Alpha Condé, dans l'achat de l'électeur

Mouvance

Nous savions tous, vous et moi que SEKOUTOUREYAH n'est ni une académie de prudence ni un théâtre d'héroïsme mais un palais de vanité, où  conseillers et ministres incompétents et compétents se croisent et se regardent en chiens de faïences. Mais nous ne savions pas que ce comportement ostentatoire n'avait pas ses limites.

Le président Alpha Condé, gardien de la bonne conscience, en se livrant de son propre chef à cette arrogance, manifeste non seulement son insuffisance face à la démocratie dont il prétend être le père en Guinée mais aussi sa dégradation face à un peuple dont il dit, avoir donné en cinq ans ce qu’il n'a pas eu en cinquante ans.

Où Alpha Condé a trouvé tout cet argent qu'il distribue à tout bout de champ? Comme pour dire aux électeurs: Je suis riche, élisez-moi! Oui Alpha Condé est riche. Il y a cinq ans, il se battait pour trouver 400 millions GNF afin de pouvoir participer à une élection présidentielle qu'il a pourtant lorgnée d'un air sévère pendant cinquante ans. En cinq  jours seulement, Alpha Condé donne, moyennant bulletins de vote, l'équivalent ou plus, le montant qu'il a, il y a cinq ans, avant de rentrer à SEKOUTOUREYAH eu du mal à collecter.

Plus que jamais le comportement ostentatoire du président Guinéen attise le débat sur le pillage des deniers publics.

Il y a encore cinq ans, un certain général Sekouba Konate, président de la transition Guinéenne, quittait la Guinée en ne laissant à 12 millions des Guinéens que 400$ dans leur banque centrale pour ne pas dire leur banque nationale. Attention! Soyez équitables et faites-nous le partage. Aujourd'hui le Général, sans s'inquiété mène une vie dorée  entre New-York  et Addis-Abeba.

Le temps n'est pas prescrit encore. Il y a presque quinze ans, on avait lu cette expression de gratitude dans les colonnes de Jeune Afrique: « Je ne donnerai pas du sang à boire à celui qui m'a toujours donné du lait à boire.» Elle est dédiée au défunt président Lansana Conté par un des ministères aujourd'hui, le plus puissant du gouvernement d'Alpha Condé, qu'un chargé de communication d'un parti politique Guinéen appelait, il y a quelques jours devant nos confrères de la Radio Nostalgie Guinée, l'ingénieure en fabrication de billets de banque. Il s'appelle: Ibrahima Kassory Fofana. Attention! Les billets de banque haut de gamme, il y en a depuis quelques semaines à gogo sur le sol Guinéen. Oui. Monsieur Fofana avait bu ce         lait-là. Il l'avait bu à satiété.

Mais qui a dit que qui a bu boira? Ce ministre qui traîne aujourd'hui un ministère taillé à la mesure de son passé, avait bu ce lait avant d'aller paisiblement s’installer chez l’oncle SAM en laissant des millions de ses compatriotes dans la misère et la mendicité. Il est de retour, il vient  boire, boire, boire encore. Mais cette fois-ci sous la bénédiction d’un autre président, Alpha Condé.

Mais la Guinée est un pays crédule, où pour être considéré il faut savoir utiliser les biens publics avec arrogance et sans aucune retenue, prétendre avoir eu un cursus à l’étranger notamment en occident, afficher  un calme éloquent sans jamais oublier de creuser une différence avec le petit peuple.

Pourtant ceux qui ont lu et écouter les interventions d'Alpha Condé avant son arrivée à Sekoutoureyah peuvent être  déçus et étonnés.

Déçus, oui de voir Alpha Condé  pratiquer à outrance les comportements qu’il vilipendait hier. Étonnés, oui de voir Alpha Condé approcher et promouvoir ceux qu'il a toujours stigmatisés. Alors on peut se demander la différence qui existerait entre Alpha Condé et ses prédécesseurs?

Ça peut choquer, mais si différence il y a, c'est sans doute sous l'angle de la gouvernance. Et, sous cet angle-là, ces prédécesseurs peuvent être plus côtés car, si eux ont divisé pour régner, Alpha Condé lui, a jusqu'ici régné pour diviser. Partant, son héritage est plus lourd de conséquences. Son bilan économique quoi qu’on en dise, on ne peut pas le détacher de sa gouvernance. Et, chacun sait qu’on  ne peut pas bâtir une réussite économique sur les décombres d'une collectivité socialement divisée.

Qu'il ait décidé avec son séjour prolongé au Foutah de parler aux Foutanniens, de leur serrer la main, en leur restituant quelques miettes de son butin, peut-être interprété comme un sentiment de regret et un prélude à un changement de camp pour ne pas dire de politique.  Mais il faut encore se méfier, nous sommes juste dans la campagne du premier tour de l'élection présidentielle. Et, chacun le sait, les promesses d'Alpha Condé n'engagent que celles et ceux qui les reçoivent.

ELHADJ BAH pour lejourguinee au benelux/ membre de club Press Brussels, Europe      

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