"La paix, ce n'est pas l'absence de la guerre", dit-on souvent. C'est un comportement, disait l'ancien président ivoirien, Houphouët Boigny.  C'est dans ce cadre de la mise en place de concertation sur la paix, la citoyenneté et la gouvernance locale en Guinée, qu'une rencontre  d’échanges entre les différents acteurs, pour poser un diagnostic sur ces questions de paix est organisée par la Convention nationale des acteurs étatiques à Conakry.

Le Dr Sékou Gouressy Condé a dit  dans son  discours d’ouverture  que ce projet vise à  poser une culture de dialogue, de la concertation et de la réalisation d’actions conjointes entre tous les acteurs impliqués sur les questions de paix, de citoyenneté et de gouvernance locale.

« Il doit permettre une mobilisation des différentes organisations de la société civile guinéenne ainsi que les acteurs des organismes et institutions nationales et internationales, autour de ces 3 thématiques, enfin de construire l’habitude de travailler ensemble dans une parfaite synergie», martèle-t-il.

Il a aussi souligné que cet exercice va permettre aux membres de chaque groupe de proposer des thèmes de réflexion qui seront débattus lors des six rencontres d’échanges planifiés dans le plan d’action globale du projet.

A noter que les grands partis politiques du pays étaient invités mais seul l’UFR a répondu à l’invitation. La rencontre prendra fin demain ce samedi 17 juin 2017.

Aboubacar Pastoria Camara

 

Malgré le protocole d’accord signé entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation, les réactions sur les tares de l’éducation guinéenne se multiplient. C’est le cas du forum Civil Guinéen (FCG),  qui a, à travers un point de presse tenu ce mardi 21 février 2017, flingué l’Etat sur la crise qui secoue le système éducatif guinéen.

D’entrée, le président du Forum Civil Guinéen, Ibrahima Balaya Diallo, a condamné les violences survenues lundi 20 févier 2017, dans la capitale Conakry avant de revenir sur la crise qui a paralysé tout le système éducatif guinéen.  Par rapport au protocole d'accord signé entre les deux parties, il a exprimé tout scepticisme.

 « Moi, je ne saluerai pas l’accord qui est intervenu entre le gouvernement et les syndicats. Parce que j’ai eu la langue avec un certain nombre de syndicalistes qui me disent que c’est un faux-fuyant (défaite). Et que ce qui a été signé n’engage que ceux qui ont signé. Cela veut dire que la crise est là pendante », déplore le président du FCG.

Ibrahima Balaya Diallo dira que la crise du système éducatif est un problème entier. Mais selon lui, « le Président de la République devrait commencer par démettre de ses fonctions ces trois ministres en charge de l’éducation qui ont atteint leurs limites. Ils ne peuvent plus gérer l’éducation nationale ».

Pour le président du Forum Civil Guinéen, l’éducation est une question de stratégies mais il estime que depuis 2011 rien n’a changé dans le système éducatif guinéen. « Ce que nous avons  de plus enregistré, c’est la prolifération des universités alors que nous n’avons pas beaucoup d’enseignants qualifiés pour les universités. On a plus de 40 universités », fustige l’acteur de la société civile. 

Au vu de ce qui se passe dans le système éducatif guinéen, Ibrahima Balaya exprime sa crainte en ses termes : « aujourd’hui, le problème c’est qu’en Guinée, on risque dans deux ou trois générations de ne pas pouvoir compétir avec les autres pays. Et pourtant, on est dans un monde de compétition, de néolibéral ou le vainqueur rafle la mise. On doit se lever pour que nos enfants soient parmi les élites du monde pas seulement des élites guinéennes. Mais aujourd’hui, nous n’en ferons pas le chemin parce que tout a été  dévoué dans le but de défendre les intérêts personnels ».

Par la même occasion, M. Balaya a dénoncé la corruption qui mine le système éducatif guinéen.

« On se rappelle avec le ministre de l’enseignement pré-universitaires qui faisait des budgets de 100 milliards pour organiser les examens après il a fallu de 41 milliards GNF. Il y avait une plus-value de plus de 50 milliards  GNF où est passé cet argent. C’est de la corruption la gabegie et la fabrication d’oligarchie qui  frustrent le peuple aujourd’hui », soutient-il.  

Toujours dans ses dénonciations, l’activiste de la société civile a réfuté les allégations comme quoi il y a eu de l’instrumentalisation des manifestations pour la réouverture des classes.

