En Guinée, rien ne semble s’éclaircir à l’horizon pour le gouvernement d’Alpha Condé. Outre le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), un groupe d’acteurs de la société civile annoncent l’organisation d’une journée « ville morte le mercredi 14 mars 2018 ».  Dans une déclaration publiée mercredi, deux organisations de la société civile, en l’occurrence « Citoyens Pour la République (CPR) » et la Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD) » réclament le retour des enfants guinéens à l’école, après pratiquement un mois de grève syndicale.

"La paix, ce n'est pas l'absence de la guerre", dit-on souvent. C'est un comportement, disait l'ancien président ivoirien, Houphouët Boigny.  C'est dans ce cadre de la mise en place de concertation sur la paix, la citoyenneté et la gouvernance locale en Guinée, qu'une rencontre  d’échanges entre les différents acteurs, pour poser un diagnostic sur ces questions de paix est organisée par la Convention nationale des acteurs étatiques à Conakry.

Le Dr Sékou Gouressy Condé a dit  dans son  discours d’ouverture  que ce projet vise à  poser une culture de dialogue, de la concertation et de la réalisation d’actions conjointes entre tous les acteurs impliqués sur les questions de paix, de citoyenneté et de gouvernance locale.

« Il doit permettre une mobilisation des différentes organisations de la société civile guinéenne ainsi que les acteurs des organismes et institutions nationales et internationales, autour de ces 3 thématiques, enfin de construire l’habitude de travailler ensemble dans une parfaite synergie», martèle-t-il.

Il a aussi souligné que cet exercice va permettre aux membres de chaque groupe de proposer des thèmes de réflexion qui seront débattus lors des six rencontres d’échanges planifiés dans le plan d’action globale du projet.

A noter que les grands partis politiques du pays étaient invités mais seul l’UFR a répondu à l’invitation. La rencontre prendra fin demain ce samedi 17 juin 2017.

Aboubacar Pastoria Camara

 

La Plateforme des jeunes leaders de l'axe pour la Démocratie et le Développement -PJDD- a été officiellement lancée ce samedi 18 février 2017, au cours d'une conférence, à Conakry. Appuyée par le projet la Baïonnette Intelligente, la PJDD a pour "souci de réduire les pertes  et optimiser les résultats de [sa] lutte" pour l'instauration de la démocratie en Guinée et pour de manifestations non violentes.

Ibrahima Aminata Diallo est le président de la PJDD. Dans son intervention, il a rappelé que "la commune de Ratoma et plus particulièrement l'Axe Hamdallaye - Bambeto- Cosa -Wanindara- Cimenterie -Kgbèlèn est considérée comme une zone de violence (...) en raison de confrontations brutales entre des jeunes qui manifestent leur indignation contre les méfaits d'une mal gouvernance endémique et les forces de sécurité déployées par l'Etat pour mater dans le sang les manifestants."

Parmi les motifs de manifestations, M. Diallo cite entre autres l'insuffisance notoire des services sociaux de base, la pauvreté aigüe et persistante, le chômage et le manque de perspectives aggravé par l'arbitraire, la stigmatisation et l'impunité. Selon lui, la lutte menée par les jeunes de cette zone a engendré d'innombrables pertes en vies humaines, des handicapés à vie, des blessés, des femmes violées, des torturés et des emprisonnés dans des conditions atroces.

C'est en dépit de ces facteurs que le projet la "Baïonnette Intelligente" a décidé d'appuyer les jeunes de cet axe pour leur octroyer des formations sur des sujets divers liés au respect des droits de l'homme "dans le but d'améliorer leur lutte en   adoptant des méthodes de non violences inspirées de Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et Stephan Hessel".

"L'objectif de la plateforme est d'unir les jeunes de Guinée autour de la construction ensemble d'un Etat de droit. A ce titre, la PJDD se veut comme la locomotive de la démocratie en Guinée", affirme le président de la PJDD. Avant de rappeler que cette plateforme "s'engage pour l'égalité en droits des citoyens, la non-violence, la tolérance, le dialogue et la solidarité".

