Liberia: deux candidats que tout oppose se disputent la présidence

Presse Etrangère

Au Liberia, plus de deux millions d’électeurs sont appelés aux urnes mardi 26 décembre pour départager les deux candidats arrivés en tête au premier tour. L’ex-footballeur, George Weah et le vice-président sortant, Joseph Boakai s’affrontent. Le premier avait alors remporté 38% des voix et le second 29%. Les deux hommes sont pratiquement aux antipodes l’un de l’autre.

L’élection de ce mardi oppose deux hommes, deux générations, deux parcours. George Weah, 51 ans, c’est le gamin des bidonvilles devenu footballeur international dans les années 90. Cet attaquant du PSG et de l’AC Milan est le premier Africain à remporter le Ballon d’or, en 1995.

C’est la troisième fois que George Weah brigue la présidence. Ses partisans soutiennent que, s’il a perdu en 2005 et en 2011, c’est à cause de fraudes électorales. Il y a trois ans, il a été élu sénateur de Monrovia. Avec 78% des voix, il a humilié son rival, Robert Sirleaf, le fils de la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

La trajectoire du vice-président est on ne peut plus différente. Après des études aux Etats-Unis, grâce à une bourse, Joseph Boakai devient ministre de l’Agriculture, puis consultant de la Banque mondiale.

A 73 ans, il a une fâcheuse tendance à fermer les yeux en réunion, donnant l’impression qu’il somnole. Mais « Sleepy Joe », comme ses adversaires le surnomment, assure que c’est pour écouter plus attentivement.

Les deux hommes ont toutefois un point en commun : ni l’un, ni l’autre n’est issu de la vieille élite américaine qui a fondé le Liberia au XIXe siècle. Le futur président sera seulement le deuxième chef d’Etat issu des populations dites indigènes dans l’histoire de cette première République d’Afrique, après Samuel Doe.

■ De quelle situation économique va hériter le futur président libérien ?

Le Liberia, c’est un important potentiel de ressources naturelles doublé d’une gestion qui met peu le Libérien au centre. Le pays renferme du diamant, du bois, des palmiers à huile, de l’hévéa avec d’immenses plantations de la multinationale Firestone, du café, du cacao, mais surtout du fer, devenu le premier poste d’exportation en 2014.

Avec un taux de pauvreté de 54%, l’Etat du Liberia possède pourtant sur le papier la deuxième flotte maritime commerciale du monde, suite à l’attribution de pavillons de complaisance. La taxation de ces fanions profite peu aux Libériens.

La présidente sortante affiche un bilan en demi-teinte, même si le second mandat d’Ellen Johnson Sirleaf a été chahuté par l’épidémie d’Ebola et la chute des prix des matières premières. Elle a à son crédit d’avoir préservé la paix et donc attiré des investisseurs. Elle a rebâti un État à partir de rien et a commencé à reconstruire les infrastructures détruites pendant la guerre civile. Des projets de production d’énergie sont en cours, dans un pays qui compte l’un des taux d’électrification les plus bas du monde.

Mais le niveau de corruption reste encore un véritable frein au développement et le Liberia figure toujours dans le bas du classement du climat des affaires.

Source: RFI

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