« Dépolitisons ce qui se passe actuellement dans notre pays parce qu’on veut dire qu’il  y’a de mains noires qui sont derrière mais c’est faux. Il n’y a pas d’instrumentalisation dans cette affaire. Aujourd’hui, l’éducation est en déroute parce que nous avons mis des personnes incapables qui ne savent rien régler et si nous nous laissons faire demain nous allons en tirer les conséquences parce que si nous n’avons pas une jeunesse éduquée nous fabriquons des délinquants », lance Ibrahima Balaya Diallo.  

Ibrahima Hôre Saala BAH

+224 664 64 48 95

 

Le retrait de certains pays africains de la Cour pénale internationale -CPI- n'est pas du goût de tous les Africains. Bah Oury, l'ancien vice-président de l'Union des forces démocratiques de la Guinée -UFDG- dénonce une montée du populisme au niveau de certains Etats africains.

A l'occasion de la commémoration  de l'an de la disparition du fondateur de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme -OGDH-, Thierno Madjou Sow,  tenue hier à Conakry, l'ancien exilé politique n'a pas manqué de souligner que:

"le populisme est en train de se développer. Des Etats africains sont en train de se dire pourquoi être au niveau de la Cour Pénale Internationale. Certains sont en train de se retirer comme l’Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie. Ce sont des dynamiques qui sont inquiétantes pour l’avenir des droits de l’Homme et de la démocratie surtout dans le continent africain.

Si on regarde ce qui se passe en Afrique, les violations massives des droits de l’homme sont extrêmement importantes;  la mort s’est banalisée. Les enfants qui essaient de traverser le Sahara et qui arrivent au niveau de la Méditerranée, il y a des forces qui n’hésitent pas à bousculer leur chaloupe pour qu’ils chavirent et qu’ils meurent.

Tout cela doit nous interpeller et nous poser la question des droits de l’homme, car les droits de l’homme, ce n’est plus un Etat qui peut seulement être la cause des violentions, il y a beaucoup de forces, des pratiques qui peuvent aller à l’encontre des Droits de l’Homme".

Membre fondateur de l'OGDH-Guinée, Bah Oury a rappelé à cette conférence que "le 24 novembre 1990, un jeune étudiant, Sékou Traoré, a été abattu à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry par les forces de l’ordre. L’une des premières actions publiques de l’OGDH est que le 25 novembre 1990, nous avions appelé à une manifestation de protestation contre l’utilisation des armes à feu contre les manifestants pacifiques".

En organisant cette manifestation, se rappelle-t-il, "le Docteur Thierno Madjou Sow (défunt président de l'OGDH), moi-même et d’autres étudiants, nous avions été arrêtés, nous avons été gardés pendant trois jours. Ça été le baptême de feu de l’OGDH".

Pour Bah Oury "nous sommes dans un contexte international où il y a beaucoup de remises en cause, où les causes démocratiques ou les causes des droits de l’homme, ou des causes pour lesquelles beaucoup de peuples sont élevés pendant de longues années, suite aux leçons tirées de la seconde guerre mondiale, sont en train d’être oubliées".

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité et la délinquance dans les communes de Kaloum et de Dixinn, le CECIDE  en collaboration avec COGINTA a procédé à la  remise  d’un chèque de deux cent dix millions GNF aux associations. La cérémonie a eu lieu ce 7 septembre 2016 à la maison de la presse de Guinée.

Dans son allocution, le coordinateur de programme au CECIDE,  Moussa Nimaga, a rappelé que sur un total de 54 candidatures, seulement dix (10) associations ont été retenues.

"Le montant de la subvention est de 2 500 USD par association au taux de 8400, soit vingt-un million GNF", dit-il.

Le coordinateur a ensuite rappelé l’objectif du CECIDE qui est d’encourager les jeunes et les femmes à travailler avec les services de sécurité sur des initiatives de lutte contre la criminalité, la délinquance et l’insécurité sur toutes ses formes.

Pour sa part, M. Prevo, le représentant de l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique en Guinée a signalé l’engagement de son institution  à soutenir le CECIDE dans la lutte contre la criminalité et la délinquance en Guinée.

Présent à la cérémonie, le directeur national de la sûreté urbaine de Conakry et porte-parole de la police nationale, le commissaire Boubacar  Kassé, s'est exprimé sur l’importance de la création de la police de proximité avant de remercier les donateurs.

La cérémonie a pris fin par la remise des chèques aux bénéficiaires.

Aboubacar Pastoria Camara

La Plateforme des jeunes leaders de l'axe pour la Démocratie et le Développement -PJDD- a été officiellement lancée ce samedi 18 février 2017, au cours d'une conférence, à Conakry. Appuyée par le projet la Baïonnette Intelligente, la PJDD a pour "souci de réduire les pertes  et optimiser les résultats de [sa] lutte" pour l'instauration de la démocratie en Guinée et pour de manifestations non violentes.

