Motion de défiance à Kélèfa Sall : « Les signataires doivent être arrêtés et condamnés », dixit Mousliou Haidara

Politique

Dans un entretien téléphonique qu’ils nous accordés, Mohamed Mousliou Haidara, membre de l’UFDG dénonce la destitution du président de la Cour constitutionnelle. Selon ce juriste de formation, cette motion est une violation des lois de la République. Par conséquent, les signataires doivent être poursuivis devant la justice. Nous vous proposons extrait de cet entretien.

« Il faut faire la lecture à deux niveaux, sur le plan juridique et politique.

Sur le plan juridique, cette soi-disant motion n’a aucune valeur juridique. La constitution et la loi organique sur la Cour constitutionnelle ont prévu des dispositions qui indiquent les conditions dans lesquelles le président peut démissionner de ses fonctions. Il n’y a que deux conditions. Premièrement, c’est en cas de parjure ; c’est-à-dire c’est lorsqu’il est prouvé qu’il a violé son serment qu’il avait prêté avant d’entrer en fonction. Je pense que jusque-là personne n’a prouvé cela. Deuxièmement, c’est, s’il est condamné définitivement en matière pénale ; c’est-à-dire  s’il arrivait à commettre un crime et qu’il est jugé et condamné définitivement. A part ces deux conditions, il n’existe aucun autre moyen de démettre le président sauf en cas de décès ou de sa propre démission. Donc, juridiquement les signataires n’ont pas de base juridique.

Sur le plan politique, on peut dire qu’il y a une main noire à l’occurrence celle du Pr. Alpha Condé qui ces derniers temps est entrain de paralyser toutes les institutions qui peuvent jouer un contrepouvoir et à dessein parce qu’en ligne de mire on a tous en idée que c’est pour préparer un éventuel troisième mandat sans opposition. Tout le monde se rappel du discours mémorable de Kélèfa Sall, président de la Cour constitutionnelle qui mettait en garde contre les sirènes révisionnistes. Donc ceci n’a pas plus dans la sphère des révisionnistes qui veulent que le président essaye de trouver les voies et moyens pour un troisième mandat en évincent Kélèfa Sall et le remplacer par un autre acquis à sa cause qui pourrait l’aider pour un troisième mandat.

Mais, c’est une mauvaise lecture. Personne ne peut présager l’issu, si le président s’engageait dans une telle aventure. S’ils pensent qu’en éliminant Kélèfa, ça les permettra facilement de tripatouiller la constitution, ça c’est une lecture simpliste. Ils trouveront le peuple sur leur chemin.

Parlant des signataires de la motion, je dirais que c’est un coup de force constitutionnelle. On peut les considérer comme des rebelles, des criminels qui ont violé la loi. Ils doivent même être poursuivis arrêtés, jugés et condamné à la hauteur de leur forfaiture. Parce que c’est une forfaiture de la même façon si des militaires se lèvent pour aller tirer sur le palais présidentiel ».

Propos recueillis par Sadjo Diallo

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