Elections communales : le président de la Ceni en appelle à une campagne civilisée, apaisée et fraternelle

Politique

La campagne électorale pour la tenue du scrutin   du 4 février 2018 démarre effectivement ce vendredi, 19 janvier et se poursuivra jusqu’au vendredi, 2 février 2018, soit 15 jours francs pour les élections communales   avant la date  du scrutin comme l’indique le code électoral  en son article 38. C’est le contenu du Décret publié jeudi, 18 janvier 2018.

A cette occasion, le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Me Amadou Salif Kébé a fait une déclaration dans laquelle, il invite tous les acteurs du processus électoral à une campagne électorale civilisée, gage de quiétude sociale et de compréhension entre les citoyens de différents bords politiques.

Voici l’intégralité de ladite déclaration :

« Chers compatriotes,

C’est pour moi un insigne honneur de m’adresser à vous ce soir. Avant toute chose, permettez-moi  à  l’entame de la nouvelle année,  de vous transmettre à tous, les  vœux de bonne santé et de succès de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Comme vous le savez déjà, le 04 février prochain, c’est-à-dire dans deux « petites » semaines, Cinq millions huit cent soixante-cinq mille  (5.865.000) électeurs guinéens sont appelés aux urnes pour des élections locales aux enjeux considérables. D’abord parce que notre pays  n’a pas organisé d’élections communales depuis 10 ans. Ensuite, il s’agit de porter à la tête des 342 communes urbaines et rurales,  des dirigeants à qui nous allons confier les destinées de nos collectivités pour les cinq prochaines années.

C’est une haute responsabilité, car de notre choix dépendra la qualité du pilotage du développement à l’échelle locale en même temps que nous contribuons  par notre suffrage à l’encrage de la démocratie et de la bonne  gouvernance à la base.

A la veille de ce rendez-vous électoral et en guise de mots de lancement de la campagne, je voudrais, en ma qualité de premier responsable de l’organe  en charge des élections, dresser un état des lieux des préparatifs, partager avec quelques principes et exigences de la compétition démocratique,  ensuite formuler des souhaits et espérances pour notre pays.

Pour le scrutin, l’opération d’identification et relocalisation a ressorti quinze mille cinq cents soixante-treize (15 573) bureaux de vote. Trente mille (30 000) candidatures ont été enregistrées avec plus de mille trois cents (1300) listes de partis ou coalitions de partis politiques et listes indépendantes.

De nombreux jeunes et femmes sont sur la ligne de départ. Plusieurs circonscriptions ont parfois une dizaine de listes de candidatures. Autant de témoignages de l’engouement  du plus grand nombre des populations pour ces élections de proximité.

Au plan opérationnel, la CENI a lancé la distribution des cartes d’électeurs, la finalisation des bulletins de vote est en cours, les urnes, isoloirs, encres, registres d’émargement bref, pour la logistique électorale, il n’y a plus de gros  nuages à l’horizon.

Devons-nous pour autant conclure que le pari des élections est définitivement gagné ? A l’évidence Non. La grosse logistique ne peut à elle seule déterminer la sérénité d’une élection.

La compétition politique, appelle aussi, de la  part de tous les acteurs, un sens élevé de responsabilité. Notre quête d’un idéal démocratique devrait aller de pair avec un indispensable engagement citoyen.

Un devoir  citoyen au nom duquel nous devons :

  • - Nous rendre massivement aux urnes ;
  • - Voter dans la paix et la quiétude ;
  • - Voter dans la convivialité, la non-violence et le respect de l’opinion des autres ;
  • - Mettre en avant les débats des idées et force des arguments. Disons-nous bien que ce scrutin n’est  qu’une compétition électorale ; ce n’est pas une belligérance.

J’en appelle donc pour une campagne  civilisée, apaisée, fraternelle où les propos seront toujours pondérés.

Je rêve d’une compétition où le vaincu, avec élégance, irait congratuler son challenger, où le vainqueur saura avoir le triomphe modeste.

Pour tout dire, nous devons proscrire  les excès  et les passions, le juge des élections, le magistrat sera le recours ultime et légitime en cas de contestation. Seule cette autorité a compétence de rétablir chacun dans ses droits. Aussi, devrions-nous constamment garder à l’esprit que la Nation Guinéenne représente notre patrimoine commun. Elle est pour cette raison, au-dessus de nos aspirations individuelles et nos intérêts partisans aussi légitimes  soient-ils. L’unité nationale et   la cohésion sociale doivent guider nos actes.

Pour sa part, la CENI, encore une fois, renouvelle son engagement à organiser des élections communales inclusives et crédibles.

Je ne saurai conclure ce propos sans exprimer ma gratitude à l’Etat guinéen pour l’important effort financier consenti et qui a permis à notre institution de tenir son chronogramme  et exécuter convenablement toutes ses opérations.

Ma reconnaissance également aux partenaires techniques et financiers pour leur inestimable accompagnement.

Enfin mes remerciements aux autorités locales ainsi qu’aux populations pour leur sollicitude à l’endroit de nos démembrements et de nos équipes techniques.

Bonne campagne électorale que les meilleurs gagnent.

  Je vous remercie ! »

                                                                                                 Transcrit par Alhassane Barry

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