Anniversaire de la nuit des pendaisons : l’AVCB dénonce le silence coupable des gouvernants

Société

En prélude à la commémoration de la nuit des pendaisons du 25 janvier 1971, l’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB) a animé ce mardi une conférence de presse à Conakry pour dénoncer le « silence coupable des dirigeants et des gouvernements successifs ».  Une occasion de rappeler les douleurs que le régime de Sékou Touré a infligées aux populations guinéennes.

Lamine Camara, le président des écrivains de Guinée et membre de l’association des victimes du Camp Boiro a fait la lecture d’une déclaration dans laquelle cet ancien ambassadeur a rappelé « une page sombre » de l’histoire guinéenne.

« Il y a 47 ans, le 25 janvier 1971, notre pays fut le théâtre d’exécutions macabres sur tout le territoire national.  (…) L’AVCB invite la nation à se remémorer de cette page sombre de notre histoire », dira-t-il.

Ainsi, poursuit M. Camara, « suite à l’attaque du 22 novembre 1970 par des troupes coloniales portugaises pour libérer des prisonniers détenus par le PAIGC, une commission d’enquête dirigée par Alhassane Diop, alors ministre des postes et télécommunications fut mise en place ».

« La commission, explique-t-il, conclut que l’attaque avait utilisé la couverture de Guinéens exilés Mais il n’y a pas eu de complices internes ».

C’est ainsi que le « président Sékou Touré en personne avait annoncé que la Guinée était attaquée par des troupes colonialistes. IL avait demandé l’intervention des casques bleus de l’ONU ».

Or, soutient M. Lamine Camara, « de nombreuses présomptions montrent que le président Sékou Touré était au courant de l’attaque ». Et pour preuve « … peu de jours avant le débarquement, des prisonniers détenus par le PAIGC avaient été transférés des prisons de l’intérieur du pays aux endroits les plus accessibles venant de la mer. Ce transfert avait été fait sans consultation du leader du PAIGC, Amical Cabral, qui était absent de Conakry. Certains prisonniers étaient à l’hôpital ».

Enfonçant davantage le clou, l’ancien victime du sinistre et tristement célèbre Camp Boiro évoque une complicité avec les troupes portugaises. « Il est utile de rappeler que les troupes portugaises étaient au courant de leur localisation précise et pouvaient les récupérer sans aucune difficulté.  L’annonce d’une attaque étrangère avait indigné les Guinéens. Les populations et plusieurs cadres de l’administration se sont levés pour défendre leur pays malgré l’impopularité du régime. Parmi eux, on peut citer Barry III, Alhassane Diop qui organisèrent tant bien que mal la riposte », explique-t-il.

Dans le but de punir ses potentiels adversaires, Sékou Touré et ses complices ont exécuté « un plan prémédité d’arrestations massives, de parodie de justice et d’exécutions sommaires en violation des règles les plus élémentaires du droit et de l’humanisme ».

Dans leur déclaration, les membres de l’AVCB ont déploré que « les accusés [soient] jugés à leur absence dans tout le pays sans tenir compte de leurs lieux de résidence sous des acclamations publiques ».

A cela, il ajoute que « le 25 janvier 1971, des cadres connus pour leur probité morale et politique furent pendus à Conakry en plein centre-ville Barry III, Baldet Ousmane, Magassouba Moriba et Kéita Kara ».

« Les douleurs accumulées et non gérées à cause de la terreur du PDG planent sur notre nation. Le refus de les confronter par des gouvernements successifs met la nation en danger. Il engendre un déficit citoyen incompatible avec la démocratie », souligne M Camara.

Avant de conclure en ces termes : « en ce jour de mémoire, notre association en appelle à tous les Guinéens épris de justice pour exiger la restauration de la vérité historique et l’éradication du silence coupable des dirigeants.  Nous demandons au gouvernement guinéen d’engager des efforts conséquents pour que cette époque de notre histoire soit éclairée ».

Amadou Kendessa Diallo

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