Les escalades verbales par médias interposés entre certains alliés et les responsables du RPG annoncent un divorce politique en perspective. De Bah Ousmane à Kassory Fofana en passant par Paul Moussa Diawara, les sentiments de déception ne sont plus cachés.
En prélude aux élections communales, les partis politiques se déchirent pour des intérêts égoïstes et égocentriques. Récemment, Bah Ousmane, pourtant réputé très proche du pouvoir, avait accusé le RPG de présenter ses responsables dans certaines localités sans qu'il n'y ait des discussions au préalable. Le président de l'UPR avait jugé cette attitude du parti au pouvoir irresponsable. L'ancien ministre des Travaux Publics avait rappelé que son parti aller présenter des candidats partout où il souhaite sans fermer la porte aux discussions son principal allié, le RPG.
Même si Ibrahima Kassory Fofana, ministre chargé des investissements publics et privés, n'a pas ouvertement critiqué le quota (20%) proposé par le RPG, il a rappelé, au cours de l'assemblée générale hebdomadaire de son parti, le 16 décembre dernier, que le fondement du GPT, c'est la conquête et l'exercice du pouvoir.
Pour ces élections communales, le GPT ira seul même s'il le fait car, il estime qu'elles sont très importantes pour la gouvernance locale qui, selon lui, permet à un parti politique de pouvoir s'implanter et de s'organiser.
"Nous sommes dans la géopolitique du pouvoir pour exprimer nos idéaux pour la Guinée. GPT reste un parti responsable, engagé à conquérir le pouvoir pour diriger la Guinée. Ces élections sont importantes parce que lorsqu'un parti a la possibilité de gérer les destinées d'une localité, ça donne à ce parti de mieux organiser et orienter les populations. Raison pour laquelle je souhaite que GPT soit mobilisé comme un seul homme pour la conquête de maximum de sièges pour nous et nos alliés", explique-t-il.
A l'image de Bah Ousmane, l'actuel ministre chargé des investissements publics et privés n'a pas exclu une possible alliance avec le RPG malgré les difficultés rencontrées dans les négociations. "Vous avez suivi dans les ondes que l'entente a été difficile mais nous avons finalement trouvé une solution qui est celle d'aller chacun de son côté et de se retrouver après tout", martèle-t-il.
Cependant, en dépit de cette entente de façade, le ministre Kassory n'a pas caché l'existence de quelques points de discorde notamment le quota imposé par le rpg. "La prétention du leadership de notre groupe a été trop forte et nos alliés et nous n'avons pas partagé avec eux cette prétention selon laquelle le RPG devrait avoir 80% et les alliés 20% difficiles à repartir entre des milliers de personnes. Bref, nous irons aux élections en ordre dispersés mais nous arriverons à la convergence après l'élection des conseillers municipaux", espère le président du GPT.
"Voilà la ligne politique qui a été définie et qui n'a pas été une surprise à personne et qui n'est non plus une source d'hostilité quelconque envers qui que ça soit. Nous allons aux élections pour que les jeunes partis comme le notre GPT puissent avoir son droit au soleil en comptant sur sa propre force. Qu'on ne nous dise pas demain qu'on nous a porté", a-t-il poursuivi.
Pour sa part, Paul Moussa Diawara a échangé via médias interposés des passes d'armes avec le ministre de la Culture et du Patrimoine historique, Bantama Sow. L'avertissement du dernier envers le directeur général de l'Office guinéen de la Publicité est loin d'être une rigolade.
Le président du groupe parlementaire de la mouvance présidentielle a aussi abordé dans le même sens que Bantama Sow. Ceci dit, Paul Moussa Diawara serait-il aujourd'hui, dans une chaise éjectable. Tout porte à le croire tant il y a des divergences entre lui et le président du Conseil d'Administration de l'OGP, le ministre Bantama, un soutien indéfectible au président Alpha Condé et au RPG.
Si ces différentes tendances se confirment, au lendemain des élections communales, on risque de vivre assez de divorces politiques. Qui vivra verra?
Amadou Kendessa Diallo