Elections communales: la caution jugée "exorbitante"

Politique

Le 28 novembre dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié la caution à payer par les postulants pour les élections locales prévues au mois de février 2018. Fixées à  huit (8) millions de francs guinéens pour les communes urbaines et à trois (3) millions pour les communes rurales, ces cautions pour les élections suscitent déjà plusieurs réactions.

 

Plusieurs acteurs politiques reprochent au président de la Ceni, Me Amadou Salifou Kébé, d'avoir fixé une somme exorbitante. C'est le cas du président du Bloc Libéral (BL), le Dr Faya Millimouno.  Il accuse le président de la Commission électorale nationale indépendante d'être un "conspirateur" car, explique-t-il, "le maximum que l’on pouvait fixer de cette caution, c’était quatre (4) millions pour les communes urbaines. Le fait que ce chiffre double montre clairement que le président de la CENI fait partie des conspirateurs contre le peuple de Guinée". Le président du BL pense que "le montant de la caution fixé par la CENI, c’est en particulier contre certains partis politiques dont le BL fait partie, parce que nous ne nous servons pas des caisses communes ni hier ni aujourd’hui. Nous ne vivons que des contributions des Guinéens qui croient en nous", affirme Faya Millimouno à Guinee360.

Le président du Bloc Libéral n'est pas seul dans cette liste des leaders politiques déçus de la caution à payer pour les élections locales. Le président de l'Union des forces républicaines (UFR) n'a pas du tout apprécié la décision de la Ceni de fixer la caution respectivement à huit et trois millions GNF pour les communes urbaines et celles rurales. Il estime que le président de la Ceni devrait revoir cela eu égard au nombre de communes urbaines (33) et rurales (304).

Il y a aussi le parti RDD d’Aboulaye Kourouma qui s’inscrit dans la même logique que les présidents du BL et de l'UFR.

Par contre, le parti au pouvoir, le rpg-arc-en-ciel, estime que ces cautions à payer ne sont pas faramineuses. C'est en cas, ce qu'a affirmé Lansana Komara, le secrétaire administratif du parti au pouvoir.

Malgré toutes ces protestations, le président de la république a, dans un décret lu sur les ondes de la RTG, ce lundi, 4 décembre 2017, invité le corps électoral au scrutin du 4 février 2018.  Une occasion pour les partis politiques et les candidats indépendants de choisir leurs candidats à ces élections communales qui sont d'une importance capitale pour le développement à la base.

Faut-il rappeler que depuis 2005, la Guinée n'a pas organisé des élections communales. Si elles se tiennent comme prévues le 4 février 2018, ce serait une très grande première dans la mesure où elles ont été plusieurs fois programmées et reportées.

Amadou Kendessa Diallo

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