Guivée : Kassory Fofana vers la décrispation politique ?

Politique

Le nouveau Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory fofana, nommé le 17 mai dernier, n’a pas pris assez de temps pour prendre son bâton de pèlerin pour entamer des contacts avec les acteurs politiques de notre pays.  Le locataire du palais de la Colombe, soucieux de la quiétude sociale, multiplie les rencontres pour évaluer le travail titanesque qui l’attend.

Aussitôt nommé, l’ancien président du parti GPT (Guinée Pour Tous), fondu dans le RPG-AEC, a décidé, aux regards de nombreuses attentes, d’abandonner son bureau pour faire face aux préoccupations de l’heure. C’est pourquoi, il s’est d’abord rendu au siège de son nouveau parti pour expliquer aux sceptiques que son objectif est d’aider le président de la République à mettre en pratique son programme quinquennal afin de sortir la Guinée de l’ornière. Pour cela, il met fin à ses ambitions politiques pour, dit-il, laisser la place au président Alpha Condé. Il a promis de redresser l’économie nationale avec une croissance de deux chiffres, d’ici à 2020 qui pourrait même dépasser celle de la Côte d’Ivoire. L’espoir est encore permis même si la tâche s’annonce encore difficule aux regards des défis qui attendent son gouvernement.

Le chef du gouvernement ne s’est pas limité qu’au RPG-AEC. Ibrahima Kassory Fofana a décidé d’aller échanger avec le président de l’Union des forces républicaines (UFR) et haut représentant du chef de l’Etat, Sidya Touré. Les deux hommes ont promis de travailler ensemble même si l’ancien Premier ministre a soulevé des inquiétudes. M. Touré a insisté sur le respect de la constitution, à la restitution des voix issues des urnes lors des élections locales organisées le 4 février 2018. Il reste à savoir si kassory Fofana saura profiter de cette accalmie en attendant de toucher le nœud gourdin qui est le différend électoral.  Là, cette accalmie constatée depuis quelques semaines risque de connaître un coup dur.  L’avenir nous édifiera.

En tout cas, Sidya Touré lui a fait savoir que « contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas l’Etat qui fera le développement, c’est le secteur privé et ce secteur privé est particulièrement sensible à la situation que nous constatons dans notre pays aujourd’hui. Un bon gouvernement est basé sur la crédibilité et l’acceptation des autres. Le travail d’un gouvernement n’aboutira à rien si l’environnement n’est pas bon ». Avant d’ajouter, « chacun de nous doit également faire sa part et que nous sommes dans une crise actuellement qui vient de la suite des élections qu’on a connu en Février. Il faut que justice se fasse et que nous soyons rassurés que le processus électoral sera le plus transparent possible pour permettre aux partis politiques de maintenir se calme et cette sérénité.  C’est un travail de dialogue qu’il vous faut »

Après chez Sidya Touré, le Premier ministre s’est rendu chez le file de l’opposition avec qui, il entretient des très bons rapports pour avoir travaillé ensemble dans les années 90 au sein d’un même gouvernement. Le chef du gouvernement a expliqué à son ami qu’il a besoin d’une certaine accalmie pour mieux connaître les problèmes qui engendrent souvent les manifestations dans les rues avec leurs corollaires de morts et de dégâts matériels. A l’UFDG, le PM dira ceci : « le message livré au président de l’UFDG est le message de fraternité, d’amitié et d’invitation de la part de son grand frère, le Pr Alpha Condé, à la poursuite du dialogue social pour qu’ensemble nous contribuions à la stabilité de ce pays, à faire l’économie des morts, de dégâts. Le président de l’UFDG, chef de file de l’opposition dira qu’il est bien ouvert à ce dialogue, partage ces valeurs républicaines d’aider à la stabilité du pays mais demande au gouvernement des efforts pour créer les conditions d’un dialogue sincère ». Il attend un mémorandum de la part de l’opposition dans lequel figureront les différents points de désaccord parce qu’il est de son « devoir constitutionnel de promouvoir ce dialogue social de manière à garantir la paix sociale, la cohésion sociale et politique même entre adversaires ».

Pour sa part, le chef de file de l’opposition a « demandé à [son] ami Kassory de faire en sorte que la confiance soit restaurée ». Ce qui « suppose le respect des accords... Dans ce cas je serai un partenaire loyal parce que ce sera pour l’intérêt supérieur de notre pays et nous faisons la politique pour améliorer les conditions de vie des populations mais surtout pour leur permettre d’exercer pleinement les droits qui leurs sont reconnus dans les lois de la République ».

Enfin, « nous avons à sa demande, promis de lui déposer un mémorandum pour justement faire état de toutes les sources de conflits et l’origine de la crise actuelle pour que rapidement on n’essaye de s’en sortir avec une résolution juste et équitable ».

L’objectif de ces tournées de Kassory Fofana est de rendre viables les institutions de la République mais aussi de cultiver la paix pour un meilleur avenir en Guinée.

Désormais, il reste à savoir si des actes vont être posés ou ce sont juste des vœux pieux.

Amadou Kendessa Diallo

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