Grève du SLECG : le gouvernement tâtonne

Politique

Le gouvernement de la République de Guinée a du pain sur la planche. Il doit faire face et gérer deux crises : l’une sociale et l’autre politique. Mais comment pourrait-il stopper la vague de violences enregistrées çà et là dans le pays ?

Le gouvernement guinéen ne sait plus à quel saint se vouer. A la crise politique engendrée par les élections locales du 4 février 2018, vient s’agripper la crise syndicale lancée par les dissidents du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg).

Pour la seule journée du lundi 12 février 2018, début d’une grève générale et illimitée lancée par ledit syndicat, il y a eu deux morts dont un adolescent de 16 ans en classe de 10e année.

Après ces incidents malheureux, le gouvernement s’est fendu, dans la soirée du lundi, un communiqué dans lequel, il dit constater « avec regret que des violences dans certains quartiers de Conakry ont occasionné deux nouvelles victimes dans la commune de Ratoma. L’une des victimes est décédée des suites d’une blessure par balle alors que la deuxième a été victime d’un accident de la circulation dans des circonstances qui restent à déterminer ».

Et comme toujours, la même source indique que « des Officiers de Police Judiciaire se sont immédiatement rendus dans les hôpitaux où ont été admis les victimes afin de recueillir les premières informations nécessaires à l’enquête judiciaire ».

« Ces malheureux événements interviennent pendant que des syndicalistes dissidents ont lancé une nouvelle grève qui a entrainé des perturbations dans le système éducatif. Pour la journée du 12 février 2018, sur l’ensemble du territoire national, les cours se sont normalement déroulés dans les établissements d’enseignement Supérieur et d’enseignement Technique et Professionnel. En revanche, la fréquentation des classes a été disparate au niveau du Primaire et du Secondaire ou les cours ont été perturbés dans plusieurs établissements. », rapporte le communiqué gouvernemental.

Face à ce climat tendu, « le gouvernement invite l’ensemble des acteurs du système éducatif à privilégier l’intérêt supérieur des élèves et, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, à reprendre le chemin des cours ». Avant d’exprimer sa disponibilité ‘’conditionnelle’’ « pour toutes les revendications légitimes exprimées dans le cadre légal du dialogue social conformément aux voies et textes en vigueur ».

Mais à écouter les membres du gouvernement, l’on a impression qu’ils prêtent le flanc à Aboubacar Soumah et cie au lieu de les approcher pour résoudre le différend qui les oppose.

Au mois de novembre 2017, une grève à l’appel du même Slecg avaient fait d’autres victimes. Avant que les religieux notamment le premier imam de Conakry et l’archevêque de Conakry ne prennent leur bâton de pèlerin  pour calmer les ardeurs des « dissidents du Slecg » en leur promettant de plaider auprès du Chef de l’Etat pour la satisfaction de leurs points de revendications liées aux conditions de vie et de travail des enseignants.

Amadou Kendessa Diallo

 

Don't have an account yet? Register Now!

Sign in to your account