A l'occasion de l'ouverture du 5e Sommet Union Africaine - Union Européenne, le président Alpha Condé a tenu un discours dans lequel, il a dépeint la situation de l'Afrique et de sa jeunesse. Le thème de cette année " investir dans la jeunesse pour une croissance inclusive accélérée et un développement durable".
Ainsi, dès l'entame, il a rappelé la tenue en 2014 du 4e sommet à Bruxelles au cours duquel les participants avaient "pris des engagements dans le cadre d’une déclaration politique assortie d’une feuille de route pour la période 2014-2017".
"En dépit des progrès indéniables réalisés dans notre coopération, l’atteinte de nos objectifs est compromise par des défis sécuritaires et humanitaires, la persistance des conflits et la recrudescence des activités terroristes, sans occulter bien évidemment les changements climatiques et la question cruciale du financement du développement", a regretté Alpha Condé.
Même si "l’Union européenne et l’Union africaine se sont investies pour apporter des réponses appropriées à ces préoccupations majeures dans le cadre du G5 Sahel, du Sommet de La Valette sur la migration, des Cop 21, 22 et 23, de la Conférence de New-York sur les ODD et de celle d’Addis-Abeba sur le financement du développement".
C'est avec cet optimisme que les dirigeants africains et européens ont abordé ce sommet. Selon Alpha Condé, "ces deux dernières années ont beaucoup changé les perspectives concernant l’Afrique. On ne pouvait pas, en effet, imaginer à Bruxelles que les prix des matières premières et la demande internationale concernant ces ressources allaient diminuer de manière significative. On ne pouvait pas imaginer aussi que le recentrage du modèle de développement chinois allait secouer l’ensemble des indicateurs économiques globaux.
On pouvait tout au plus prévoir que le système financier provoquerait des taux d’intérêt négatifs, ou encore la volatilité des taux de change et une diminution de la consommation globale. On n’avait pas à l’esprit que l’irruption du populisme pouvait déboucher sur de violentes réactions à l’égard des migrants. On n’imaginait pas que l’accélération des changements technologiques irait de pair avec une accélération accentuée des inégalités".
Le président de l'UA dira que "l’Afrique a connu en 2015 et 2016, tout comme d’autres régions du monde, les pires années depuis le début du siècle. Qu’il s’agisse du recul des progrès dans les domaines sociopolitiques, de l’apparition du terrorisme dans le Sahel et les zones arides. A cette violence est venue s’ajouter la détérioration des indicateurs macroéconomiques, au cours des deux dernières années. Le contexte mondial ne nous a pas aidés non plus". (...) "
Alors que, poursuit-il, "l’Afrique comptera en 2050, près de 2,4 milliards d’habitants majoritairement composés de jeunes".
C'est pourquoi, dira le Chef de l'Etat guinéen, "des stratégies et mécanismes destinés à promouvoir l’épanouissement des jeunes, l’autonomisation des femmes, et la protection des jeunes filles sont plus que jamais nécessaires en vue de faire de cette explosion démographique, une opportunité économique assurant une croissance soutenue et durable".
Mais ceci "passera nécessairement, d’abord par le développement du secteur rural, principale source de revenus et gage de la sécurité alimentaire de nos populations."
"Il nous appartient de mobiliser les financements nécessaires pour l’aménagement des terres et la maitrise de la gestion de l’eau", a fait savoir le président de l'Union Africaine.
Ce n'est pas tout. Pour lui, "la prospérité de l’Afrique passera aussi par le développement des infrastructures, notamment énergétiques, base de l’industrialisation du continent, source de valeur ajoutée et de création de milliers d’emplois pour les jeunes".
Ceci dit, Alpha Condé a salué "la coopération entre l’Union européenne et l’Union africaine pour la mise en œuvre de l’Initiative Africaine pour les Energies Renouvelables (AREI), conçue par les africains, pour les africains".
Amadou Kendessa Diallo
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