Lors d’une conférence de presse, tenu ce mardi 08 janvier à la maison de la presse, la Coalition guinéenne pour la Cour pénale internationale, a interpellé l’Etat guinéen sur la complémentarité qu’incarne l’affaire du 28 septembre 2009 dans le cadre du statut de Rome.

« L’affaire du 28 septembre 2009 est complémentaire, parce qu’il y a eu environ 430 victimes auditionnées, 15 témoins entendus et 14 personnes inculpées. Bientôt, s’il y a la volonté et les moyens, on va commencer le procès. Ce qui signifie que s’il y a un procès juste, équitable et inclusif, si les responsabilités sont situées, les auteurs sont connus et condamnés et les victimes indemnisées, la Guinée aura joué ce qu’on appelle la complémentarité », déclare Me Hamidou Barry, président de la coalition.

 L’Etat guinéen doit continuer à faire preuve de capacité et de volonté pour juger l’affaire du 28 septembre 2009, afin qu’il ne tombe pas sous le coup de l’article 17 alinéa 1 du statut de Rome qui stipule : « Eu égard au deuxième alinéa du préambule et à l’article 1, une affaire est jugée irrecevable par la cour, lorsque : l’affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuite de la part d’un Etat ayant compétence en l’espèce. A moins que l’Etat n’ait pas la volonté, ou soit, dans l’incapacité de mener véritablement à bien les enquêtes ou les poursuites », rappelle Bissiriou Diallo, chargé de communication de la CGCPI qui précise que parmi les personnes poursuivies, deux d’entre elles ont été inculpées sur la base de l’article 28 du statut de Rome qui dispose que : Outre les motifs des responsabilités pénales au regard du présent statut pour les crimes relevant de la compétence de la cour. En considérant les actes posés par la justice guinéenne, on peut soutenir que de tels actes entrent dans le cadre de la complémentarité, conformément à l’article 1 du statut de Rome.

Il faut rappeler qu’en 2017, le ministre de la Justice a annoncé la tenue du procès au cinéma Liberté sans préciser de date.

A noter que le massacre du 28 septembre qui a eu lieu sous le pouvoir militaire du CNDD a fait plus de 150 morts selon le rapport des Nations unies.

Sadjo Diallo

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Le gouverneur de la ville de Conakry a brillé par son absence ce lundi 24 décembre au Tribunal correctionnel de Kaloum. Mathurin Bangoura est poursuivi pour ‘’abus d’autorité’’ et ‘’entrave’’ au droit de manifester par les Forces sociales de Guinée (FSG), depuis juillet.

Ces nombreuses absences commencent à agacer le tribunal. L’avocat de la partie civile, déclare que le gouverneur de la ville de Conakry n’a « aucun respect pour la justice », avant de solliciter avec le représentant du ministère public au près du juge le renvoi du procès au 07 du janvier 2019.

Pour sa part, le juge accepte le renvoie, mais regrette cet énième absence du gouverneur en déclarant dans la salle d’audience « la fois dernière nous avons demandé à ce qu’il se présente aujourd’hui que son avocat soit là ou pas, voilà aujourd’hui encore qu’il  brille par son absence ».

Il faut signaler que cette affaire remonte au mois de juillet, lorsque le gouverneur de la ville de Conakry avait interdit un rassemblement à Conakry des activistes de la société civile pour la baisse du prix du carburant.

Amadou Diallo

Le tribunal de première instance de Kaloum a condamné ce lundi 6 enseignants à six mois de prison avec sursis pour attroupement illégal. Au sortir de la salle d’audience, le secrétaire général du Syndicat des enseignants (SLECG), se dit satisfait du verdict.

Selon Aboubacar Soumah, « le droit a été dit ». « Nous sommes satisfaits de la libération de nos camarades. C’est un premier motif de satisfaction quand bien même ils ont été arrêtés illégalement. Donc nous acceptons ces condamnations, mais nous allons continuer le combat pour que notre revendication soit satisfaite », déclare le secrétaire général du SLECG. Cependant, le syndicaliste déplore les arrestations d’enseignants dans le pays. « Nos camarades ne méritent pas d’être arrêtés, puisqu’ils n’ont fait aucune violence. Si on nous réprime, nous ne ferons que dénoncer davantage », prévient M. Soumah.

Il faut rappeler que les enseignants Joseph Yenne Traoré, Idrissa Sylla, M’Bany Kany Sangaré, Sékou Condé, Daouda Keita et Joseph Bangoura ont été arrêté la semaine dernière à Kaloum lors d’un sit-in du SLECG.

Sadjo Diallo

L’Observatoire de la rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme en Guinée (RADDHO) s’est, dans un communiqué félicité de la volonté du gouvernement guinéen de « tenir très prochainement » le procès du massacre du 28 septembre, relevant toutefois que les autorités de Conakry gagneraient dans leurs bonnes dispositions à en fixer « la date précise ».

« L’observatoire de la rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme RADDHO Guinée constate avec un sentiment de joie la volonté du gouvernement à tenir très prochainement le procès du massacre du 28 septembre  2009 à Conakry », souligne le communiqué qui fait référence « à la sortie du ministre de la Justice sur l’annonce du budget prévisionnel servant le financement du procès et le choix du lieu où se tiendra le procès ».

A l’occasion, le ministre de la Justice, Cheikh Sakho, a annoncé que le procès allait se tenir au Cinéma Liberté et sous un « dispositif sécuritaire » durant tous les travaux.

Il a ajouté que le budget prévisionnel était de 78 milliards de francs guinéens dont 77% provenant de l’Etat guinéen.

Tout en saluant ces décisions, la RADDHO, ajoute le communiqué, demande au gouvernement de « donner une date précise au plus vite afin de soulager les victimes et les parents des victimes ».

Selon le rapport de la commission d’enquête internationale de l'ONU, il y a eu 156 morts et 109 femmes violées, lors du massacre du 28 septembre. 

Mamady Diawara

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