100 jours à la primature : Kassory Fofana enchante

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Le Premier ministre Dr Ibrahima Kassory Fofana, était l’invité de l’émission ‘’Guinée actu’’ de la RTG, le mercredi 06 septembre 2018. Au cours de cet entretien, le chef du gouvernement nommé le 24 mai dernier est revenu sur ses 100 premiers jours à la primature. De la lutte contre l’insécurité aux dialogues sociopolitiques, en passant par la lutte contre la corruption, Kassory Fofana enchante les actions de son gouvernement.

De sa lecture des 100 jours

Les jours ne passent pas parce que l’action est permanente. Les enjeux sont difficiles. Les défis sont nombreux. Alors c’est un travail qui interpelle tous les jours. En prenant le poste, j’ai pris la mesure des problèmes à résoudre. Il y a des problèmes d’ordre structurel, d’ordre conjecturel. Donc j’ai engagé mon gouvernement sur des actions à court, moyens et long termes.

J’ai mis l’accent sur l’idée que nous devons aller au-delà des résultats macroéconomiques satisfaisants pour que ces résultats soient visibles dans les conditions de vie des Guinéens, c’est ma première déclaration en prenant fonction et dans ma déclaration de politique générale, j’ai les répété.

Insécurité

Les services de sécurités observent que la criminalité a diminué au moins de 25 à 30% sur le trimestre. C’est une réalité. La coordination entre les services de sécurité et de défense avec des missions mixtes de contrôle et de surveillance, ce travail a permis de cerner le sujet de l’insécurité. On est beaucoup plus en sécurité aujourd’hui qu’on l’était il y a trois mois, c’est claire, c’est une évidence. Je ne suis pas en train de dire que tous les problèmes sont réglés. Mais je suis en train de dire que les tendances sont bonnes. Il y a un programme de formation. Le problème avant, ce qu’il n’y avait pas de coordination entre les services de sécurités.

Infrastructure

Tous ces ponts et franchissements qui se sont écroulés, pas un seul n’a été construit sur les 20 dernières années. Tous, date de la période coloniale, ils ont atteint leurs durés de vie. Ce qui est à reprocher, ce que rien n’a été fait durant ces 60 ans pour procéder au changement de ces ouvrages. Maintenant que l’on est rattrapé, on y fait face.

Les projets majeures liés à ce type d’ouvrage sont essentiellement financés à hauteur de 85% au moins par les partenaires au développement, c’est-à-dire l’Etat n’y met qu’une part relativement faible.

Croissance économique

La croissance a pour source pas seulement l’investissement public, mais surtout l’investissement privé. Dans les conditions actuelles, quand vous regardez les volumes d’investissement qui portent la croissance économique de la Guinée, aujourd’hui, c’est le secteur minier. Et l’investissement dans le secteur minier ne vient pas des tiroirs du ministre des Finances, ça vient du privé, donc ça compromet. Mais par contre, je ne veux pas dire protéger l’effort public d’investissement n’est pas une nécessité, c’est nécessaire, il faut qu’on investisse dans les routes, dans la formation, dans l’environnement. Tout cela concourt à fouetter la croissance économique. Les coupes effectuées (par l’Assemblée nationale, lors de la loi de finance rectificative, ndlr), ne compromettent pas la croissance pour l’essentiel. Parce que nous avons la revue du portefeuille qui permet d’observer, il y a beaucoup de projet qui ne sont pas pertinent et qui ne sont pas mûr. Pourquoi retenir le budget des projets non mûrs, alors qu’il y a des besoins par ailleurs. Ce ne sont pas des coupes qui gênent fondamentalement le programme d’investissement.

Le PIB de la Guinée est mal évalué. La base de données d’évaluation repose sur le système de comptabilité national de 1968. Si vous réévaluez cela comme c’est en cours d’être fait parce qu’on est entrain de reprendre les données sur la base du système de comptabilité national de 1993 et de 2006 je crois, si vous réévaluez vous arrivez à un PIB non pas de 7 milliards comme ça y ait dans les données aujourd’hui, nous arrivons plutôt à un PIB de 10 milliards au jour d’aujourd’hui. Alors quand je dis, nous allons atteindre la croissance à deux chiffres, c’est par comparaison de toute chose étant égal comme on le dit. Si vous prenez vous utilisez le même mode d’évaluation et le même mode de comparaison d’année en année sur la base donc de notre façon de faire vous appliquez ça sur les chiffres des années 2016, 2017, 2018 jusqu’en 2020, vous vous apercevrez que nous sommes presque déjà à deux chiffres.

