Guinée : mardi décisif pour les forces sociales

Société

Ce mardi 10 juillet 2018, les forces sociales de la Guinée appellent à une grande mobilisation citoyenne pour manifester contre la hausse unilatérale du prix du carburant à la pompe. Cet appel intervient après la grève générale et illimitée lancée par l’Inter centrale syndicale CNTG-USTG invitant tous les travailleurs des secteurs public, privé et mixte à observer ce mouvement.

Après deux rounds de négociations, les principaux acteurs de la crise 'syndicats-patronat et gouvernement) ne parviennent toujours pas à trouver un compromis. D’ailleurs, hier, ils se sont quittés à queue de poisson. C’est au journal télévisé de 20h30 que le ministre de l’Information et de la Communication, Amara Somparé, a justifié la justesse de l’augmentation du prix du carburant à la pompe avant d’annoncer deux mesures d’accompagnement envisagées par le gouvernement.

Il s’agit principalement de la mise en circulation du train Conakry Express et une quarantaine de bus à Conakry et dans les villes environnantes. Comme si la Guinée se réduirait à ces localités. (Chic).

De l’autre côté, les syndicalistes emmenés par la CNTG et l’USTG semblent déterminés à aller jusqu’au bout pour contraindre le gouvernement à revenir sur le prix initial de huit mille francs guinéens.

Lundi, au sortir d’une rencontre au ministère de la Fonction publique, le Dr Alia Camara, représentant l’Etat à ces négociations a déclaré que « nous sommes arrivés à une nouvelle phase de nos discussions. Dans une négociation collective, il y a plusieurs étapes. Ce matin (lundi, ndlr), nous sommes arrivés à une nouvelle étape qui nécessite une suspension de nos discussions. Le temps pour nous représentants de l’Etat de faire des contacts nécessaires, pour syndicat d’en faire autant ainsi que le patronat. Les négociations se poursuivront dans les prochaines heures ou dans les prochains jours. »

Aux syndicalistes, s’ajoutent les forces sociales qui dénoncent l’augmentation du prix du carburant. La plupart des acteurs sociaux exigent le retour au prix initial afin de sauver les citoyens d’une misère chronique face à l’opulence insultante des gouvernants.

Pour matérialiser cette protestation sociale, les forces sociales réunies au sein des plateformes de la société civile organisent une marche pacifique dans les cinq communes de la capitale et sur l’ensemble du territoire national. Un itinéraire a été défini pour la réussite de cette marche dite ‘’pacifique’’ initiée pour cette fois-ci par la société civile, souvent taxée d’inerte face aux problèmes qui assaillent le peuple.

En tout cas la réussite ou l’échec de ce combat aura une tache d’huile dans l’existence des forces sociales qui ont, jadis, marqué, l’histoire de la Guinée. C’est le cas en fin 2006 et 2007 avec à leur tête le défunt Dr Ibrahima Fofana et l’actuelle présidente du Conseil Economique et Social (CES), Hadja Rabiatou Sérah Diallo.

Amadou Kendessa Diallo

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