Fin de la session sur la loi rectificative des finances : Voici le discours intégral de Claude Kory

Economie

La Session budgétaire extraordinaire convoquée le 13 août 2018 arrive aujourd'hui à son terme. Je voudrais, pour commencer, saluer la présence de tous ceux qui nous ont fait l'honneur d'être présents à cette cérémonie.

J'associe à cette marque de considération tous les Honorables Députés qui ont accepté d'écourter leurs vacances parlementaires pour participer activement et utilement aux travaux en commissions et en inter-commissions; je félicite chacun de vous, chers collègues, d'avoir participé positivement à cette session en interpelant l'exécutif sur des questions sensibles liées à l'amélioration de la gestion de nos finances publiques, et de la Gouvernance.

Le projet de loi de finances rectificative que nous avons adopté hier s'inscrit en droite ligne de l'approbation le 26 juin 2018 par le conseil d'administration du FMI de la première revue de l'accord sur la facilité élargie de crédit ( FEC); cette adoption est également une étape importante dans le respect des engagements que nous avons pris vis à vis de nos partenaires de Bretton Woods dont nous avons cherché à utiliser les ressources provenant des tirages au titre de la facilité élargie de crédit avec le Fonds Monétaire Internationale et de l'appui budgétaire avec le Groupe de la Banque Mondiale.

Par engagements, il convient de comprendre qu'il s'agit des conditions que la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International posent, comme toutes banques, à leurs clients désireux de leurs emprunter leurs ressources. Les procédures de ces deux institutions ne sont donc pas des dictacts comme certains de nos compatriotes veulent bien nous le faire croire. Elles s'imposent à tous les pays membres de tous continents, qui utilisent leurs ressources. Ce fut le cas de la Grèce. Un pays qui dispose de ressources suffisantes n'a pas recours au FMI et à la Banque Mondiale.

La Guinée qui dispose d'un potentiel considérable de ressources peut parfaitement se retrouver dans une telle situation. Il suffit, pour cela, que le pays redouble d'efforts pour accroître sa capacité de mobilisation qui est, à ce jour, très inférieure à la moyenne. C'est ce souci qui habite chacun de vous, chers collègues, et que vous n'avez cessé d'exprimer au cours des travaux en commissions ainsi qu'en inter commission, comme au cours des plénières.

Aussi, voudrais-je demander aux autorités ayant dans leurs attributions la gestion des ressources de l'État surtout l'ensemble des régies financières qui brassent d'importantes quantités de ressources, à adhérer à cette logique qui préoccupe la représentation nationale; tout simplement parce que cela peut permettre à notre pays d'atténuer sa dépendance vis-à-vis des prêteurs potentiels et réels pour le financement de ses besoins de fonctionnement et, surtout, d'investissements.

Honorable Députés; Distingués invités;

Comme vous le savez, le Gouvernement, à travers ses principaux leviers de politique budgétaire et monétaire de soutien et de régulation de l'activité économique a, il faut le reconnaître, enregistré d'excellents résultats et il continue à déployer des efforts:

1- pour continuer à renforcer le secteur agricole afin d'en faire la base fondamentale de notre développement;

2- pour poursuivre la dynamisation du secteur minier afin de créer une véritable industrie minière à valeur ajoutée créatrice d'emplois et de richesse;

3-pour poursuivre l'amélioration du climat des affaires afin d'encourager les initiatives en faveur des investissements directs étrangers et de promouvoir un secteur privé moteur de croissance;

4- pour continuer à développer les infrastructures dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé...), les secteurs de l'énergie, de l'eau, des routes etc...

5- pour renforcer nos institutions à travers une bonne gouvernance politique, économique et financière;

6- enfin, d'importants efforts sont déployés par le Gouvernement pour une exécution effective et efficace de notre Plan de développement économique et social (PNDES).

Honorables Députés, Mes Chers Compatriotes, Distingués invités,

Pour nous permettre de bien réussir l'exécution de notre programme économique et financier dans le cadre du PNDES et des partenariats stratégiques bilatéraux, nous devons nous engager à accompagner le Gouvernement en ne privilégiant que l'intérêt supérieur de la Guinée. C'est là un principe sacré qui exige de chacun de nous une mutation positive de nos comportements afin de permettre de nous mettre ensemble pour travailler afin de transformer en profondeur notre pays qui est si facile à développer si nous le voulons. L'exécution de la loi de finance rectificative doit s'inscrire dans cette logique.

Par conséquent, j'invite le Gouvernement a faire siennes les recommandations contenues dans le rapport de la commission de l'économie, des finances, et du plan, et les observations objectives relevées dans les interventions des Honorables Députés ainsi que dans les explications de votes des différents groupes parlementaires.

La représentation nationale, par ma voix, exhorte le gouvernement à imprimer plus de diligence dans la mise en œuvre de ses recommandations notamment, celles relatives au décret d'application de la loi sur la gouvernance financière. Il s'agira, en particulier, d'amplifier les voies et moyens de mobiliser et de sécuriser les ressources hors fonctionnement des régies financières et de collecter et reverser dans les comptes dédiés à l'État, les recettes des entreprises qui sont encore dans le portefeuille public.

J'invite enfin, par la même occasion, le gouvernement à prendre en compte pour la loi de finance 2019, les réflexions constructives qui ont été développées au cours du débat d'orientation budgétaire en créant les conditions d'un dialogue fécond et efficient avec le secteur privé et les partenaires sociaux.

Honorables Députés; Distingués invités;

Mesdames, Messieurs,

Les succès de notre ambition pour notre pays devraient emporter l'adhésion consciente de nos mandants, de la classe politique, du secteur privé et de la société civile dans toutes ses composantes. Cela fait malheureusement défaut au niveau de certains de nos compatriotes toutes tendances confondues dont les comportements bloquent le pays. Pour la part qui me concerne, je demeure toujours convaincu, que c'est par le travail seulement que nous pourrons arriver à bout des innombrables défis du développement auxquels nous sommes confrontés. C'est donc dire que nous devons transcender nos divergences prolifiques et nos différences de tous genres pour mettre la Guinée, notre cher pays, au dessus de tout.

Cela étant dit, je déclare clos les travaux de cette Session Extraordinaire relatif au collectif budgétaire 2018. Je vous remercie.

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