Je n’aurai pas la prétention de vous dire voici le modèle parfait. Mais en ce qui me concerne, le parti dans lequel je suis a déjà un modèle sur la table si vous voulez qu’on en discute c’est assez détaillé. Je peux vous dire que notre idée, c’était de créer un schéma d’une administration électorale, c'est-à-dire qu’une administration travaille en permanence, qu’on n'est pas un modèle de CENI de quelques personnes qui peuvent se partager des muettes en toute sur constance. Que la question du fichier électoral par exemple ne soit traitée que sous l’angle politique parce que chez nous, on en a tellement politisé que c'est devenu un débat stérile étant donné que c’est évident que vous n’avez pas besoin d’être militant ou sympathisant d’un parti politique pour figurer dans un fichier électoral. Donc, c’est une question citoyenne à la base. Les acteurs de la société civile ont pris beaucoup de recul par rapport à la question du fichier électoral.

C’est d’abord un combat de la société civile. Malheureusement, elle ne prend pas suffisamment conscience que ce sont les citoyens qu’elle représente mieux que les partis politiques parce que les partis politiques défendent des intérêts catégoriels, c’est classique, c’est universel mais la société civile doit sur la question du fichier électoral savoir qu’un citoyen en âge de voter qui ne soit pas dans le fichier électoral, c’est une défaite de la société civile. D’abord parce que tous ces citoyens doivent disposer d’une carte d’électeur et doivent pouvoir voter parce que le droit de vote est constitutionnel pour celui qui a l’âge de la majorité en Guinée.

L'Indépendant

 

 

 

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