M. Diallo d'ajouter: "nous ne sommes pas pour une Guinée qui change mais pour une Guinée qui avance et avance dans la bonne direction" et "dont la gouvernance est contrôlée par les citoyens au profit de l'intérêt général".

Enfin, précise Kaly Diallo, du projet "Baïonnette Intelligente", "la lutte non-violente ne signifie ni lâcheté, ni renoncement mais plutôt une détermination encore plus forte à lutter contre les injustices"

Faut-il noter que cette pjdd rassemble une vingtaine d'associations et est dirigée par un bureau exécutif  de neuf membres.

Amadou Kendessa Diallo

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Les médias privés guinéens traversent actuellement une période de trouble. Depuis la sortie médiatique du Président de la République de Guinée contre les médias qui diffuseraient les propos de l'intrépide syndicaliste, Aboubacar Soumah, la presse  est l'objet de critiques de la part des proches du pouvoir et autres affidés du régime.

C'est dans ce cadre que le Mouvement Stop à la Mauvaise Gouvernance en collaboration avec la Plateforme nationale des Citoyens pour le Développement (PCUD) a décidé de lancer "une campagne de dénonciation des abus du pouvoir exercés sur la presse guinéenne".

#Libereznosmédias, c'est le slogan de cette campagne dont l'objectif visé est, selon les initiateurs, d'"apporter un soutien à la presse guinéenne pendant ces moments difficiles, d'attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la menace qui pèse sur la liberté de la presse et d’expression en Guinée et de pousser les autorités (Présidence de la République) à ne pas s’immiscer dans les prérogatives de la Haute Autorité de Communication (HAC)".

Enfin, "le Mouvement STOP appelle tous les citoyens et toutes les organisations à la mobilisation pour la défense de la liberté de presse en utilisant le Hastag : #Libereznosmédias".

La création de ce mouvement fait ainsi "suite à la fermeture injuste de deux organes de presse guinéenne (Gangan TV et BTA Fm) et aux multiples menaces à l’endroit de l’ensemble de Presse et de la Jeune Démocratie Guinéennes".

Amadou Kendessa Diallo

664 24 54 78

Malgré le protocole d’accord signé entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, les réactions sur les tares de l’éducation guinéenne se multiplient. C’est le cas du forum Civil Guinéen (FCG),  qui a, à travers un point de presse tenu ce mardi 21 février 2017, flingué l’Etat sur la crise qui secoue le système éducatif guinéen.

D’entrée, le président du Forum Civil Guinéen, Ibrahima Balaya Diallo, a condamné les violences survenues lundi 20 févier 2017, dans la capitale Conakry avant de revenir sur la crise qui a paralysé tout le système éducatif guinéen.  Par rapport au protocole d'accord signé entre les deux parties, il a exprimé tout scepticisme.

 « Moi, je ne saluerai pas l’accord qui est intervenu entre le gouvernement et les syndicats. Parce que j’ai eu la langue avec un certain nombre de syndicalistes qui me disent que c’est un faux-fuyant (défaite). Et que ce qui a été signé n’engage que ceux qui ont signé. Cela veut dire que la crise est là pendante », déplore le président du FCG.

Ibrahima Balaya Diallo dira que la crise du système éducatif est un problème entier. Mais selon lui, « le Président de la République devrait commencer par démettre de ses fonctions ces trois ministres en charge de l’éducation qui ont atteint leurs limites. Ils ne peuvent plus gérer l’éducation nationale ».

Pour le président du Forum Civil Guinéen, l’éducation est une question de stratégies mais il estime que depuis 2011 rien n’a changé dans le système éducatif guinéen. « Ce que nous avons  de plus enregistré, c’est la prolifération des universités alors que nous n’avons pas beaucoup d’enseignants qualifiés pour les universités. On a plus de 40 universités », fustige l’acteur de la société civile. 

