Guinée : gouvernement et SLECG dialoguent pour une sortie de crise

Politique

Depuis mercredi 28 février 2018, le gouvernement et le syndicat libre des enseignants et chercheurs (Slecg) ont entamé une négociation au palais du peuple pour une sortie de crise dans laquelle est plongée le pays.

Près de trois semaines depuis le lancement d’une grève générale et illimitée, la plupart des écoles publiques et privées de la Guinée demeurent fermées tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Mardi, le président de la République conscient du danger qui guette le pays a rencontré les grévistes au palais Sékhoutoureya avant de mettre en place une commission de négociations sur les différents points de revendications du Slecg.

Le leader syndicaliste, Aboubacar Soumah, appuyé par la base, est catégorique sur lesdits points de revendications. Le dégel de son salaire et le paiement avec effets rétroactifs sont non négociables.

Avec la commission mise en place par Alpha Condé et dirigée par le ministre Conseiller à la présidence, Tibou Kamara, les discussions se poursuivent au palais du peuple mais non sans obstacles.

Selon des propos rapportés par guineenews, le syndicaliste Oumar Tounkara, président de la commission des négociations au nom du SLECG, a déclaré que « le moment est grave », ajoutant « qu’aucun sacrifice n’est de trop pour préserver la paix ».

Selon lui, « toute la Guinée nous regarde, nous écoute et attend de nous une solution à cette crise qui n’a que trop duré. Nous pensons que toute attitude qui pourra nous aider à désamorcer cette crise, à trouver une solution idoine, heureuse, avantageuse pour les enseignants et pour le gouvernement, est la bienvenue. Au-delà de l’aspect technique du budget national et autres, la paix n’a pas de prix », martèle Oumar Tounkara.

Poursuivant, il dira que « le sacrifice aussi a ses limites » tout en soulignant que les ministres Tibou Kamara, Cheick Taliby Sylla, Gassama Diaby, le Médiateur de la République Mohamed Saïd Fofana, chacun en sa manière, est en train d’intervenir pour une sortie de crise.  

Le gouvernement et le SLECG face à deux situations délicates

Entre un gouvernement en manque de moyens financiers et un syndicat soutenu par un groupe d’enseignants surexcités, il faut une solution consensuelle. Par rapport, à l’augmentation des 30%, le gouvernement et le syndicat sont dos au mur.  D’un côté, il y a les engagements avec les institutions de Breton Woods et de l’autre, les syndiqués. « … Le général Soumah malgré sa popularité, son aura auprès des enseignants, il n’a pas cette bouche pour dire aux enseignants allez en classe sans les 30% qui restent. S’il le dit, il sera désavoué et décrié sur place », prévient le syndicaliste.

 Amadou Kendessa Diallo

Don't have an account yet? Register Now!

Sign in to your account