Les performances en termes de stabilité économique sont bonnes. Les Guinéens ne le sentent pas, il faut maintenant qu’ils le sentent à travers l’amélioration du cadre de vie.

Energie

La Guinée sort de ses difficultés dans un ou deux ans. En septembre 2019, nous aurons notre Souapeti qui va améliorer considérable la capacité énergétique du pays, ça nous met en position d’exportateur net d’électricité. Donc, un peu de patience, les Guinéens connaitront la stabilité de la fourniture d’énergie.

Eau

Je dois être honnête, les problèmes sont d’une telle complexité parce que ce n’est pas un secteur jugé prioritaire par les partenaires en terme de rentabilité économique. Nous sommes en train de travailler sur les dossiers permettant de régler le problème de l’eau.

Assainissement

Le gouvernement en a fait son cheval de bataille. Dieu merci, les mesures prises même si ça ne règle pas structurellement le problème, mais, ont permis d’éviter les grandes épidémies. On a sorti plus de 40 000 T d’ordures à Conakry. Nous avons décidé de consacrer le dernier samedi de chaque mois à l’assainissement. Nous l’avons fait trois fois. A la fin de l’année, nous aurons un opérateur qui va permettre la Guinée de s’attaquer de manière durable et pérenne à cette situation. Nous avons l’engagement financier de la communauté européenne et de la Banque islamique de développement. Donc 54 millions de dollars seront consacrés à cette opération. Cet argent sera dépensé sur l’achat des matériels, la rémunération de l’operateur, l’aménagement de la décharge de Dar-es-salam et l’aménagement d’une nouvelle décharge.

Emplois et formations

Les programmes de formations sont revus. Le budget sont protégés et même augmentés. Les filières sont en train d’être revues. On revoit le répertoire pour qu’il y ait cette adéquation entre le marché et les programmes de formation. Les initiatives d’emplois jeunes, je l’ai annoncé dans mon discours de politique générale, qu’on créera en 2019 une agence nationale d’inclusion sociale, pas simplement pour l’entreprenariat jeune, mais c’est pour la prise en compte de tous ceux qui dans la société ont du mal à survivre. Le problème d’emplois jeunes, c’est le problème clé. On ne peut pas régler ce problème en trois mois. Mais les tendances sont bonnes. Nous sommes en train de les abordés de manière structurelle. Nous allons créer des centres de formations dans les semaines et mois à venir.

Dialogue sociale et politique

Il y a une amélioration du point de vue stabilité du pays. On a pris fonction dans de condition de crise économique parce que la Guinée allait être coupée de la possibilité de s’approvisionner le carburant. On ne pouvait plus continuer à vendre au consommateur à 8 000 GNF. Ça coutait au moment où on prenait la décision, 140 milliards de GNF par mois de subvention qui profitait simplement au pays voisin et aux entreprises minières.

Nous sommes le pays le plus financé de la sous-région.

La crise économique, on me dit qu’il ne fallait pas augmenter le prix du carburant sans consulter, mais partout au monde dans le libéralisme, les décisions relèvent du gouvernement. Maintenant les conséquences de ces décisions font objet de négociation avec les parties. Si on n’augmentait pas, on allait coupés la possibilité de financement auxquels on avait droit. Donc cette augmentation, c’est la bonne décision pour la Guinée.

Mais ce n’est pas le rôle de la société civile de parler certaines choses ou des syndicalistes de demander à revoir le budget, faire une coupe budgétaire pour augmenter le salaire des fonctionnaires. Ils ne peuvent pas être mes interlocuteurs pour parler du budget. Même moi j’ai l’obligation d’exécuter le budget tel qu’il est voté par l’Assemblée nationale. Si un corps social a un problème avec ce budget, qu’il se refaire à l’Assemblée. Comment voulez-vous qu’on puisse aller dans le sens d’un dialogue serein, si on n’a pas la même perception des rôles.

On a ouvert les négociations avec le SLECG. En tout état cause il faut dire la vérité, il n’est pas possible qu’on puisse donner les 40% d’augmentation de salaire sur un exercice budgétaire et qu’on revienne pour dire il faut augmenter encore. On ne peut pas négocier 8 millions de salaire de base. On n’a pas ces moyens.