Ibrahima Aminata Diallo est le président de la PJDD. Dans son intervention, il a rappelé que "la commune de Ratoma et plus particulièrement l'Axe Hamdallaye - Bambeto- Cosa -Wanindara- Cimenterie -Kgbèlèn est considérée comme une zone de violence (...) en raison de confrontations brutales entre des jeunes qui manifestent leur indignation contre les méfaits d'une mal gouvernance endémique et les forces de sécurité déployées par l'Etat pour mater dans le sang les manifestants."

Parmi les motifs de manifestations, M. Diallo cite entre autres l'insuffisance notoire des services sociaux de base, la pauvreté aigüe et persistante, le chômage et le manque de perspectives aggravé par l'arbitraire, la stigmatisation et l'impunité. Selon lui, la lutte menée par les jeunes de cette zone a engendré d'innombrables pertes en vies humaines, des handicapés à vie, des blessés, des femmes violées, des torturés et des emprisonnés dans des conditions atroces.

C'est en dépit de ces facteurs que le projet la "Baïonnette Intelligente" a décidé d'appuyer les jeunes de cet axe pour leur octroyer des formations sur des sujets divers liés au respect des droits de l'homme "dans le but d'améliorer leur lutte en   adoptant des méthodes de non violences inspirées de Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et Stephan Hessel".

"L'objectif de la plateforme est d'unir les jeunes de Guinée autour de la construction ensemble d'un Etat de droit. A ce titre, la PJDD se veut comme la locomotive de la démocratie en Guinée", affirme le président de la PJDD. Avant de rappeler que cette plateforme "s'engage pour l'égalité en droits des citoyens, la non-violence, la tolérance, le dialogue et la solidarité".

M. Diallo d'ajouter: "nous ne sommes pas pour une Guinée qui change mais pour une Guinée qui avance et avance dans la bonne direction" et "dont la gouvernance est contrôlée par les citoyens au profit de l'intérêt général".

Enfin, précise Kaly Diallo, du projet "Baïonnette Intelligente", "la lutte non-violente ne signifie ni lâcheté, ni renoncement mais plutôt une détermination encore plus forte à lutter contre les injustices"

Faut-il noter que cette pjdd rassemble une vingtaine d'associations et est dirigée par un bureau exécutif  de neuf membres.

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

Dans sa logique de protestation et de contestation de l'accord politique inter-guinéen signé le 12 octobre dernier entre la mouvance et l'opposition sous les auspices du ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, le général Bouréma Condé, la société civile a entamé une campagne de sensibilisation dans les communes. Objectif, éviter la désignation des présidents des quartiers et des districts par des partis politiques au prorata des suffrages comme stipulé dans l'accord cité ci-haut.

Le président de l'une des plus grandes plateformes de la société civile guinéenne, Dansa Kourouma et ses lieutenants poursuivent la sensibilisation des citoyens à la base dans le but d'éviter le vote du projet de loi portant restructuration de la Commission électorale nationale indépendante -Ceni- qui sera, probablement, soumis à l'assemblée nationale pour approbation.

Cette action de la société civile version Cnosc, Conasoc, Reciproc, etc, ne fait pas l'unanimité en son sein. Pas plus que jeudi, un membre influent du conseil national des organisations de la société civile -Cnosc-, Aboubacar Sylla, a annoncé sa démission du bureau exécutif pour, dit-il, à cause de sa mauvaise gouvernance et de son inconstance.

Très décrié après la signature de l'accord du 12 octobre, le vice-président du Cnosc, le Dr Alpha Abdoulaye Diallo, a appelé vendredi les responsables de sa structure à "assumer" toute leur responsabilité. Tout en indiquant au passage que cette signature est "un grand pas" et a permis de décrisper la situation sociopolitique du pays.

Comme si cela ne suffisait pas, le Cnosc et ses plateformes partenaires se sont lancées dans une offensive de sensibilisation des populations de la commune de Matoto, la plus grande du pays. Ces acteurs de la société veulent que les chefs de quartiers et les présidents de districts soient élus. Ils dénoncent depuis la signature de l'accord "la politisation à outrance" des structures administratives à la base.

Seront-ils entendus? c'est bien là la vraie question car, cette même société civile s'est décrédibilisée aux yeux de l'opinion nationale. Elle ne semble plus être efficace et attentive aux préoccupations majeures des citoyens comme l'amélioration de leurs conditions de vie.

