« Le bloc libéral est victime de déni de justice dans plusieurs circonscriptions électorales », le Dr Faya Milimouno

Politique

Dix jours après la tenue des premières élections locales après 13 ans, le président du Bloc Libéral, le Dr Faya Millimonou, crie à la fraude et au scandale électoral dont il situe la responsabilité à plusieurs niveaux.  A l’occasion d’un point de presse animé au siège du Bloc Libéral (BL), ce 13 février 2018, le président de cette formation politique s’est exprimé sur le déroulement desdites élections.

 

« Nous sommes dans un processus électoral qui n’est pas encore terminé. Mais dans ce processus, le peuple de Guinée a déjà enregistré beaucoup de pertes en vies humaines », déclare-t-il.  Avant de condamner toutes violences et tout discours ethnique d’où qu’ils proviennent. Selon lui, le recours à la race ou à l’ethnie est le propre des âmes faibles, des incompétents. Mais, lui en « appelle au sens de responsabilité des uns et des autres. J’en appelle à la paix et à la justice car c’est par la justice que nous allons construire la paix ».

Qui sont les responsables de la dérive électorale ?

Pour le président du BL, les responsabilités sont partagées entre les différents acteurs : « cette élection contrairement à ce que qu’on avait souhaité, a été émaillée de beaucoup d’irrégularités. Le premier responsable de ces irrégularités est d’abord la CENI. Au niveau central comme au niveau local, elle a été complice des fraudes constatées et par ricochet, elle est responsable des violences que nous déplorons aujourd’hui. Le deuxième responsable de l’échec de ces élections, c’est notre gouvernement. Nous sommes une République qui est encadrée par les lois. En violation de l’article 26 de la constitution, nous avons constaté et vécu l’arrêt de toute activité du gouvernement pour aller en campagne à l’intérieure du pays avec les biens et l’argent de l’Etat. Il faut dénoncer avec force cela parce que c’est de nature à nous empêcher de construire le rêve d’une société libre et démocratique. Le troisième responsable est l’appareil judiciaire comme toujours, il a manqué à son devoir républicain ».

Ceci dit, il mentionnera que « le bloc libéral est victime de déni de justice dans plusieurs circonscriptions électorales comme Beyla, Gueckédou… c’est des choses que nous continuerons à dénoncer et à condamner ».

Poursuivant cette désignation des responsabilités, il renchérit : « l’autre responsable, ce sont les acteurs politiques à travers les discours qu’ils tiennent.  On n’a pas besoin de cultiver la haine, de rappeler que nous sommes de l’ethnie différente. Sommes-nous tous des Guinéens. Nous condamnons ces discours haineux et demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités ».

Pour lui, le plus grand gagnant de scrutin est celui des abstentions car le reste n'a été que de bourrages d'urnes.  A ce propos, déclare-t-il, « ce qui a été le plus grand gagnant de ces élections, c’est l’abstention. Notre diagnostic, nous pensons que la classe politique à laquelle nous appartenons semble être déconnectée. Les Guinéens sont confrontés aux problèmes économique, au chômage, l’insécurité, l’insalubrité…  Ce qui est plus choquant, c’est lorsque certains ont voulu masquer ce mécontentement exprimé par les Guinéens en ne se rendant pas aux urnes, en s’adonnant aux bourrages des urnes comme pour faucher cette donnée fondamentale qui donne la légitimité à ceux qui seront à la tête de nos communes. On peut estimer sans risque de se tromper que le taux de participation a à peine atteint les 30 pour-cent. Tout le reste, ce sont des gens qui ont voté à la place des morts ou des gens qui ne devaient même pas voter ».

Malgré tout, le président du BL note l'avancée de son parti à travers le pays. « Malgré ce tableau sombre, il y a quelque chose que j’ai tiré de positif à ces élections. Au BL, malgré la faiblesse de nos moyens, le peuple de Guinée a été attentif et les résultats en font fois. Nous avons constaté que notre parti a été choisi partout où on avait fait acte de candidature. A cet effet, nous remercions tous ceux qui nous ont choisi. Je donne un message à nos gouvernants. Vous risquez de faire l’appareil judiciaire inutile dans notre pays, si on continue à denier la justice aux citoyens », note-t-il.

Amadou Kendessa Diallo pour lejourguinee.com

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