Grève du SLECG: enfin, le président Alpha Condé rencontre Aboubacar Soumah et Cie

Société

C’est une rencontre que tout le peuple de Guinée attendait avec impatience. Depuis le début de la crise en date du 12 février 2018, rien ne va plus dans les établissements scolaires secondaires. Une section dissidente du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), plus représentative, et dirigée par Aboubacar Soumah, est opposée aux mesures envisagées par le gouvernement pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants.

C’est ainsi que suite à une grève générale et illimitée lancée par cette section, l’école guinéenne est paralysée. De crise en crise, le président de la République a décidé de rencontrer ces syndicalistes autrefois qualifiés de « rebelle » et qui mènent une « grève sauvage ».

Le mardi 27 février, dans l’après-midi, le Chef de l’Etat a reçu une délégation du SLECG conduite par Aboubacar Soumah, le secrétaire général dudit syndicat. Très stratège quand il est coincé dans la gestion des crises, le président Alpha Condé a d’abord écouté les grévistes au Palais Sékhoutoureya avant de prendre la parole.

Selon le leader syndicaliste, le locataire de Sékhoutoureya a d’abord « voulu dans un premier temps savoir les problèmes internes du SLECG. Il a demandé à ce que nous lui donnions des explications sur ce qui nous oppose à d’autres éléments du SLECG » avant de dire qu’il n’avait pas « les meilleures informations ».

De la suspension de la grève ?

Selon le principal meneur de la grève, la suspension de leur mouvement n’a pas été à l’ordre du jour. Mais, ils ont parlé de la mise en place d’une commission composée de deux ministres et du médiateur de la République. « Nous n’avons jamais parlé de la suspension ou de la levée de la grève. Après nos explications, le président de la République nous a fait comprendre que les informations qu’il recevait de l’autre côté n’étaient pas bonnes. Il a dit qu’à partir de maintenant qu’il est situé, il met en place une commission composée des ministres Tibou Kamara, Cheick Tailby Sylla et le médiateur de la République Mohamed Saïd Fofana pour ouvrir les négociations dès demain mercredi 28 février 2018 ».

Ce qui veut dire que la grève n’est pas encore suspendue. « La grève reste maintenue », insiste Aboubacar Soumah.

Cependant, « les négociations s’ouvrent dès ce mercredi avec l’équipe que le président de la République a mise en place. Cette équipe me rassure parce qu’elle est composée des éléments auxquels je porte confiance, notamment le ministre conseiller personnel du Chef de l’Etat, Tibou Kamara. Il faut d’ailleurs rappeler que ce dernier nous a montrés son engagement dans la résolution de cette crise ».

Malgré cette rencontre avec le Chef de l’Etat qui augure déjà un lendemain meilleur, les revendications des syndicalistes ne changent pas. « Nos revendications restent les mêmes. Les deux premiers points restent non négociables » notamment le paiement avec rétroactifs des 40% et la levée de la suspension du salaire d’Aboubacar Soumah. Enfin, dira M. Soumah, « je demande aux enseignants de resserrer les rangs en restant très vigilants tout en observant le mot d’ordre de grève jusqu’à ce que nous ayons une issue heureuse. »

Si le gouvernement négocie avec la dissidence du SLECG, c’est une gifle infligée au groupe de Sy Savané et Cie.

Faut-il noter que cette rencontre au palais Sékhoutoureya a connu la présence du grand imam de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara et de l’archevêque de Conakry, Mgr Vincent Koulibaly, le médiateur de la République ainsi que certains membres du gouvernement.

Avec cette lueur d’espoir qui pointe à l’horizon, les Guinéens en général et les parents d’élèves en particulier commencent à respirer et attendent l’ouverture très prochaine des salles de classe.

Amadou Kendessa Diallo

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