En attendant le vote qui sera soumis au Parlement, la société civile et les partis politiques dénonciateurs de l'accord du 12 octobre ont un énorme défi. Sauront-ils le lever? wait and see!

Amadou Kendessa Diallo pour lejourguinee

Tel: (+224) 664 24 54 78

 

Plusieurs Ong de défense des droits de l'homme en Guinée ont, à travers une déclaration, dénoncé la confiscation par les autorités publiques de certaines libertés individuelles. Elles se disent inquiétées par l'attitude des autorités publiques notamment la mairie de Matoto. (Déclaration)

Nous, collectif d’ONG des droits de l'homme, avons le regret de constater que les libertés individuelles consacrées par la Constitution et les lois de la République sont en train d'être confisquées par les autorités publiques. Nous exprimons de plus notre inquiétude sur l'attitude de la justice guinéenne qui constitue le seul recours des citoyens en cas d'abus d'autorité et qui, il faut le dire, fait preuve de partialité dans l'interpellation et le jugement des citoyens.

Le collectif des ONG de défense des droits de l'homme, tient à rappeler un certain nombre de faits qui fonde son inquiétude et la nécessité ressentie de diffuser ce présent communiqué de presse.

Le 21 Juillet 2016, un groupe de douze jeunes dont une femme mère de trois enfants a été arrêté et emprisonné à la maison centrale de Conakry sur instruction du Maire de Matoto.  Regroupés autour de l’organisation dénommée Mouvement pour la Défense des Droits de la Jeunesse-MDDJ, ces jeunes, dont la plupart sont diplômés sans emploi, ont voulu manifester sur la voie publique pour interpeller les autorités guinéennes (i) sur les conditions de vie exécrables qui poussent leurs amis à aller mourir dans la Méditerrané pour rejoindre l'Europe, (ii) contre la manipulation politique dont sont victimes les jeunes, (iii)mais aussi, et ce en vertu des articles 19 et 20 de la Constitution, contre l'exploitation et l'abandon de la Jeunesse, et pour la création d'un environnement favorable à l'emploi.

Après avoir informé les autorités communales de Matoto de leur volonté de manifester à travers un courrier en date du 18 Juillet 2016, ces dernières n’ont délivré aucun acte administratif interdisant la marche. Le maire s'est en effet contenté d'émettre, dans la soirée du 20 juillet, un appel téléphonique pour demander aux jeunes de changer de méthode d'opération, ainsi que l'itinéraire de leur manifestation.

Dans le but de respecter les consignes données par le maire, les jeunes du Mouvement de Défense des Droits des Jeunes se sont regroupés au stade de Gbessia Centre avec leurs pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire :

« Nous ne voulons plus que les jeunes guinéens meurent sur les côtes marocaines et libyennes » ;

«Où sont nos tablettes ? », (Allusion faite aux promesses du Président Alpha Condé de doter chaque étudiant guinéen d'une tablette) ;

« Non à la manipulation des jeunes guinéens par les acteurs politiques » ;

« Les jeunes guinéens veulent de l'emploi ».

Sur les lieux, ils ont été interpellés par des gendarmes qui les ont tout d'abord sommés de quitter les lieux, avant de les embarquer quelques minutes plus tard pour la police de Matoto pour être entendus sur procès-verbal. Déférés le même jour devant le substitut du procureur du Tribunal de Mafanco, ce dernier les a inculpés le 21 juillet pour attroupement interdit et placé sous mandat de dépôt à la sûreté de Conakry.

C’est ainsi qu’ils ont été dans un premier temps, emprisonnés dans des cellules occupées par des criminels, avant d'être déplacés dans un autre endroit plus ou moins acceptable suite à la visite du collectif des ONG de défense des droits de l'homme.

Face à cette situation, nous, ONGs de défense des droits de l'homme foncièrement attachées à l'exercice des libertés publiques et signataires de la présente déclaration:

Regrettons vivement la décision des autorités communales de Matoto interdisant les manifestations pacifiques des citoyens et la décision du procureur du Tribunal de Mafanco inculpant les jeunes du Mouvement pour la Défense des Droits de la Jeunesse en dépit du fait que la manifestation ait été autorisée.

Appelons :

- nos acteurs politiques à plus de retenue et de responsabilité dans leurs actions pour préserver la paix et la quiétude sociale, afin de maintenir un environnement favorable au développement du pays par l'investissement et la création d'emplois ;

- les autorités communales et gouvernementales à veiller à l'exercice des libertés publiques dans le respect de la loi en vigueur, sans aucune discrimination ;

- les magistrats à appliquer la loi en toute impartialité dans le strict respect de la procédure.

Conakry, Août 2016

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