Dans la capitale burkinabè, la vie semblait retrouver tranquillement son cours, malgré une présence militaire importante. Mais beaucoup demandent désormais des comptes, et dans le reste du pays, la rue ne décolère pas, même après le mea culpa du leader des putschistes.
À Ouagadougou, la vie semble avoir retrouvé son cours, après une totale paralysie des commerces et des institutions. Depuis ce mercredi matin, il y a de longues files d’attente devant les guichets de banque. Les stations-service recommencent à servir le carburant. Même si le marché central de Ouagadougou n’a pas rouvert ses portes, les commerçants, autour du marché et sur les bas-côtés des grandes artères de la capitale, ont ressorti les marchandises de leurs boutiques.
Les marchés secondaires situés dans les quartiers grouillaient de monde autour de cette journée. La circulation revient petit à petit à la normale. Beaucoup de véhicules circulent d’ailleurs au centre-ville, contrairement aux derniers jours. Même si les Ouagalais se plaignent de leur situation financière, certaines personnes ont fait un tour dans les marchés pour s’approvisionner pour la fête de la Tabaski de demain.
LA FÊTE DE LA TABASKI GÂCHÉE PAR LA CRISE À OUAGADOUGOU
Avec la crise que traverse le pays et la fermeture des établissements financiers, l'achat du bélier n'est pas au programme.
Les commerçants, qui avaient l’habitude de multiplier leur chiffre d’affaires, ruminent leur colère contre les auteurs du coup d’Etat, qui a paralysé le pays pendant plus d’une semaine. Beaucoup d'habitants demandent d'ailleurs aujourd'hui des comptes.
Diendéré doit « se rendre à la justice »
Selon notre correspondant, malgré les signes de reprise de l’activité économique, les signes de la crise sont toujours perceptibles dans la capitale. Un grand périmètre de sécurité est toujours dressé autour de l’état-major des armées et du camp Guillaume Ouedragogo de Ouagadougou, par les forces armées. On a vu également des soldats postés à des endroits de la ville également. « Les choses retournent effectivement à la normale [et] ce soir, l’armée régulière a repris le contrôle de la ville , confirme Guy Hervé Kam, porte-parole du Balai citoyen,
Mais selon lui le mea culpa du général Diendéré ne passe toujours pas. « Le plus grand bien qu’il puisse faire au peuple burkinabè, c’est de se rendre à la justice », affirme-t-il, ajoutant que tant que cela ne serait pas fait, « le peuple burkinabè ne croira pas un seul mot de ce qu’il dit. »
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