Au vu de ce qui se passe dans le système éducatif guinéen, Ibrahima Balaya exprime sa crainte en ses termes : « aujourd’hui, le problème c’est qu’en Guinée, on risque dans deux ou trois générations de ne pas pouvoir compétir avec les autres pays. Et pourtant, on est dans un monde de compétition, de néolibéral ou le vainqueur rafle la mise. On doit se lever pour que nos enfants soient parmi les élites du monde pas seulement des élites guinéennes. Mais aujourd’hui, nous n’en ferons pas le chemin parce que tout a été  dévoué dans le but de défendre les intérêts personnels ».

Par la même occasion, M. Balaya a dénoncé la corruption qui mine le système éducatif guinéen.

« On se rappelle avec le ministre de l’enseignement pré-universitaires qui faisait des budgets de 100 milliards pour organiser les examens après il a fallu de 41 milliards GNF. Il y avait une plus-value de plus de 50 milliards  GNF où est passé cet argent. C’est de la corruption la gabegie et la fabrication d’oligarchie qui  frustrent le peuple aujourd’hui », soutient-il.  

Toujours dans ses dénonciations, l’activiste de la société civile a réfuté les allégations comme quoi il y a eu de l’instrumentalisation des manifestations pour la réouverture des classes.

« Dépolitisons ce qui se passe actuellement dans notre pays parce qu’on veut dire qu’il  y’a de mains noires qui sont derrière mais c’est faux. Il n’y a pas d’instrumentalisation dans cette affaire. Aujourd’hui, l’éducation est en déroute parce que nous avons mis des personnes incapables qui ne savent rien régler et si nous nous laissons faire demain nous allons en tirer les conséquences parce que si nous n’avons pas une jeunesse éduquée nous fabriquons des délinquants », lance Ibrahima Balaya Diallo.  

Ibrahima Hôre Saala BAH

+224 664 64 48 95

 

Le retrait de certains pays africains de la Cour pénale internationale -CPI- n'est pas du goût de tous les Africains. Bah Oury, l'ancien vice-président de l'Union des forces démocratiques de la Guinée -UFDG- dénonce une montée du populisme au niveau de certains Etats africains.

A l'occasion de la commémoration  de l'an de la disparition du fondateur de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme -OGDH-, Thierno Madjou Sow,  tenue hier à Conakry, l'ancien exilé politique n'a pas manqué de souligner que:

"le populisme est en train de se développer. Des Etats africains sont en train de se dire pourquoi être au niveau de la Cour Pénale Internationale. Certains sont en train de se retirer comme l’Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie. Ce sont des dynamiques qui sont inquiétantes pour l’avenir des droits de l’Homme et de la démocratie surtout dans le continent africain.

Si on regarde ce qui se passe en Afrique, les violations massives des droits de l’homme sont extrêmement importantes;  la mort s’est banalisée. Les enfants qui essaient de traverser le Sahara et qui arrivent au niveau de la Méditerranée, il y a des forces qui n’hésitent pas à bousculer leur chaloupe pour qu’ils chavirent et qu’ils meurent.

Tout cela doit nous interpeller et nous poser la question des droits de l’homme, car les droits de l’homme, ce n’est plus un Etat qui peut seulement être la cause des violentions, il y a beaucoup de forces, des pratiques qui peuvent aller à l’encontre des Droits de l’Homme".

Membre fondateur de l'OGDH-Guinée, Bah Oury a rappelé à cette conférence que "le 24 novembre 1990, un jeune étudiant, Sékou Traoré, a été abattu à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry par les forces de l’ordre. L’une des premières actions publiques de l’OGDH est que le 25 novembre 1990, nous avions appelé à une manifestation de protestation contre l’utilisation des armes à feu contre les manifestants pacifiques".

En organisant cette manifestation, se rappelle-t-il, "le Docteur Thierno Madjou Sow (défunt président de l'OGDH), moi-même et d’autres étudiants, nous avions été arrêtés, nous avons été gardés pendant trois jours. Ça été le baptême de feu de l’OGDH".

Pour Bah Oury "nous sommes dans un contexte international où il y a beaucoup de remises en cause, où les causes démocratiques ou les causes des droits de l’homme, ou des causes pour lesquelles beaucoup de peuples sont élevés pendant de longues années, suite aux leçons tirées de la seconde guerre mondiale, sont en train d’être oubliées".

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

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