Guinée : des centaines de femmes défient Alpha Condé et son gouvernement

Des manifestantes à Conakry

Politique

« Trop de morts, l’Etat dort encore », c’est l’un des slogans des centaines de femmes, parentes, et amies des victimes des violences politiques en Guinée qui ont battu le pavé ce 7 mars 2018 dans plusieurs endroits de la capitale.  A la veille de la fête internationale des femmes, des Guinéennes toutes de blanc vêtues, ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et au président de la République, Alpha Condé, à cause de l’impunité dont bénéficient les forces de sécurité et le laxisme des autorités publiques.

Près d’une centaine de jeunes guinéens ont été tués depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir en décembre 2010. De toutes ces victimes, aucun gendarme encore moins un policier n’a été inquiété pour ses bavures sur des paisibles citoyens ou des manifestants. Ce qui continue d’irriter de nombreux guinéens partisans de l’opposition. C’est en cela que les femmes de cette opposition guinéenne ont décidé de battre le pavé pour le réveil de l’Etat afin de mettre un terme à l’impunité chronique que connaît le pays.

De Bonfi à lacarrière, de Sonfonia à Bambéto, la circulation est restée perturbée malgré la présence des forces de sécurité pour sécuriser la « marche blanche » des femmes. Durant, plusieurs heures, les citoyens ont été bloqués ou empêchés de se rendre à leur destination.

La députée de l’Union des forces démocratiques de Guinée –UFDG- a donné un ultimatum de deux semaines au président de la République pour ouvrir des enquêtes afin d’identifier les coupables avant de les traduire devant un tribunal pour rendre justice aux victimes et à leurs familles respectives. Faute de quoi, Mariama Tata Bah promet de le chasser à Sékhoutoureya.

Même son de cloche de la part de l’épouse de Cellou Dalein Diallo. Hadja Halimatou Diallo, vêtue d’une tenue blanche et un foulard rouge attaché à la tête, a harangué la foule avec des slogans hostiles au pouvoir et aux assassins impunis.

Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne, la Guinée traverse une grave crise sociopolitique. L’Etat doit impérativement agir vite pour éviter le chaos au pays. Faute de quoi, une coalition d’acteurs sociopolitiques risque de se former pour exiger des actes concrets de la part de l’Etat.

Amadou Kendessa Diallo

Don't have an account yet? Register Now!

Sign in to your account