L’Union des forces du changement (UFC) a tenu son assemblée générale hebdomadaire le samedi 16 décembre 2017 à son siège à Taouyah. Lors de cette rencontre, l’UFC a publié une déclaration dans laquelle, le parti indique son retrait au sein de l’opposition républicaine. Jugeant peu catholique les comportements du principal parti de l’opposition, le parti d’Aboubacar Sylla décide de tourner la page.
C’est une décision prise en toute souveraineté selon Aboubacar Sylla, qui accuse le principal parti de l’opposition, l’UFDG, de monopoliser l’opposition républicaine. « D’abord, l’opposition républicaine ne joue plus son rôle. Elle se ramène aujourd’hui pratiquement à un parti politique. Elle ne permet pas aux autres partis politiques comme les nôtres de s’exprimer librement. Nous avons décidé en plénière de l’opposition républicaine de se retirer du comité de suivi. Hier (vendredi 15 décembre, ndlr), deux responsables de l’UFDG ont repris leur participation aux travaux du comité de suivi et en parlant là-bas au nom de toute l’opposition, sans qu’il n’y ait eu une plénière de l’opposition républicaine qui soit revenue sur cette décision. Rien que cela justifie qu’on se retire d’une entité politique où on est devenu des faire-valoir, où des décisions sont prises totalement à notre insu. Donc, nous avons quitté l’opposition républicaine, mais nous restons résolument ancrés dans l’opposition politique guinéenne », indique Aboubacar Sylla.
Face à ses militants, l’ancien ministre de la Communication a dénoncé d’autres comportements de son ancien allié. La loi de finance 2018, en est un autre. « J’ai été choqué par les conclusions de cette session. Ce qui m’a le plus choqué, c’est la connivence qui s’est créée au niveau de l’Assemblée nationale entre la mouvance présidentielle et le groupe parlementaire de l’opposition pour voter le budget de l’Etat 2018. C’est du jamais vu. C’est extrêmement grave quand on accepte la loi de finance 2018, ça veut dire qu’on a accepté beaucoup de choses. On accepte l’augmentation du budget de la présidence de plus de 400 milliards. On accepte le pouvoir d’achat des travailleurs soit réduit parce qu’on a augmenté la RTS qui va jusqu’à 20% pour certaines catégories de salariés dans la fonction publique. Ça veut dire qu’on est d’accord, qu’on diminue les allocations allouées au secteur de l’agriculture », déplore le leader de l’UFC. « C’est grave, l’UFC est extrêmement inquiète de ce qui est en train de se passer sur la scène politique », a-t-il ajouté.
Le désormais ancien porte-parole de l’opposition républicaine promet de répondre ceux qui se permettront d’attaquer la décision de son parti de se retirer au sein de cette entité politique.
Amadou S. Diallo