J’ai pris comme première priorité de l’action de mon gouvernement, le dialogue social. J’ai fait le tour des états-majors des partis politiques pour essayer de les écouter et comprendre les problèmes et demander qu’ils me saisissent des referendums sur les voies de sortie de crise. Sur cette base, nous avons organisé au niveau du gouvernement des consultations qui ont permis aujourd’hui à régler la crise politique.

On ne doit pas autoriser indéfiniment les perturbations de la ville. Je suis ferme là-dessus. Je ne suis pas en train de dire, c’est interdit. Mais je suis en train de dire que si la stabilité est menacée, le gouvernement prendra ses responsabilités pour éviter que les conséquences interviennent et qu’on soit dans une situation de regret d’ensemble.

Retard de l’installation des conseillers communaux

Le budget est dégagé et encaissé. Mais un souhait a été exprimé par l’opposition pour dire que c’est la période de pèlerinage, il y a des candidats qui sont en pèlerinage, ça peut créer des problèmes parce qu’on ne peut pas voter par procuration.

Lutte contre la corruption

La lutte contre la corruption et la création de l’emploi sont des dénominateurs communs dans les missions assignées aux membres du gouvernement. Toute une batterie de mesure est en cours sur le plan institutionnel, on revoit les choses. Mais quand les gens disent il a déjà sanctionné deux ça s’arrête là, mais qu’on me donne des preuves de corruption. Je ne peux pas prendre la plume pour sanctionner, on est dans un Etat de droit. Ces deux cas (poursuite des deux anciens directeurs généraux de l’OGP et de l’OGC, ndlr), je les ai trouvés sur la table de mon prédécesseur. Donc, j’ai pris la décision pour ne pas être dans l’arbitraire, de les renvoyer devant les tribunaux. Mais qu’on ne me dise pas sans dossier, il faut continuer. J’ai déjà dans mon travail une série d’établissement public qui doit faire l’objet de contrôle systématique, de moyen, de finance. A l’issue de ça, s’il y a des cas répressibles, on le fera. Je dis aux citoyens, si vous avez des cas de corruption, les portes de la primature sont ouvertes, venez nous en saisir.

Il y a un aspect incitatif, Comment pouvez-vous confiez 100 ou 200 milliards à quelqu’un qui est payé à un million. Donc, j’ai demandé au ministre en charge de l’emploi de travailler sur la revue du système de rémunération.

Environnement des affaires

Le climat des affaires s’améliore. Ce n’est pas moi qui le dis. Dans le classement du Doing business, la Guinée a gagné 10 places il y a deux ans. Quand vous prenez les pays en termes de compétitivité internationale établie par le forum de Davos, la Guinée a été bien classée. Les pays les plus réformateurs du monde, on a été classé parmi les 5 pays les plus réformateurs. Ça veut dire en terme de programme de réforme, nous avançons, nos lois s’améliore, le cadre et l’environnement s’améliorent.

Affaire de détournement de 21 millions de dollars à la Banque centrale

C’est totalement faux. Il n’y a pas de scandale financier à la Banque centrale.

De son message à l’endroit des citoyens

On ne construit pas un pays en 3 mois. On ne peut pas corriger les faiblesses et les problèmes trouvés en 3 mois.

Mais ce que je puis dire à mes concitoyens, ce qu’on a pris la mesure des problèmes et on n’a fixé des capes en termes d’approches structurelles pour les régler. Ce que je peux dire à mes concitoyens ce que le travail qui nous a été confié par le président de la République, nous sommes optimiste pour pouvoir avancer.

Le pays sera en chantier dès la fin de l’année. Nous aurons des programmes de route, des ponts, qui vont commencer. L’agriculture, l’initiative présidentielle se démultiplie. Les initiatives en cours sur les logements sociaux sont de nature à changer le cadre de vie et à créer des opportunités d’emplois.

Je suis optimiste et je suis fiers du gouvernent que je suis en train de conduire. Je suis assuré par l’impulsion du chef de l’Etat sur le travail que je dois faire.

Je n’ai pas la prétention de dire que tout ce qui est dit sera fait, mais j’ai une volonté à exprimer, c’est celle d’être cohérent par rapport aux engagements du gouvernement.

Une synthèse de Sadjo Diallo

+224 624 37 26 68

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